Accueil | Contactez-nous Suivez-nous sur Twitter Suivez-nous sur Facebook VQ velo.qc.ca 
Randonnee_pedestre
Regarder en haut

par Anne Pélouas


Photo: les amis de la montagne

Laurentides
Aller au diable pour entrer au paradis!

Superbe à arpenter en skis de fond ou en raquettes l’hiver, la crête de la montagne du Diable, petit massif des Hautes-Laurentides, est tout aussi agréable à emprunter en randonnée l’été. La marche d’approche de ce circuit de 2 à 4 jours, avec dénivelé de 550 m, débute au lac de la Montagne. Après 2,5 km et un arrêt à l’abri du Versant Nord, on attaque la montée en belle forêt de feuillus. Le sentier bucolique longe un temps un ruisseau. L’eau glisse parfois sur de longues pierres plates ou dévale en cascades. La pente est plus raide sur trois kilomètres avant d’atteindre la crête, à la paroi de l’Aube, avec vue plongeante sur la plaine. La végétation a «mué» en route. Les résineux dominent et les sous-bois sont garnis de mousses, de fougères et de champignons. Il reste 2 heures, pauses comprises, pour profiter de la ligne de crête, oscillant autour des 750 m d’altitude. Le sentier passe par deux sommets (Garde-Feu et Belzébuth), avant l’arrivée au superbe refuge du Versant Sud. Le lendemain, on rejoint celui du Versant Ouest, offrant tout un panorama sur le grand réservoir Baskatong. Les refuges sont particulièrement bien conçus et confortables (avec matelas), y compris le petit dernier, l’abri du Vent. Installé en fin de parcours, non loin du lac Windigo, en forêt et non plus sur la crête, il sert de relais le jour; pour y dormir la nuit venue, on grimpe à la mezzanine par un escalier escamotable.

Pour campeurs invétérés
La montagne du Diable compte quatre campings sauvages, dont deux faciles d’accès, au lac Walker et en forêt, avant l’abri du Versant Nord. Le troisième est installé en forêt, sous la paroi de l’Aube, et seul celui du Versant Sud est vraiment à cheval sur la crête.

Un parc régional pour bientôt
La Forêt récréotouristique devrait changer de statut à la fin de l’automne pour devenir le parc régional de la Montagne-du-Diable, une réserve de biodiversité couvrant 70 % des 10 000 hectares actuels, voire davantage plus tard. Chapeauté par la MRC locale, le parc sera géré par une corporation, mais les Amis de la montagne du Diable devraient y rester très actifs.

Repères
Forêt récréotouristique des Amis de la montagne du Diable: 819 587-3882, 1 877 587-3882 ou www.montagnedudiable.com; bureau d’accueil au 99, 12e Rue, à Ferme-Neuve. En plus de la randonnée et du camping, le parc ouvrira officiellement en fin d’été ses sentiers de ski nordique aux adeptes du vélo de montagne.

Comment s’y rendre : Autoroute 15 Nord, puis 117 Nord jusqu’à Mont-Laurier. Au troisième feu, prendre la direction Ferme-Neuve par la rue Hébert et prendre à droite sur la route 309 Nord après un pont. À Ferme-Neuve, la 309 Nord devient la 12e Rue. Poursuivre jusqu’à la 9e Avenue et prendre à gauche. À l’intersection de la montée Baskatong, tourner à gauche et suivre la route jusqu’au chemin Baskatong, puis prendre à droite. Stationnement du lac de la Montagne à 10 km de Ferme-Neuve.





