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Course

Courir en hiver

28-10-2018
course hiver

«J’haïs l’hiver, maudit hiver, les dents serrées, les mains gercées, les batteries à terre, j’haïs l’hiver», chantait Dominique Michel.

Ce cri du cœur musical remonte aux années 1970. Dodo ne courait sûrement pas, pour pester de la sorte contre la saison blanche. Pourtant, l’hiver est une superbe saison pour garder la forme.

On le sait, le Québec ploie sous la neige six mois par année. Bon, peut-être juste trois ou quatre. Mais ça pèse comme six. Pour passer à travers l’hiver avec le sourire, il faut puiser dans ses ressources d’optimisme et apprendre à l’aimer malgré la morsure des vents glaciaux, les allées glacées qu’on appelle trottoirs et les rues converties en autant de ruisseaux de sloche. La pratique d’un sport hivernal est la meilleure façon d’ouvrir son cœur à un amour quasi impossible. Courir durant l’hiver, c’est voir la beauté de la Bête de Walt Disney, c’est tomber follement amoureux du laideron du village

Quoi ? Vous pensiez vous en tirer si facilement une fois la saison froide arrivée ? Que nenni! L’hiver est la saison idéale pour garder la forme (malgré les excès des Fêtes), parfaire sa technique et faire le plein d’air frais, de vitamine D et d’énergie vitale. Non, messieurs, mesdames, on n’abandonne pas la course comme une vieille chaussette sale, l’hiver venu. Pensez-vous que Jésus aurait fait parler de lui à travers les siècles si, après avoir chuté trois fois, il s’était écrié: «Ça suffit, chu tanné, je m’en retourne chez nous !»?

 

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Je sais, je vous entends déjà chigner : «Heille Dion, as-tu oublié qu’au Québec il fait parfois -30°C l’hiver, sans compter le facteur vent ? » Justement, la course est, incroyablement, une des rares façons de ne pas se les geler malgré des températures à faire pleurer Agaguk. À moins de vous préparer pour le marathon de Boston, deux ou trois sorties par semaine devraient faire en sorte que vous restiez heureux jusqu’au printemps. Vous ne voulez surtout pas que vos jambes oublient ce pas allègre qui vous a si bien réussi à l’automne. Par contre, il ne faut pas sous-estimer l’importance de l’exercice par intervalles, même durant la saison froide. Avant de me mettre sérieusement à la course, je n’affrontais les éléments que pour quelques courses de longueur moyenne, simplement pour garder la machine en mouvement. Mais mon corps désapprenait à être performant, comme un gros pick-up tiré par un moteur de 2 CV ou un politicien hors campagne électorale.

Convaincus ? Alors attaquons l’hiver à coups de running shoes. Ce qu’il faut, tout d’abord, c’est le coup de pied au derrière pour sortir de la maison. Je sais, ce n’est pas facile. Il n’y a pas pire geôlier qu’une paire de fesses étampées confortablement dans un divan moelleux.

Rappelez-vous, les extrémités gèlent en premier. Ce qui veut dire, messieurs, que votre masculinité en prendra pour son rhume. Je ne vous ferai pas un dessin, mais un morceau de tissu empêchera la tuyauterie de geler. Et ça donne un look sexy à souhait dans une paire de collants en Lycra.

Patrick Dion

Le secret de la course hivernale

Je vais vous révéler le grand secret de la course hivernale : il faut apprendre à connaître son corps, savoir comment il réagit au froid et apprendre à s’habiller en conséquence, en ne mettant pas trop de vêtements pour ne pas avoir chaud et en en enfilant juste assez pour ne pas avoir froid. Si ce n’est pas de la grande révélation, ça, je ne sais pas ce que c’est.

Plus particulièrement, j’ai appris qu’en courant mon corps percevait 10 degrés de plus que la température extérieure réelle. Par exemple, s’il fait -10°C, je ressens une température qui se situe au point de congélation. Je m’habille donc comme s’il faisait zéro.

Je fais aussi comme les bébés et m’habille en couches. Pas des Pampers ou des Huggies, mais je parle plutôt de revêtir des vêtements les uns sur les autres. Il m’arrive d’enfiler deux ou trois chandails respirants l’un par-dessus l’autre. Tout pour ne pas avoir à courir avec un anorak.

 

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J’aime aussi mettre deux paires de gants. Des gants magiques (ceux qui se vendent à 0,99$ en pharmacie) sous une paire plus chaude que j’enlève après quelques kilomètres. C’est toujours bon signe, sur le plan de la température corporelle, quand mes doigts commencent à suer. Des chaussettes en laine mérinos sont également une sacrée bonne barrière contre le froid et les engelures. Même pas besoin d’acheter celles, hyper techniques, à 25$ la paire. Les grandes surfaces et les magasins d’aubaines en vendent pour une fraction du prix.

Rappelez-vous, les extrémités gèlent en premier. Ce qui veut dire, messieurs, que votre masculinité en prendra pour son rhume. Je ne vous ferai pas un dessin, mais un morceau de tissu empêchera la tuyauterie de geler. Et ça donne un look sexy à souhait dans une paire de collants en Lycra.

Finalement, si vous ne courez pas en sentier ou à la campagne, vous n’aurez pas besoin de chaussures à crampons ; vos souliers de course ordinaires feront amplement le travail.

Voilà, ce n’est pas plus sorcier. Personne n’osera le dire, mais Passe-Partout était un peu dans le champ: il n’y a pas que l’été qui est fait pour jouer.

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