Trouver la beauté derrière la maladie
C’est pour maintenir un équilibre dans sa profession que Lysianne Hamel, à la fois médecin d’urgence et aventurière accomplie, part depuis trois ans en expédition avec des jeunes éprouvés par le cancer. Du même coup, elle injecte du beau dans la vie de ces derniers.
Cette Trifluvienne est bénévole pour la fondation Sur la pointe des pieds. Grâce à cet organisme, des jeunes de 14 à 39 ans qui ont combattu, ou combattent encore, cette maladie ont l’occasion de goûter aux plaisirs revitalisants du plein air. Pendant quelques jours, ils s’amusent à descendre des rivières, traverser des forêts ou réaliser un autre défi hors du commun que peu de gens oseraient relever. Ces périples fournissent aussi à ces adolescents et à ces jeunes adultes l’occasion de tisser des liens d’amitié avec des personnes qui leur ressemblent.
Lysianne Hamel est la gardienne de leur santé pendant ces quelques jours. En cas d’accident, elle peut réagir immédiatement. Au cours des dernières années, elle a pris part à une excursion en rabaska sur le lac du Poisson Blanc, à une autre en canot-camping dans la réserve faunique La Vérendrye, ainsi qu’à une expédition en ski-raquette dans les monts Groulx. « Je cherchais depuis un certain temps à voir davantage l’humain derrière la maladie, raconte-t-elle. Quand je rencontre les gens à l’urgence, c’est habituellement parce que ça ne va pas bien. Participer à la fondation me permet de voir le beau côté de leur reconstruction. