Outaouais / Région de Québec -

Comment apprivoiser la saison froide

par Maxime Bilodeau (photos Fotolia) - 17/11/2017

Camper l’hiver est une expérience extrême… pas si extrême que ça.




Il faut être malade. Très peu pour moi… », vous dites-vous probablement à la simple idée de piquer une tente sur un banc de neige. Pourtant, le camping d’hiver est une façon de mieux apprécier la saison froide et qui, à condition d’être bien préparé, permet de vivre une expérience chaleureuse (oui, oui !) en pleine nature.

Ludovic Demers n’est pas un aventurier de l’extrême. Bien au contraire. L’homme de 32 ans, père de famille et programmeur technologique chez Ubisoft, à Québec, est on ne peut plus « ordinaire ». S’il pratique régulièrement des activités de plein air qui le sortent de sa zone de confort, ces dernières ne sont « jamais imprudentes », précise-t-il.

Il y a trois ans, c’est donc tout naturellement qu’il a décidé de bivouaquer au beau milieu du mois de janvier, une idée avec laquelle il jonglait depuis belle lurette. Inexpérimenté, Ludovic rassemble tout de même son matériel, enfile plusieurs couches de vêtements et établit son campement… dans sa cour, à Charlesbourg, en banlieue de Québec. « C’est idéal pour s’initier en douceur et gagner en confiance », explique-t-il pour justifier le choix de ce site, qui est tout sauf exotique.




Malgré certaines erreurs – comme celle de ne pas être équipé adéquatement lorsque la température oscille autour du point de congélation, risquant ainsi que tout soit glacé le lendemain, y compris les vêtements –, Ludovic a la piqûre. Depuis, il a renouvelé l’expérience à quelques reprises, et en pleine nature cette fois. « J’adore ça, avoue-t-il. L’absence de lumière artificielle et de stimulation fait qu’on s’endort très tôt. Je ne dors jamais aussi bien qu’en ces occasions ! »

Une affaire de BRAVOURE…ou de prêt-à-camper
Contrairement à son pendant estival, le camping hivernal est une activité qui a moins la cote. Selon une étude sur la pratique du camping au Québec réalisée en 2012 par la Chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), à peine 1 % des campeurs québécois s’y adonnent entre les mois de novembre et d’avril. Par comparaison, ce pourcentage est de 74 % en juillet, le mois le plus populaire de l’année pour le camping au Québec.

Sur le terrain, le son de cloche est le même. Un rapide coup de sonde réalisé par Géo Plein Air auprès des 19 établissements de camping ouverts toute l’année (quatre saisons) permet de constater que rares sont les courageux qui bravent le froid pour piquer leur tente.

Par exemple, au parc naturel régional de Portneuf, près de Québec, on trouve un ou deux braves par saison, et au Domaine des Dunes, sur la Côte-Nord, il n’y a jamais eu de requêtes en ce sens, nous dit-on.

« Nous avons peu de demandes d’information pour le camping d’hiver. Et quand l’activité est offerte, c’est de manière très symbolique », résume Simon Tessier, président-directeur général de Camping Québec. « Les gens recherchent davantage de confort durant la saison froide. On préfère rester en chalet. Ou, à la rigueur, en prêt-à-camper », poursuit-il.

Car, bien que moins développé, l’hébergement alternatif a aussi un pendant hivernal. Ainsi, au parc de la Mauricie, près de Shawinigan, les tentes oTENTik demeurent ouvertes été comme hiver. Rassurez-vous : le bois de chauffage pour le poêle est fourni !

Pour avoir la paix !
Dans le réseau de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), neuf parcs nationaux ouvrent des sites de camping d’hiver, selon le site internet de cette organisation. Par exemple, au parc national des Monts-Valin, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, deux aires de camping sont ouvertes. L’une se situe à 1 km du centre de découverte, et l’autre, en bordure d’un lac gelé, est accessible par une randonnée de 17 km. Dans les deux cas, des toilettes sèches sont disponibles.

Là comme ailleurs, le camping d’hiver « n’est pas un produit très populaire », indique Élaine Ayotte, responsable des communications à la Sépaq. Aussi, puisque la société d’État n’offre pas d’encadrement, les campeurs se doivent d’être totalement
autonomes. En tout cas, ils sont assurés de dormir en paix… « Certains lieux sont cependant plus propices pour les débutants », fait-elle remarquer. C’est notamment le cas du parc national de la Gaspésie, où les emplacements du mont Albert, nichés dans les Chic-Chocs, sont à 100 m du stationnement – donc de votre voiture.
Les plus frileux préféreront évidemment passer la nuit dans un chalet EXP., voire dans un chalet Nature de la Sépaq. Dans les deux cas, tout (ou presque) est fourni, y compris l’expérience hivernale mémorable.

Un premier dodo sur la neige
Pour profiter pleinement de son expérience, l’idéal reste cependant de suivre un atelier
d’initiation à cette activité considérée à tort comme extrême. Au Québec, quelques compagnies le proposent, dont Horizon 5. « On l’a offert jadis dans le cadre du Carnaval de Québec, précise Frédéric Cantin, directeur des activités chez Horizon 5. Aujourd’hui, c’est un service qu’on offre sur demande seulement. »
Cet atelier d’une journée débute par une formation théorique où sont couverts les principes fondamentaux du camping d’hiver : comment garder sa chaleur, vers quel équipement se tourner, quoi manger… tout y passe. Puis vient le segment pratique où les participants appliquent sur le terrain leurs nouvelles connaissances apprises en classe. Les formateurs, présents, ne sont là que pour dépanner au besoin. Le matériel adapté (sac de couchage, tente, matelas de sol, etc.) est gracieusement fourni par Horizon 5.

S’il est d’avis « qu’il faut vraiment aimer jouer dehors » pour apprécier la tente sur la neige, Frédéric Cantin n’en pense pas moins que de se familiariser avec l’activité, c’est l’adopter. « Quand tu campes dehors par temps froid, tu vis plus que jamais avec les éléments. Tu deviens très vulnérable, mais aussi très proche d’eux. » Ludovic Demers abonde dans le même sens. « C’est une excellente manière de déconnecter et de reprendre son souffle loin des stimulations du monde moderne », assure-t-il.
 
Quelques bonnes adresses

Parc de la Gatineau
On y trouve des tentes de type oTENTik (quatre saisons), des yourtes, des refuges
et des emplacements de camping d’hiver, le tout à quelques minutes du centre-ville
de Gatineau.
www.ccn-ncc.gc.ca

Parc national d’Oka
Des emplacements pour planter sa tente sont accessibles à pied. Surtout, ils permettent un accès aux toilettes du centre communautaire, situé non loin de là. Pour
se soulager... ou se réchauffer !
www.sepaq.com/pq/oka

Parc naturel régional de Portneuf
Ce parc situé près de Saint-Raymond de Portneuf accepte les courageux qui désirent camper en hiver. Mais, attention : l’offre n’est pas structurée pour faciliter une expérience encadrée. Pour les campeurs expérimentés et autonomes.
www.parcportneuf.com

Au Diable Vert
La réputation de cette station de plein air nichée dans les montagnes des Cantons-de-l’Est n’est plus à faire. On y trouve une panoplie d’hébergements accessibles en hiver, dont le Treegloo, un igloo en fibre
de verre.
www.audiablevert.com

Domaine des Dunes
À défaut de pouvoir piquer sa tente ou
louer un tipi, on se rabat sur les chalets de cet établissement de Tadoussac, à la frontière de la Côte-Nord.
www.domainedesdunes.com



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type_activite: Camping
type: activite_hiverCamping
saison: hiver;