Photo: mathieu dupuis / Sépaq (parc national du mont-mégantic)

Cantons-de-l’Est
Petite crête, grand angle

Cette crête fait découvrir deux des trois sommets – mont Saint-Joseph et mont Victoria – du parc national du Mont-Mégantic. Du centre de découverte et de services, on démarre gentiment en forêt à droite de la route principale du parc sur un sentier qui court à flanc de montagne. Les choses se corsent vite, avec une pente bien raide malgré les lacets. En 3,2 km, on a avalé un bon dénivelé. La dernière corniche passée, au sommet du mont Saint-Joseph (1065 m), la gratification prend la forme d’une chapelle ancestrale et d’un joli petit abri-refuge. Le sentier des Crêtes démarre à 300 m au nord, après le chemin de la chapelle. Il mène en un kilomètre à un des plus beaux points de vue de la région, avec belvédère tourné vers l’ouest, le mont Mégantic et son observatoire. La ligne de crête se poursuit sur 800 m plein nord pour atteindre le mont Victoria qui domine la réserve écologique Samuel-Brisson, avec vue plongeante au nord-ouest sur la vallée du ruisseau de la montagne. La descente est plutôt rapide pour rejoindre le sentier du Chablis et rentrer à l’accueil, à moins de vouloir compléter le sentier des 3 sommets, en continuant vers le mont Mégantic pour une boucle totalisant 15 km au lieu de 10.

Les crêtes d’Orford
Le sentier des Crêtes du parc national du Mont-Orford, redessiné en 2009, a conservé sa rusticité. Après 1,5 km sur le chemin d’accès 9, il grimpe en forêt par l’escalier du nord. Un premier point de vue, et on poursuit jusqu’au pic de la Roche Fendue. À partir de là, le sentier suit la crête sur près de 1 km jusqu’au pic de l’Ours, à 740 m d’altitude, avec le lac Memphrémagog bien visible au sud. De là, on fait demi-tour ou on file vers le mont Orford, toujours sur la crête mais pour un aller-retour de 18 km. Ceux qui ont laissé une deuxième auto à la station de ski dévalent la pente à pied!

Repères
Parc national du Mont-Mégantic
1 800 665-6527 ou www.parcsquebec.com

Comment s’y rendre: Autoroute 10 depuis Montréal, puis route 112 jusqu’à Cookshire et route 212 jusqu’à Notre-Dame-des-Bois. Suivre ensuite les indications pour le parc (sur la gauche).




Photo: Anne pélouas/parc national du bic (pic champlain)

Bas-Saint-Laurent
Murailles sur le fleuve

Cette crête-là, bien visible de la route 132 quand se profile au loin la barrière rocheuse qui abrite le parc national du Bic, me titillait les orteils depuis plusieurs années. Au jour dit de mon rendez-vous avec elle, une tempête mémorable agitait le Saint-Laurent. Mais il en faut plus pour décourager les âmes fortes et curieuses! Le sentier des Murailles, à défaut de la vue, en valait bien la peine. Départ au pied de cette relique de la chaîne des Appalaches dans le premier stationnement du secteur Cap-à-l’Orignal. La montée en forêt touffue est soutenue pour une bonne demi-heure. On atteint alors un premier point de vue (par temps clair) sur la baie du Ha! Ha! et l’île Bicquette, plus au large. En 2,5 km et 45 minutes sur la crête à travers une belle forêt où dominent les conifères, le sommet du pic Champlain est à nous! Du belvédère, le regard (non brouillé) plonge à l’ouest sur le petit lac à Crapauds, l’anse à Mercier et la petite montagne des Moutons, tandis qu’au nord se déploie la forme inusitée de la presqu’île qui a pour nom montagne à Michaud. Passé le sommet, il reste une demi-heure de marche sur un sentier forestier qui se rétrécit avec quelques ouvertures visuelles sur les tourbières de Saint-Fabien. Après une descente d’escaliers, on finit plutôt en montée de marches pour aboutir au belvédère Raoul-Roy, toujours sous la pluie battante… On n’est pas des poules mouillées!

Rapaces de passage
Au printemps, surtout, mais aussi en début d’automne, les rapaces en migration empruntent un étroit couloir aérien le long du fleuve. Ils adorent les falaises du pic Champlain, pour le plus grand plaisir des ornithologues qui se donnent rendez-vous au belvédère Raoul-Roy.

