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Des traces dans la neige

  • Istock

La neige est tombée durant la soirée. Au matin, le canevas blanc, lisse et étincelant, conserve le souvenir d’une activité nocturne. Ici, des pas menus témoignent d’une traversée à la course entre deux arbres. Là, d’énormes pattes griffées dessinent des traces profondes. L’histoire de la nuit est gravée dans la forêt, tout au moins jusqu’à la prochaine bordée. Sauriez-vous en reconnaître les acteurs?

Les poids lourds…

Jadis limité aux régions rurales, le coyote fait désormais partie du paysage urbain. Savoir distinguer ses empreintes de celles d’un chien de même taille devient dès lors utile. La différence principale réside dans l’orientation des quatre doigts: plutôt parallèles chez le coyote – ainsi que chez les autres canidés sauvages –, ils forment un éventail plus ou moins ouvert chez Fido. La longueur typique d’une empreinte de coyote varie entre 6 et 9 cm, tandis que celle du loup est plus grande et celle du renard roux plus menue.

Chien (crédit Josée Caron)

Coyote (crédit Josée Caron)

Si le lynx – roux ou du Canada – se fait discret, impossible pour lui de ne pas laisser de pistes en hiver. On reconnaît ses pas à la rondeur de l’empreinte, aussi longue que large, ainsi qu’à l’absence de griffes. Au Québec, une telle trace au nord du Saint-Laurent et au-dessus du 47,5e parallèle appartient presque assurément à un lynx du Canada qui, malgré une taille corporelle comparable à celle de son cousin, possède de plus grosses pattes dont le diamètre atteint jusqu’à 11 cm. Et n’allez pas y voir des traces de couguar: les autorités ne croient plus à sa présence sur le territoire québécois.

 

Lynx du Canada (crédit Josée Caron)

Lynx roux (crédit photo)

Deux grandes larmes en image miroir l’une de l’autre? Aucun doute possible, elles appartiennent à un pied de cerf de Virginie ou d’orignal. Leur taille et leur rapprochement différencieront l’espèce. Celles du cerf mesurent de 3 à 10 cm de longueur et ne se touchent pas, alors que celles de l’orignal sont bien plus grandes (de 11 à 18 cm) et s’effleurent. Les empreintes du caribou ne ressemblent pas du tout à celles de ces deux cervidés: elles sont composées de deux arcs assez courbés, chacun accompagné d’une petite impression à l’arrière.

Orignal (crédit Josée Caron)

 

Cerf de Virginie (crédit Josée Caron)

 

Les poids moyens…

Le froid ne fait pas obstacle au caractère enjoué de la loutre de rivière. Active en hiver, elle adore se rouler et glisser sur la neige. Ses empreintes, à l’occasion entrecoupées par ses glissades ventrales, sont caractérisées par l’impression de cinq doigts et une forme plus rectangulaire où la largeur (7 cm) excède notablement la longueur (4 cm). Parmi les autres membres de la famille des mustélidés avec lesquels on pourrait confondre les traces de la loutre, notons le vison et la martre d’Amérique, mais la signature de leurs pattes est cependant plus petite et arrondie.

Loutre (crédit Josée Caron)

Le passage d’un lapin à queue blanche ou d’un lièvre d’Amérique est facile à détecter: les pattes arrière – grandes et oblongues – impriment le sol tout juste avant les pattes avant – menues et rondes. Il faut voir la bête marcher pour mieux visualiser la chose! C’est la longueur qui permet d’identifier l’espèce. Les empreintes des pattes postérieures du lapin à queue blanche, assez répandu dans les villes et banlieues du sud-ouest du Québec, varient entre 3 et 8 cm tandis que celles du lièvre d’Amérique, moins friand des milieux urbains, oscillent entre 8 et 15 cm.

 

Lapin à queue blanche -avant (crédit Josée Caron)

Hivernant modèle, le porc-épic se tient plutôt calme pendant la saison froide, préférant le confort de son gîte afin de conserver son énergie. Toutefois, par beau temps, il sort de sa torpeur, histoire de respirer l’air frais. Les traces de ses courtes escapades sont fort curieuses et ne ressemblent à aucune autre empreinte: une dépression de forme plus ou moins ovale surmontée assez loin de cinq minuscules points laissés par les pointes des griffes. Si les doigts sont parfois visibles, l’ensemble des empreintes est souvent effacé par ce lourdaud court sur pattes, dont la fourrure, traînant par terre, aplanit la neige.

 

 

Porc-épic (crédit Josée Caron)

 

Les poids plumes…

Si vous apercevez des motifs de flèches imprimés sur la neige, ne les suivez pas: vous ne retrouveriez jamais l’animal qui les a faits. En effet, les empreintes dessinées par les doigts en éventail de la gélinotte huppée ou du tétras du Canada pointent résolument dans la direction contraire à celle dans laquelle l’oiseau se dirigeait; il arrive même qu’on voie les traces laissées par les ailes lorsque le volatile s’envole. Le dindon sauvage, beaucoup plus gros, marque lui aussi la neige de semblables pistes trompeuses.

Envol (crédit Josée Caro)

Les traces sur la neige des souris et des campagnols sont quelquefois observables quand leurs auteurs quittent brièvement les abris souterrains où ils se protègent du froid. La longue queue de la souris trahit à coup sûr son passage; traînant à l’arrière, elle laisse dans la poudreuse une marque immanquable. Le campagnol, lui aussi porteur d’une queue, se révèle davantage par ses pattes arrière à cinq doigts placées en alternance des pattes avant à quatre doigts. Il va sans dire que les empreintes de ces micromammifères sont minuscules: de 6 à 11 mm.

Souris et campagnole (crédit Josée Caron)

 

 

 Pierre Bonneau est rédacteur en chef du magazine Nature sauvage.