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Consommation

Il y a voyager léger, puis voyager léger

16-03-2018

Randonneur et écolo fait office, la plupart du temps, de pléonasme. L’idée de voyager avec les moyens du bord et de se satisfaire de ce qu’on peut retrouver localement cadre parfaitement avec les notions de tourisme de proximité, de consommation locale et d’économie durable.

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S’inspirant de cette tendance, des fabricants de tout acabit tentent cette éternelle quadrature du cercle qu’est de commercialiser avec succès des produits à la fois durables, écologiques et assez polyvalents pour satisfaire une clientèle aussi difficile que les amateurs de plein air.

Car, oui, les exigences requises pour qu’un chandail ou une chaussure occupe tout cet espace dans le sac à dos sont beaucoup plus élevées que celles s’appliquant à des vêtements ou accessoires qu’on peut ranger dans le garde-robe.

Uztzu
Cette marque italienne au nom aussi étrange que palindromique a eu l’idée de combiner deux facteurs en un seul t-shirt qui, il faut l’avouer, est fort ingénieux. Fabriqué de façon à ne présenter aucune couture apparente, et imprimée à l’avant et à l’endos, dedans comme dehors, le Q-Shirt est ainsi réversible deux fois, ce qui multiplie par quatre son utilité sans que quiconque soupçonne qu’il s’agit du même vêtement d’une fois à l’autre.

Pour le voyageur fréquent, le voyageur léger et le randonneur, ce seul détail est intéressant puisqu’il dégage un espace non-négligeable dans le sac de voyage. Mais il y a plus.

Car ces chandails sont composés d’un tissu qui est lui-même produit à partir de plastique recyclé. Ce même plastique dont Recyc-Québec ne sait trop quoi faire ces jours-ci, en fait : l’entreprise Uztzu a développé un processus lui permettant de transformer des vieilles bouteilles d’eau ou de soda en une fibre qui peut ensuite être tissée. Légère, apparemment infroissable et somme toute plutôt durable, elle permet de créer des vêtements qui rappellent, par leur texture et leur comportement, ces articles techniques destinés aux cracks de la course, de la marche en montagne, ou autres.

Ça fait oublier le penchant un peu plus (trop?) urbain de la marque…

En prime, le tout est lavable normalement, ou si vous préférez, à l’eau froide, sans exagérer sur le savon à lessive, puisque ce tissu nouveau genre ne retient pas les odeurs. Le tout sèche par ailleurs étonnamment vite, ce qui évite la surprime de la sécheuse, si à tout hasard vous ne possédez pas votre propre salle de lavage (chose fréquente sur la route…).

Le seul bémol au sujet des Q-Shirts d’Uztzu est leur prix. À quelque 150$ pièce, c’est loin d’être un cadeau (à moins que, justement, ça en soit un). Mais la demande est au rendez-vous, alors le détaillant a beau jeu.

L’idée à retenir, ici, est que ce processus pourrait inspirer des designers du Québec, puisque la matière première n’est pas près de se tarir, à voir la quantité de bouteilles d’eau jetables qui circulent dans la province…

Allbirds
Par penchant professionnel, votre obligé se retrouve régulièrement sur la côte ouest américaine, où les hipsters techno-branchés sont légion. Ces jours-ci, ceux-ci n’en ont que pour les chaussures Allbirds, une marque locale qui ne détaille que chez l’Oncle Sam, mais qui mérite tout de même d’être connue chez nous pour deux raisons.

D’abord, ses chaussures sont notamment composées de semelles en laine de mérinos qui leur garantit un confort optimal. On ne parle pas de souliers de randonnée, ici, mais de baskets légers qui s’apparentent à des pantoufles d’extérieur plus qu’autre chose.

Ensuite, la plus récente addition à la gamme s’appelle les Tree Runners, et a la particularité d’être fabriquée à partir de pâte de bois, et pas n’importe quel bois : de la fibre d’eucalyptus. De la même façon qu’Uztzu, Allbirds extrait une fibre de cette pâte qu’elle peut ensuite tisser à sa guise, ce qui donne, dans ce cas-ci, des chaussures légères, souples, et conçues pour être portées sans bas.

Un item de moins dans le sac à dos!

Accessoirement, l’eucalyptus est une ressource parmi les plus durables, une plantation pouvant produire jusqu’à 30 fois le volume de bois, annuellement, d’une plantation d’un autre type d’arbre plus traditionnel. D’en dériver une fibre servant dans les vêtements est une option intéressante, mais l’eucalyptus est un matériau de construction potentiel, aussi.

Les Tree Runners se vendent 95$US sur le site du fabricant.

Algiknit
L’automne dernier, la société Algiknit a lancé une campagne de sociofinancement sur la plateforme web Kickstarter. Son objectif : susciter l’intérêt d’éventuels acheteurs envers les Algikicks, des chaussures fabriquées entièrement à partir d’une fibre dérivée d’une algue particulièrement abondante et pouvant être à la fois transformée en un tissu ou en un semblant de polymère.

L’objectif n’est pas de créer des chaussures durables, tout au contraire : vu leur composition, l’idée est de concevoir des chaussures jetables, celles-ci pouvant être transformées en un compost qui nourrira la génération suivante de plantes (ou d’algues) qui seront utilisées dans la composition d’une nouvelle gamme de chaussures.

C’est définitivement un exemple d’économie circulaire. C’est peut-être moins pertinent dans un contexte de randonnée, mais une telle technique de fabrication pourrait inspirer d’autres designers ou d’autres commerçants à lorgner du côté de ces matériaux nouveau genre afin de réduire l’empreinte écologique de leurs produits.

Et, accessoirement, de réduire leur empreinte volumétrique dans le sac à dos de leurs clients…

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