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Hébergements rustiques et prêts-à-camper

Dans les arbres, sur l’eau, au fond d’un habitat troglodytique ou à l’abri dans un bon vieux refuge, les hébergements rustiques redéfinissent la manière de dormir dans la nature


texte Maxime Bilodeau - 09/06/2017
Exit l’installation laborieuse du campement, la dictature des sacs de couchage ou la vulnérabilité face aux caprices de Dame Nature. Bonjour la simplicité du prêt-à-camper ! Lorsque vient le temps d’aller roupiller en pleine nature en compagnie de son conjoint et de sa fillette de trois ans, Mélissa Coulombe-­Leduc n’hésite pas très longtemps sur l’hébergement. « Si un camping n’offre pas une quelconque formule de prêt-à-camper, nous n’y allons pas », explique-t-elle. Le camping traditionnel, ou sauvage, très peu pour elle. « Nous ne possédons pas de tente ni de matériel pour cuire notre bouffe. Et on ne prévoit pas s’en munir de sitôt, c’est trop coûteux », souligne-
t-elle.

La première fois qu’elle a fait l’expérience d’un hébergement rustique – terme polysémique s’il en est un (voir page 28) –, c’était l’été passé, à l’occasion d’un séjour de quatre jours dans un parc géré par la Sépaq. Rapidement, le charme a opéré. « Disons que ça simplifie grandement l’équation, illustre-t-elle. Qui plus est, où nous dormions, nous entendions les vagues et la nature environnante. »

Le fond des bois en tout confort
L’hébergement alternatif en plein air n’est pourtant pas particulièrement nouveau au Québec. C’est en 2008 qu’on voit apparaître les premières tentes Huttopia dans les parcs nationaux de la province. À l’époque, ces tentes de toile juchées sur des plateformes de bois sont novatrices, car elles disposent de chauffage, de lits et de tout le nécessaire pour cuisiner. Pour la toute première fois, elles apportent un confort relatif, quoique rudimentaire, jusqu’au fond des bois, un exploit jusque-là réalisé par les tipis, les tentes prospecteur et les yourtes.

Par la suite, le phénomène ne fait que prendre de l’ampleur. On voit littéralement déferler une avalanche de formules d’hébergement à mi-­chemin entre la bonne vieille tente rustique et les gîtes, auberges ou hôtels éclairés, connectés, avec télé HD. Si bien qu’en 2012 une étude sur le camping au Québec, réalisée par la Chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal, estime qu’un campeur québécois sur cinq (19 %) a déjà fait l’expérience du prêt-à-camper et que la plupart (91 %) seraient prêts à répéter l’expérience. Quatre pour cent recourent même exclusivement à ce type d’hébergement de plein air !

Aujourd’hui, l’amateur de dodo en pleine nature a l’embarras du choix – et du degré de confort. Il se sent Robin des Bois ? Il peut dormir dans les maisons dans les arbres, les sphères suspendues ou le dôme du Parc aventures Cap Jaseux, à Saint-Fulgence. Son truc, c’est davantage le clapotis de l’eau ? Qu’il opte plutôt pour les yourtes flottantes d’Aventure Aux 4 Vents sises dans le barachois de Carleton-sur-Mer. Pour l’amoureux éperdu d’igloos, il y a l’Alvéok tout en bois du parc régional Kiamika, dans les Laurentides. L’inconditionnel de la mythologie médiévale de Tolkien peut faire un arrêt à Entre cimes et racines, à Bolton-Est. L’écogîte Le Hobbit qui s’y trouve ne laisse aucun doute sur l’inspiration de ses créateurs !

Il est toutefois difficile de chiffrer le phénomène. En effet, ce type d’hébergement n’a été assujetti à Camping Québec, mandataire du ministère du Tourisme du Québec, qu’en décembre dernier, à la suite de l’adoption du projet de loi 67, qui vise à améliorer l’encadrement de l’hébergement touristique. Conséquence : il n’existe pas d’inventaire précis des unités d’hébergement rustique au Québec – du moins, pas encore. Car l’exercice de recensement et de catégorisation débute cette année. « Pour l’instant, on estime qu’il y a de 1500 à 2000 unités dans les campings québécois », évalue Simon Tessier, président-­directeur général de Camping Québec.

Plein air pour tous
Et ce nombre est encore appelé à croître, pense Martine Houde, responsable du développement des affaires chez Imago Village, un minivillage de six yourtes niché dans les monts Valin. « C’est une mode qui a pris du temps à arriver au Québec, mais qui, depuis trois ans environ, séduit massivement les familles à la recherche de simplicité. Désormais, les propriétaires de camping sont tenus d’offrir une forme ou une autre d’hébergement rustique », affirme-t-elle. Selon elle, il en va même de la survie, à moyen et à long terme, de ces établissements.
Une vision à laquelle adhère Claudine Barry, analyste pour le Réseau de veille de la Chaire de tourisme Transat, à l’UQAM. « Fondamentalement, c’est un moyen de rajeunir la clientèle actuelle des campings, qui est plutôt vieillissante », explique-t-elle. Or, pour assurer la relève, encore faut-il l’attirer, ce que réussissent particulièrement bien à faire les hébergements rustiques grâce à leur très grande proximité avec la nature, synonyme de paysages à couper le souffle et de multiples occasions de s’évader pour prendre l’air.

