Nathalie Schneider
De satanique elle n’a que le nom. Constituée de trois sommets culminant à près de 800 m, la montagne du Diable domine le grand réservoir Baskatong et la municipalité de Ferme-Neuve avec une apparente bienveillance.
Située au nord de Mont-Laurier, Ferme-Neuve grandit depuis 100 ans au fil d’une forte tradition agricole dont le premier mandat consistait à nourrir les travailleurs du chemin de fer. Aujourd’hui, ses habitants vivent à l’ombre de ce vaste domaine récréotouristique quadrillé de sentiers balisés multifonctionnels s’étendant sur 10 000 hectares de forêt mature. L’hiver, on y pratique le ski hors-piste (75 km tracés), la raquette et on projette de faire une place au télémark en sous-bois, qui correspond mieux que le ski alpin façon Tremblant à l’esprit qui anime les résidants locaux.
Le développement et la gestion de ce vaste territoire sauvage appellent un certain contrôle: «Nous voulons être une destination de plein air pour amateurs de nature éclairés», explique Romain Lafontaine, directeur général des Amis de la montagne du Diable, l’organisme chargé de promouvoir et d’enrichir les activités récréotouristiques du territoire.
Outre l’intérêt récréatif que représente la montagne, ce qui frappe, c’est la façon dont des habitants locaux, citoyens amoureux de nature et de plein air, s’engagent à défendre, avec la municipalité, les intérêts de leur montagne dans un souci de préservation environnementale. Terre publique municipalisée oblige, la montagne du Diable est sous le coup d’un schéma d’aménagement avec potentiel de grand développement. Ils sont nombreux à se croiser, les week-ends d’automne, sur la trentaine de kilomètres de sentiers tracés (on prévoit en créer une centaine d’ici un an) linéaires ou en boucle. Une coupe forestière limitée y est pratiquée grâce à une entente quinquennale reconductible signée il y a deux ans. «L’ex-technicien en foresterie que je suis s’occupe aujourd’hui des intérêts récréatifs de la montagne du Diable ; mon ancien métier impose bien souvent le respect des compagnies forestières», précise Romain Lafontaine.
On y pratique la courte ou la longue randonnée (quatre sentiers de 3 km à 13 km) et on peut faire durer le plaisir d’une immersion en pleine nature si l’on entreprend de parcourir le sentier des Crêtes du relais Courtemanche au relais Walker, qui passe par le sommet du Diable (783 m) et celui du Garde-Feu (756 m). On trouve à mi-chemin deux campings rustiques où l’on peut planter sa tente au cœur d’une forêt mixte composée de feuillus et de conifères. Comme c’est le domaine de l’orignal, il n’est pas rare d’entendre le sabot du cervidé marteler le sol à proximité, si on n’a pas la chance de l’apercevoir aux abords d’un lac (Courtemanche, Walker, Windigo, Baskatong).
Le projet de développement de la montagne du Diable est bien engagé. Certaines réalisations devraient être complétées dans l’année, notamment la construction de refuges, d’autres sites de camping rustique et d’abris de jour. De même, on prévoit étendre le réseau de sentiers pédestres avec le même souci de préserver l’environnement. Un exemple à suivre.
De Mont-Tremblant, poursuivre sur la 117 Nord puis sur la route 309 à partir de Mont-Laurier. Comme la saison froide arrive tôt dans les Hautes-Laurentides, il faut prévoir de l’équipement hivernal dès le début de l’automne. Sentiers pour le ski hors-piste (75 km), raquettes et randonnée pédestre (30 km) et vélo de montagne (25 km). On peut se rendre aux lacs Walker ou Courtemanche en auto.
Tarif d’accès: 3$ (gratuit pour les moins de 16 ans); camping rustique: 17 $ la nuitée. Carte de membre associé: 10$ (famille: 20$).
Bureau d’information touristique :
94, 12e Rue, Ferme-Neuve,
tél. : (819) 587-3882