Repères
Parc national du Bic, 3382, route 132 Ouest Le Bic
1 800 665-6527 ou www.parcsquebec.com
Sentier des Murailles: deux heures de marche
pour un aller simple sur ce sentier linéaire de 4,5 km.

Comment s’y rendre: Plusieurs entrées pour le parc national du Bic donnent sur la route 132, à la hauteur du village du même nom. Celle du secteur du Cap-à-l’Orignal est la deuxième sur la gauche en venant de Rivière-du-Loup.




Photo: L. Boiveau (monts fortin et matawees)

Gaspésie
Un pont entre deux sommets

Pour atteindre la courte crête reliant les monts Collins et Matawees, il faut du temps et de l’énergie, mais quelle belle récompense! Les deux sommets dominent de peu leurs voisins immédiats, les monts Coleman (975 m) à l’ouest et Fortin (1020 m) à l’est, mais non le roi de cette région du Haut Pays de Cap-Chat: le mont Logan (1150 m). Le sentier international des Appalaches (SIA) passe par cette crête dénudée, véritable prairie alpine, dévoilant un magnifique paysage: côté nord, le Saint-Laurent pour horizon et un à-pic qui dévale jusqu’à la rivière Cap-Chat; partout ailleurs, que des montagnes à admirer de haut! Cette partie de la réserve faunique de Matane, collée au parc national de la Gaspésie, n’est pas facile à atteindre, mais elle est sans conteste un des clous du SIA! Pour une nuit ou deux en longue randonnée, on entre par l’ouest, près du camping Petit-Saut. Après sept kilomètres, la chute Hélène, bien cachée dans les bois, est rafraîchissante. On campe au ruisseau Bascon. Le sentier grimpe ensuite en forêt avant une montée très soutenue, en lacets, dans un véritable jardin de fougères géantes. Du mont Collins, on passe au mont Matawees pour filer vers l’est au mont Fortin, tout en roc, après une descente aussi abrupte que la montée suivante. Le mont Logan n’est pas loin, non plus que les premiers refuges, bien confortables, du parc de la Gaspésie. On peut poursuivre à l’intérieur du parc ou revenir sur ses pas. L’autre solution est d’emprunter une navette depuis Cap-Chat pour atteindre l’arrière du mont Logan. De là, on dort dans un refuge du parc pour revenir vers le mont Logan et suivre le SIA jusqu’au camping Petit-Saut.

Auberge de montagne des Chic-Chocs
Elle se voit à travers les feuillages, lorsqu’on descend du mont Collins vers la chute Hélène. Produit phare de la Sépaq, la chic auberge occupe un site remarquable, à 615 m d’altitude, au sud du sentier international des Appalaches. On peut s’en écarter facilement pour se payer le luxe d’une nuit ou deux à l’auberge.
www.sepaq.com/ct/amc

Le Nicol-Albert et son bonhomme
Après une belle crête, quoi de mieux qu’un mont comme celui-là! Situé à l’ouest de la rivière Cap-Chat, il offre un sérieux dénivelé (plus de 800 m) pour atteindre son sommet par un sentier longeant de superbes cascades. Une courte piste mène du sommet à un point de vue sur le «bonhomme», un monolithe de pierre accroché à la falaise.

Repères
Sentier international des Appalaches: accueil au 968, rue du Phare Ouest, à Matane. Comptez une vingtaine de kilomètres de Petit-Saut au mont Logan.
418 562-7885 ou www.sia-iat.com

Comment s’y rendre: Depuis Cap-Chat, prendre la route 1 et rouler 40 km. Dans la ZEC de Cap-Chat, stationner au camping Petit-Saut. Revenir à pied sur ses pas sur 1,7 km et prendre
le sentier international des Appalaches à droite.