C’est notamment le cas d’Huttopia Sutton, un espace de villégiature qui se déploie dans une superbe forêt mixte de 65 hectares, à l’ombre du massif des monts Sutton, à un jet de pierre des majestueuses montagnes Vertes du Vermont.
Ce site composé d’une multitude d’options d’hébergement en prêt-à-camper, telles les tentes Canadienne (40) et Bonaventure (10) ainsi que la toute nouvelle Trappeur, est un camp de base idéal pour profiter du colossal buffet plein air qu’offre la région. Randonnée pédestre au Parc d’environnement naturel de Sutton, ­canot-kayak sur la rivière Missisquoi, VéloVolant dans les arbres d’Au Diable Vert : il n’y a qu’à se servir ! Le tout à moins d’une heure et demie de route de Montréal.

« Il faut se mettre à la place de ces jeunes familles. Très urbaines, elles souffrent de plus en plus d’un déficit nature, mais n’ont pas nécessairement le goût ni le temps de camper à la belle étoile. Par contre, elles sont prêtes à payer plus cher pour du confort et une expérience hors du commun », analyse Claudine Barry. Martine Houde acquiesce. « L’hébergement n’est plus accessoire. C’est rendu une expérience à part entière, une partie intégrante de l’aventure », juge-t-elle. Et tant mieux si, comme le mentionne Mélissa Coulombe-Leduc, « ça permet au Québécois moyen de se réapproprier un morceau de nature ». Bref, de s’initier au plein air.
 
À chacun son camping
Voici cinq conceptions de l’hébergement rustique, avec des exemples de propositions qu’on trouve chez nous.


Le rustique conservateur
Tentes Hékipia, oTENTik et 4 saisons : que ce soit dans le parc de la Gatineau ou sur la Côte-Nord, le classicisme règne ici en roi et maître. On dort bel et bien sous une toile, mais le confort est au rendez-vous sous forme de lits, d’un plancher de bois, de meubles… et d’un fond sonore enchanteur, comme c’est le cas pour la yourte de la Base de plein air Les Goélands, située en bordure de mer à Port-Cartier.

Tentes 4 saisons du parc de la Gatineau :
613 239-5000 ou www.ccn-ncc.gc.ca

Base de plein air Les Goélands :
418 766-8706 ou www.baselesgoelands.com

Le rustique panoramique
Les chalets EXP. de la Sépaq et les bulles dans les arbres de Canopée Lit, à Sacré-Cœur, entrent dans cette catégorie. Au menu : une large fenestration pour les premiers et une surface translucide à presque 360 degrés pour les secondes.

Sépaq :
1 800 665-6527ou www.sepaq.com/hebergement

Canopée Lit :
418 236-9544 ou www.canopee-lit.com

Le rustique de luxe
On parle ici de glamping, contraction des termes glamourous camping, ou camping de luxe. Les Cosy Bubbles en sont de bons exemples. On les retrouve notamment au centre de vacances Pohénégamook Santé Plein Air, dans le Bas-Saint-Laurent, ainsi qu’à l’auberge La Salicorne, aux Îles-de-la-Madeleine.

Pohénégamook Santé Plein Air :
1 800 463-1364 ou www.pohenegamook.com

La Salicorne :
1 888 537-4537 ou www.salicorne.ca

Le rustique écologique
Les Zoobox de Vertendre, à Eastman, sont de coquets petits refuges autonomes grâce à l’énergie solaire, éolienne, mais également humaine. Eh oui, si l’envie vous en prend, vous pouvez vous faire un expresso en pédalant sur un vélo générateur d’électricité.

Le Vertendre :
1 855 383-2007 ou www.levertendre.com

Le rustique nostalgique
Les souvenirs d’enfance sont à l’ordre du jour avec les cabanes dans les arbres, l’igloo en matière synthétique Treegloo et les roulottes vintage Airstream d’Au Diable Vert, à Glen Sutton. Aussi, on peut combiner tradition et séjour dans une île (quasi) déserte en s’offrant une nuitée en tente de luxe sur l’île Grande Basque, dans l’archipel des Sept Îles, sur la Côte-Nord.

Au Diable Vert :
450 538-5639 ou www.audiablevert.com

Camping sur l’île Grande Basque :
1 888 880-1238 ou www.tourismeseptiles.ca



 


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