L’anneau noir : l’envers de la médaille
par
Véronique LandryAu lendemain de la fermeture des Jeux, la ville a retrouvé son calme. Il est presque difficile de croire qu’il y a quelques heures, les montées de joies et les feux d’artifices résonnaient encore dans les rues.

Il est beaucoup trop tôt pour dresser un bilan des deux dernières semaines. Beaucoup trop tôt pour conclure que les installations olympiques, entretenues, sont maintenant occupées par les citoyens. Pour constater que certaines personnes démunies ont bénéficié du boum olympique en faisant l’acquisition d’un logement. Trop tôt pour fermer le livre des comptes. Pour dire que les communautés se sont approprié les nouveaux espaces. Pour affirmer que les vingt-six médailles canadiennes ont donné un élan au sport à tous les niveaux. Pour réaliser, rêvons un peu, que les olympiques au Canada auront fait germer des politiques sanitaires favorisant davantage la prévention. Des programmes valorisant le bien-être global par des programmes de santé et de sports accessibles à tous.
Lors d’une conférence ayant pour thème « Repenser les olympiques », Dave Zirin, un chroniqueur sportif et auteur connu, est venu discuter du mouvement de résistance des olympiques (qui ne se résume pas aux actes de vandalisme du 13 février à Vancouver). En traitant des multiples enjeux sous-tendus par les Jeux Olympiques, il utilise l’image du marteau. Le sport est un marteau avec lequel on peut construire: l’estime de soi, les capacités physiques, le moral, la socialisation. Joannie l’a prouvé, les athlètes font parfois preuve d’une force exceptionnelle. Les athlètes qui participeront aux Jeux paralympiques le démontreront également dès le 12 mars. Dans le contexte olympique, le marteau est potentiellement, aussi, un outil de destruction : prétexte aux exclusions, aux divisions, aux excès (financiers, chimiques, physiques), aux accidents. À ce propos, le décès de Nodar Kumaritashvili aura incontestablement été le moment le plus noir de l’édition 2010.