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Le Québec, champion mondial d’escalade

La province compte le plus grand nombre de centres d’escalade par habitant dans le monde. En ville comme à la montagne, ils offrent un défi pour tous les goûts… et tous les calibres !


par Félix Côté - 01/09/2017
Il y a quelques années, on croyait que l’escalade était réservée aux alpinistes aguerris férus de manœuvres extrêmes et pour lesquels la notion de sécurité n’évoquait pas grand-chose. Les temps ont changé. À l’intérieur comme à l’extérieur, l’escalade connaît un regain de popularité. Les centres se multiplient, les formations abondent et les adeptes de tous âges suivent la cadence.

La Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME) a noté une augmentation de 10 % du nombre d’adhésions en 2014 et de 12 % en 2015. Elle comptait 2063 membres au 31 décembre 2015, ce qui représente environ 10 % des grimpeurs de la province.

Éric Lachance, directeur technique à la FQME, a vu croître la popularité de cette activité au Québec. Beaucoup d’installations d’escalade ont vu le jour au cours des 10 dernières années. « Il y a huit ou neuf ans, s’il n’y avait pas quelqu’un dans ton entourage pour t’initier à ce sport, c’était difficile. Aujourd’hui, il suffit d’écrire le mot “escalade” dans Google pour s’apercevoir que les choix ne manquent pas. »

Maria Izquierdo, directrice des opérations et propriétaire du centre d’escalade intérieure Horizon Roc à Montréal, abonde dans le même sens : « Il y a eu une explosion de l’offre, autant privée que publique, dans la région de Montréal ces dernières années. »

L’engouement pour la compétition intérieure, qui fera son entrée aux Jeux olympiques en 2020, n’est pas étranger à ce phénomène. En prévision de ces premières olympiades, la FQME a créé le programme Performance, qui lui permet de classer les athlètes d’élite selon leurs résultats de l’année précédente.

La démocratisation des centres d’escalade intérieure
Le boom populaire que connaît l’escalade est comparable à celui qui a propulsé la course à pied il y a quelques années. « Avec la multiplication des centres, les gens se sont aperçus que c’était une activité pour tous. Quand j’ai commencé à grimper, il y a 15 ans, c’était un sport marginal. L’escalade dégageait une image élitiste. Aujourd’hui, sa pratique est mieux encadrée et sa présence aux Jeux olympiques de 2020 va lui offrir une visibilité inouïe. »

L’image de l’escalade a énormément changé depuis ses débuts. Maria Izquierdo se souvient d’une époque pas si lointaine où les grimpeurs passaient pour des hurluberlus : « Les médias dépeignaient l’image d’un sport de fous pratiqué par des gens téméraires », se remémore-t-elle.

Les installations intérieures ont certainement changé la donne. « Avant, on pratiquait à l’intérieur en vue de grimper à l’extérieur. Maintenant, les gens n’ont pas nécessairement l’intérêt de grimper dehors », avance maria Izquierdo. Les centres intérieurs offrent une approche « en tout confort », comme elle dit. La majorité propose aux clients de tous âges des parois prêtes à grimper sept jours sur sept, beau temps, mauvais temps, ainsi que la location d’équipement et des activités complémentaires de toutes sortes. Parallèlement à la montée en popularité des centres intérieurs, certains établissements se sont spécialisés en escalade de bloc. « Le bloc, c’est un peu comme le CrossFit (entraînement en parcours). Ça a toujours existé, mais on n’en entendait pas parler », affirme Éric Lachance. Ces centres ont la cote, d’une part, parce qu’ils sont ouverts à tous et, d’autre part, parce que ce type d’activité se pratique en toute simplicité.

Puissance, technique et force
Nul besoin de baudrier, de corde ni de mousqueton ; seule une paire de chaussures appropriée suffit. L’enthousiasme est tel que certains centres de bloc peuvent accueillir 500 personnes au cours d’une même journée. « C’est rapide, c’est le fun. Dans les centres de bloc, il y a souvent un café qui vend des sandwichs et des smoothies. L’ambiance est pas mal décontractée », ajoute-t-il.

À Montréal, au croisement des autoroutes 15 et 40, Bloc Shop a ouvert ses portes en 2014. À l’intérieur de ses murs, on ne trouve que des parois consacrées au bloc. En quelques mois, ce centre a connu tellement de succès qu’en décembre dernier les propriétaires en ont doublé la superficie, la portant à près de 1850 m2.

Cloé Legault, une des quatre propriétaires, parle de la discipline et de l’atmosphère bon enfant qui règne au pied des parois : « Le bloc, c’est super ludique. Il n’y a pas le côté encombrant du harnais. Tu peux grimper tout seul, avec des amis, ou rencontrer d’autres grimpeurs sur place. C’est chacun son tour, et ça va vite. »

La plupart des grimpeurs y trouvent leur compte, du débutant à l’assidu. Le bloc permet d’améliorer à la fois la puissance, la technique et la force. L’effort étant plus court, il est également beaucoup plus soutenu.