Photo: HerbSwanson Amc (mont madison)

New Hampshire
Crête au long cours

La chaîne présidentielle, dans les montagnes Blanches du New Hampshire, offre certainement – depuis le Québec – une des plus belles occasions de demeurer sur une crête pour une longue randonnée en autonomie complète ou en version allégée, en profitant éventuellement des nuits, voire des soupers, dans un des refuges (huts) situés sur le parcours. Au programme, un superbe sentier sur les hauteurs, à cheval sur les régions de Franconia Notch et Crawford Notch, transitant en 4 jours de bonne marche par 10 sommets (ou moins, car on peut facilement raccourcir le trajet)! Départ par une méchante montée si on part du nord pour atteindre le mont Madison (1636 m). Après un coucher au Madison Spring Hut, grosse journée de marche, surtout si on veut grimper le mont Adams (1760 m) plutôt que d’en faire le tour. Par temps clair, on voit bien la crête qui mène aux monts Jefferson (1741 m) et Clay (1686 m), puis au célèbre mont Washington (1917 m). Dur, dur de finir la journée par la montée au sommet, pour redescendre ensuite au refuge de Lakes of the Clouds. La journée suivante est plus facile, avec les monts Monroe (1641 m), Eisenhower (1457 m) et Pierce (1314 m) à fouler, toujours à découvert, avant d’atteindre le Mizpah Spring Hut. On poursuit la descente vers le sud, avec les monts Jackson (1235 m) et Webster (1192 m) pour derniers beaux compagnons de route, avec près de 50 km au compteur final!

Attention à la foudre
Surveillez bien la météo chaque matin avant de partir d’un refuge et ne restez pas sur la crête si l’orage menace, car la foudre frappe souvent, comme en témoignent les vestiges végétaux noircis par le feu et bien visibles au bord du sentier. En cas d’urgence, descendez au plus vite ou roulez-vous en boule sur un sac à dos pour éviter le contact direct avec la pierre.

De Lafayette à Flume
Dans la région de Franconia Notch, voici une autre superbe crête à découvrir: on grimpe au mont Lafayette (1603 m) pour poursuivre plein sud sur une belle arête rocheuse et rejoindre le mont Lincoln (1551 m), celui de Little Haystack (1475 m), suivi des monts Liberty (1359 m) et Flume (1319 m). Descente abrupte spectaculaire!

Repères
Appalachian Mountain Club: 1 800 372-1758 ou www.outdoors.org
Réservation des refuges et de la navette : 603 466-2727; info sur les sentiers et la météo: 603 466-2721

Comment s’y rendre: Autoroute 10 depuis Montréal, puis 91 jusqu’à St. Johnsbury. Route 2 vers Jefferson, puis Randolph East, avec arrêt juste avant, au stationnement Appalachian, pour le départ sur un des sentiers menant au mont Madison. Sortie du sentier sur la route 302, au Highland Center de Crawford Notch.



C O M M E N T A I R E S


Vous aimerez aussi lire

Mille feux de forêt
Sur les berges de la Saint-Charles
Randonnées sur la presqu'île
Coup de jeune au Lac-des-Cygnes!
Même tard en automne
Proche mais sauvage!
Rumeurs au mont Écho
Du nouveau dans les Crêtes
Dans le parc régional des Chutes-Monte-à-Peine-et-des-Dalles
Refuge dans Chaudière-Appalaches
Refuge dans Charlevoix
Refuge dans les Laurentides
Refuge dans Lanaudière
Refuge dans la Vallée Bras-du-Nord
Sur le sentier du Pouvoir de l'eau
Réserve nationale de faune du cap Tourmente
Montagnes frontalières
Sutton
La Tuque
Carleton-Maria
La nature sous bonne garde: Kekeko
De la poésie à marcher: Kanasuta
Le marais de la Rivière aux Cerises
La Forêt habitée de Dudswell
Le mont Adstock
Tomber dans les pommes!
Les pieds dans l’eau dans Lotbinière
Dans les couleurs de la montagne Noire
Région des lacs... vu d'en haut
Randonnée sur les sommets Madison, Adams et Jefferson
Région de Franconia... à flanc de gorge