L’anneau jaune: l’argent et le sport, les corporations et les olympiques
par
Véronique LandryDevenir athlète olympique n’est pas l’apanage de tous. La mère d’un skieur canadien qui participe aux Olympiques cette année expliquait que les sacrifices sont d’abord financiers ; de 35000$ à 40000$ annuellement. L’apport des gouvernements, des associations et des corporations est ainsi nécessaire en vue d’une préparation olympique compétitive. Elle nécessite des connaissances scientifiques poussées, des entraîneurs et dirigeants qualifiés, des installations et des équipements à la fine pointe. Pour les Jeux à Vancouver, parions que le programme «À nous le podium 2010» fera ses preuves.
C’est 82 pays au total qui participent aux Jeux cet hiver. Bien que le Comité International Olympique définit dans sa charte que les Jeux sont une compétition entre athlètes et non entre nations, les caractéristiques physiques ne suffisent sans doute pas à justifier le compte des médailles. Dans l’histoire olympique, les pays «en développement», plus nombreux, remportent ensemble beaucoup moins de médailles que la trentaine de pays les plus développés.
Et comme spectateur des Jeux, on a l’impression d’assister à un événement corporatif spectaculaire. Impossible d’acheter des billets de compétition sans une carte VISA. Au BC Place, sur les photographies qui recouvrent les couloirs du stade, on a un bout de ruban opaque sur la marque des t-shirts des sportifs. Le COVAN a acheté tous les panneaux publicitaires de la ville pour un total de 40 millions de dollars. Une police du marketing a été implantée afin que les entreprises qui ne commanditent pas officiellement les Jeux n’affichent pas trop de couleurs ou de symboles olympiques.
Les 25 000 bénévoles impliqués dans l’événement, eux, souriants et bien visibles, offrent de radieux bonjours et de précieuses informations. Tout ça humanise l’expérience et rappelle que le meilleur dans la vie est souvent gratuit.
Véronique Landry