Dedans, dehors, et vice versa
À Val-David, Paul Laperrière, sommité dans le milieu québécois de la grimpe, a fondé l’école Passe-montagne en 1981. La popularité de l’escalade extérieure sur voies naturelles ne baisse pas. De plus en plus, les gens des grands centres viennent à Val-David pour y être initiés.

Parallèlement, le nombre de voies se multiplie année après année. Seulement l’an dernier, Paul Laperrière en a ouvert 27 nouvelles. Il compte en ajouter une trentaine cette année, portant à 700 le nombre de voies sur le territoire de cette petite municipalité des Laurentides.

C’est d’ailleurs dans cette région que la première voie d’escalade du Québec a été créée… en 1932. Depuis, les grimpeurs prisent Val-David, un joyau de l’escalade de rochers. Les sites sont entretenus chaque année à coups de milliers de dollars et sont situés à proximité du village.

Par où commencer ?
Alors, quelle formule choisir en premier ? Escalade extérieure ou escalade intérieure ? Ça dépend de ce qu’on recherche. « C’est beaucoup plus physique à l’intérieur. À l’extérieur, on utilise surtout le bas du corps, la base en escalade. Quand on commence à grimper, on n’est pas nécessairement fort du haut du corps », explique Paul Laperrière.

La proximité des centres d’escalade en milieu urbain démocratise la pratique. « Avant, la plupart des gens commençaient à grimper à l’extérieur. Aujourd’hui, au moins 80 % des grimpeurs débutent à l’intérieur », affirme de son côté
Maria Izquierdo.

Selon elle, les gens cherchent la simplicité et l’aventure dans le confort, ce qu’offriraient les centres d’escalade. Le contact avec la nature serait une motivation logique pour poursuivre la pratique à l’extérieur.

Et la compétition ?
Un circuit de la Coupe Québec permet aux grimpeurs de tous les calibres de se mesurer les uns aux autres. Ce circuit compte trois types d’épreuves : difficulté, bloc et vitesse.

Dans les épreuves de difficulté, les participants doivent, en un seul essai, se rendre le plus loin possible sur un parcours. Dans les épreuves de bloc, il s’agit de résoudre, dans le temps imparti, une série d’épreuves sur une paroi de 4 m de hauteur. Les épreuves de vitesse consistent à grimper le plus rapidement possible au sommet d’un parcours.

De nouvelles tendances surgissent également, notamment en ce qui concerne les prises fixées aux parois. Les prises en ouverture, semblables à de grosses demi-sphères, sont de plus en plus fréquentes. Leur utilisation nécessite différentes techniques et compétences, ce qui rehausse le degré de difficulté de certaines parois et facilite l’ascension des débutants.

Le circuit de la Coupe Québec entamera sa huitième année. Les centres comptent de plus en plus d’équipes et d’athlètes, juniors et seniors. La catégorie senior est divisée par groupes d’âge et comprend un volet élite. Selon leur classement, les élites peuvent participer au championnat québécois pour viser une participation aux championnats canadiens et peuvent aussi être sélectionnées pour rejoindre l’équipe nationale.
À l’approche des Jeux olympiques de 2020, nombre de ces athlètes n’ont pas fini de progresser. Serez-vous de ceux-là ?
 
Sept centres où s’initier
Montréal
Horizon Roc

Ce centre d’escalade intérieur possède 300 voies pour grimpeurs de tous les calibres. On peut aussi se balader dans l’Acroparc, un parcours aérien aménagé à 12 m de hauteur et qui comprend une tyrolienne de 25 m.
www.horizonroc.com

Allez up
Pour la joie des grimpeurs, les anciens silos récupérés par Allez up ont été convertis en murs d’escalade. L’endroit est également doté d’une gigantesque structure de métal, à l’intérieur de laquelle se trouvent des voies pour les adeptes de tous les calibres.
www.allezup.com

Bloc Shop
D’une superficie de 1850 m2, ce centre est consacré au bloc. L’ambiance y est décontractée, et on propose différents ateliers de perfectionnement gratuits (compris dans le tarif d’entrée).
www.blocshop.com

Québec
Roc Gyms

Ce centre aux nombreuses parois intérieures propose aussi diverses activités d’initiation et de perfectionnement pour l’escalade extérieure sur voies naturelles.
www.rocgyms.com

Outaouais
Altitude Gym

Ce centre a récupéré l’espace d’une ancienne église pour en faire un temple de l’escalade. Il y en a pour tous les goûts. Diverses activités sont organisées pour les jeunes de cinq ans ou plus.
www.altitudegym.ca

Laurentides
Passe-montagne

Fondé en 1981 à Val-David, le centre Passe-montagne propose des cours et de la formation pour tous en escalade de rochers. Il offre aussi des services de consolidation d’équipe pour les entreprises ainsi que la location d’une tour d’escalade mobile.
www.ecole-escalade.com

Sherbrooke
ChamoX

Cette école de montagne et d’escalade offre des cours d’escalade extérieure très variés, de l’initiation au perfectionnement, et aussi des services d’animation : parcours en hauteur, tyrolienne, tour de roches et de glace.
www.chamox.com



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