-
-
    D E S T I N A T I O N S «« retour à la liste  
-
Vacances » Bas-Saint-Laurent
D'une pierre à l'autre
Les îles du Bas-Saint-Laurent


Sylvie Rivard
Des surprises égrenées dans le Saint-Laurent, l'archipel des Pèlerins, l'île aux Lièvres et le petit archipel des îles du Pot à l'Eau-de-Vie appartiennent à cette belle région trop souvent ignorée au profit de la Gaspésie et de Québec: le Bas-Saint-Laurent. Réparties entre Saint-André-de-Kamouraska et Rivière-du-Loup, ces îles recèlent des trésors insoupçonnés.

Ces huit écrins naturels, où s'épanouissent une faune et une flore exceptionnelles, sont la propriété de Duvetnor, une société sans but lucratif fondée en 1979. Duvetnor évoque naturellement le duvet, une ressource abondante dans ces îles qui abritent l'une des plus importantes colonies d'eiders à duvet. Ce canard était en position de vulnérabilité dans ces îles avant l'intervention de Jean Bédard et de Duvetnor, sa corporation.

Écologiste de la première vague au Québec, Jean Bédard est l'un des tout premiers, avec son équipe, à avoir pressenti la menace qui planait sur la pérennité des espèces vivant dans ces parcelles de terre, et à avoir pris des moyens concrets pour les conserver. Si le fait d'acheter des îles était une idée saugrenue à l'époque, c'était pourtant la seule qui, selon lui, empêcherait la disparition de l'espèce. En tant que propriétaire, Duvetnor pourrait contrôler la circulation dans ces îles en plus de gérer les colonies de canards.

L'achat des îles s'est fait (et continue de se faire) par la récolte de duvet. Jean Bédard, qui avait déjà remarqué la présence de «cueilleurs»dans les îles, s'y est mis aussi. L'activité lucrative (le kilo de duvet se vend 1000 $ sur le marché européen, très friand de cette ressource pour la confection d'édredons) lui a permis de cumuler le pécule nécessaire pour payer ses îles. La cueillette s'effectue encore aujourd'hui et le biologiste investit toujours les revenus qu'il en tire dans son placement, mais d'autres activités se sont ajoutées à cette dernière : les excursions.

Ainsi, de la conservation, Duvetnor est passé à la sensibilisation du public à cette richesse. Duvetnor assure le respect de cet écosystème unique en proposant des excursions d'écotourisme dans les îles aux Lièvres et du Pot à l'Eau-de-Vie. Les cinq îlots composant l'archipel des Pèlerins, trop fragiles, sont inaccessibles au tourisme, même écologique. Les seules possibilités de les approcher sont le kayak ou le pneumatique, et encore, il faut obtenir la permission de Duvetnor. Remarquez, on peut aussi s'en régaler des yeux, assis sur un rocher de l'une des anses riveraines de Saint-André-de-Kamouraska...

Ces excursions s'effectuent dans les îles suivant la philosophie de conservation de Duvetnor. Ainsi l'entreprise permet-elle seulement quelques départs par jour vers les îles, selon les marées. Ces croisières s'accompagnent toujours d'un volet commenté ; en outre, on offre une rencontre avec les populations indigènes des îles. On nous explique qu'en période de nidification, par exemple, fin mai début juin, les eiders sont particulièrement vulnérables. Si on frôle leur nid, la femelle quittera ses ufs, qui deviendront dès lors une proie facile pour les goélands, leur principal prédateur, toujours à l'affût.

Quelques privilégiés à la fois se voient donc offrir le droit de passage vers le paradis. L'île aux Lièvres et celles du Pot à l'Eau-de-Vie sont un véritable éden pour la faune et la flore qu'elles abritent. Fouler ces terres commande le respect, cela va de soi, et l'émerveillement. Ce sont carrément des sanctuaires qu'on nous propose de découvrir.

 

-
gpa
concours vidéo Actions!