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Consommation

Comment bien manger en expédition

05-10-2018
Manger en expédition

Manger des aliments du commerce en plein air, c’est bien. Déguster ses propres victuailles concoctées avec amour, c’est encore mieux. Et moins cher!

Pour Odile Dumais, préparer sa nourriture en vue d’une journée en plein air – ce qu’elle appelle des « vivres de course» – fait partie intégrante de l’expédition, au même titre que se renseigner sur les conditions météorologiques, étudier la topographie ou choisir son équipement du jour. «Trop souvent, on opte pour des solutions rapides et faciles », constate l’auteure de La gastronomie en plein air (Québec Amérique), dont la seconde édition est parue en 2015.

Au banc des accusés : les barres et les gels énergétiques, les mélanges de noix du commerce et autres aliments achetés sur les tablettes des magasins spécialisés. Selon l’enseignante à la retraite, ces produits sont insipides et pauvres d’un point de vue nutritif, en plus d’être inutilement chers. «Les manufacturiers coupent sur les ingrédients qui rendent les aliments rassasiants, comme les noix ou les fruits séchés. À la place, ils y mettent des tonnes de sucres simples et d’additifs douteux. Même là, leurs produits se vendent plusieurs dollars l’unité! » déplore-t-elle

Cuisiner soi-même ses propres vivres de course permet de régler tous ces problèmes à la fois, soutient-elle. En se mettant aux fourneaux, la colonne des avantages s’allonge: contrôle de la qualité et de la quantité des ingrédients, possibilité d’assaisonner à sa convenance ou de carrément modifier les recettes, meilleur niveau d’énergie découlant de la consommation de ses préparations maison, et ainsi de suite.

Surtout, jouer au cordon-bleu garantit de payer moins cher qu’en magasin. «J’estime que le prix par portion, lorsqu’on cuisine, peut facilement être de 40% à 50% moins élevé», affirme celle qui cumule plus de trois décennies d’expérience en plein air.

ALLÉGER LA FACTURE

Bien sûr, cela dépend des ingrédients qu’on utilise pour confectionner son carburant. Ainsi, un GORP (good old raisins and peanuts) constitué de morceaux de chocolat noir pur à 90 %, de noix biologiques et de fruits séchés, sans sulfites, sans OGM et sans gluten, sera plus onéreux que son équivalent moins scrupuleux sur les matières premières. Idem pour les agents sucrants utilisés : du sirop d’érable, c’est délicieux, mais ça reste relativement budgétivore!

Quelques stratégies simples peuvent néanmoins être facilement adoptées pour réduire la facture. Odile Dumais recommande, par exemple, de se tourner vers des noix comme les arachides ou les graines de tournesol plutôt que les amandes ou les noix de cajou. «C’est encore plus économique si on les achète non décortiquées plutôt que décortiquées», souligne-t-elle. Un conseil: visiter les magasins d’aliments en vrac, qui offrent à la fois de la diversité et de bons prix.

Pour sucrer ses recettes, on troque le miel ou le sirop de table contre de la purée de dattes, qu’on obtient en laissant macérer le fruit dans du jus d’orange, de l’eau, voire du café, pendant plusieurs heures. La préparation ainsi obtenue est dotée d’un haut potentiel sucrant ainsi que d’une texture intéressante qui sied à merveille à toutes les recettes de muffins ou de barres énergétiques, comme celles proposées dans l’ouvrage d’Odile Dumais, lequel compte plus de 70 recettes

Qui dit « aventure d’un jour » sous-entend forcément «pauses pique-nique». Durant celles-ci, la consommation de plats frais et parfumés, comme des salades, aide à briser la monotonie. Pour se bricoler des salades de légumineuses et de céréales à moindre coût, on opte pour leurs versions sèches à réhydrater. Par exemple, un sac de pois chiches secs, comparativement à son équivalent en conserve, coûte littéralement des peanuts ! «On peut aussi les broyer et les incorporer à une foule de recettes pour les rendre plus nourrissantes, grâce à leurs protéines végétales», indique l’experte

ÉCONOMISER DU TEMPS

Le temps – et plus particulièrement sa rareté – est une des principales raisons qui expliquent pourquoi il est tentant de dévaliser le rayon alimentation de sa boutique de plein air préférée. Après tout, ce n’est pas tout le monde qui a le luxe de consacrer plusieurs heures à mitonner de bons petits plats pour sa prochaine virée de canot-camping ou sa prochaine randonnée en territoire éloigné!

Pour économiser du temps, on peut, comme Odile Dumais, faire un blitz de cuisine. Les grandes quantités alors préparées peuvent être congelées pour utilisation ultérieure. Dans son livre, celle qui détient une maîtrise en nutrition raconte comment elle a un jour préparé 300 galettes polaires, un équivalent du pain au petit-déjeuner, en vue d’une expédition sur une île du nord de la Norvège. «Quand je les ai offertes, le succès obtenu m’a récompensée de mon travail», se réjouit-elle.

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