Équipement

Ce podium olympique a tout pour réjouir les amateurs de plein air

Pyeongchang 2018

La Corée, c'est loin. Les Jeux olympiques, c'est du sport de pointe. Mais à travers la déferlante de médailles, ce sont les amateurs de plein air d'ici qui sortent gagnants.


Alain McKenna - 20/02/2018
Il y a un alignement assez intéressant d’intérêts convergents à Pyeongchang, cet hiver. D’abord, au-delà du sacro-saint hockey, les JO d’hiver mettent évidemment en vedette des activités extérieures qui sont pratiquées par de nombreux Canadien(ne)s durant la saison froide.

Ensuite, grâce à son rayonnement qui s’améliore d’une compétition à l’autre, le contingent canadien est allé chercher des commanditaires qui l’équipent des vêtements et des accessoires les plus sophistiqués et les plus performants.

Enfin, étant donné que tout ça coûte une petite fortune, tant pour les commanditaires que pour les fabricants et les organismes nationaux, le rendement semble plus important que jamais.

En d’autres mots, les manteaux, maillots et autres skis que vous voyez sur les pistes gelées de la Corée du Sud risquent fort d’être accessibles par le commun des mortels aussi tôt que le printemps prochain. On n’a peut-être pas besoin de cette mince amélioration d’un dixième de poil sur le coefficient de traînée de notre habit de ski, mais une hausse appréciable de son indice thermique, lui, risque de plaire à plus d’un amateur de descente…

En ski
Avez-vous remarqué les superbes habits des skieurs canadiens de freestyle? Vous n’êtes pas les seuls. Rouges et verts, ils semblent tout droit inspirés des habits de la police montée canadienne, mais heureusement, ils sont loin d’être aussi traditionnels dans leur fabrication.

Il y a un an, la société américaine Columbia, qui fabrique les habits de ces skieurs, a mis en marché un nouveau tissu isolant appelé Omni-Heat. Il s’agit d’une membrane réfléchissante qui laisse sortir l’humidité, mais qui parvient à préserver la chaleur nécessaire pour combattre le froid venteux des montagnes de ski, aussi bien en Corée qu’en Alberta ou au Québec.

À Pyeongchang, ce sont six équipes nationales qui ont droit à la prochaine génération de cette membrane. Plus tôt cet hiver (quand il faisait plus froid à Montréal qu’au pôle Nord ou, tant qu’à y être, en Corée), un essai a permis de réaliser l’efficacité de cette technologie. On a bien hâte de pouvoir vous parler de la version qui lui succédera, qu’on trouvera dans les boutiques spécialisées dès l’automne prochain.

Le seul défaut des vêtements Columbia? L’agencement des couleurs arborées par les athlètes canadiens n’est pas offert au public.

En randonnée
Quand il fait froid et qu’on bouge, pas de problème : la chaleur du corps et un bon manteau d’hiver nous gardent au chaud. Quand il fait froid et qu’on ne bouge pas, c’est là que ça se corse. Et de tels temps morts, les athlètes en traversent plusieurs durant les cérémonies officielles des Jeux olympiques. Pyeongchang ne fait pas exception.

Et si le stade Olympique est une structure temporaire qui a été conçue pour n’être utilisée que quatre fois, les manteaux chauffants que l’équipe olympique américaine portait durant les célébrations d’ouverture des JO, eux, risquent d’être autrement plus durables. Dotés d’une pile rechargeable et d’un contrôleur à deux boutons, ces manteaux peuvent générer une chaleur instantanée bonne pour 5 à 11 heures par charge.

Le produit a été conçu en secret dans les labos de Ralph Lauren, sous la supervision du fils du fondateur, David Lauren, également directeur de l’innovation pour la marque américaine.

700 athlètes ont eu droit à un tel manteau, mais seulement 100 exemplaires ont été mis en vente. À un prix de 2495$US pièce, ils se sont tout de même tous vendus en moins de 20 minutes. Ça a non seulement aidé à financer les athlètes, ça a aussi convaincu Ralph Lauren d’investir dans le développement d’une version un peu plus bon marché de sa technologie.

On imagine que tous ces fabricants de bottes chauffantes déjà en marché auront aussi remarqué l’intérêt des consommateurs pour un manteau aidant à combattre le froid de façon aussi subtile qu’efficace. La membrane chauffante est imprimée directement dans la doublure du manteau, ce qui lui évite d’être encombrante.

On imagine sans effort pouvoir profiter d’une telle chaleur durant ces moments passés dans le remonte-pente, à attendre d’arriver en haut de la piste…

En… skeleton?
Évidemment, certains fabricants feront toujours dans l’excès. Ça ne manque pas de susciter la controverse, parfois. C’est le cas des maillots des lugeurs britanniques, qui sont si aérodynamiques qu’ils ont entraîné leur lot de critiques, plusieurs estimant qu’ils ne devraient pas être acceptés par le comité olympique.

Ces maillots ne risquent toutefois pas de donner naissance à une nouvelle gamme de produits de performance grand public de sitôt. Ils ont été développés par des chercheurs de l’Université de Northampton, en Angleterre. Leur particularité : ils sont dotés d’arêtes conçues exprès pour générer moins de friction aérodynamique. En d’autres mots, à une vitesse de pointe de 130 km/h quand on défile sur une luge de skeleton, ils aideraient à retrancher quelques fractions de seconde au temps final de l’athlète.

Ces maillots surfent littéralement sur une mince ligne grise de la règle olympique. Celle-ci stipule clairement qu’aucun élément aérodynamique ne doit être ajouté aux vêtements des lugeurs.

Peu d’entre nous peuvent se targuer d’être des adeptes de skeleton. Mais un habit bien isolé, et chauffant, pourquoi pas, qui nous aide à dévaler les pistes un peu plus rapidement, on ne dirait pas nécessairement non…

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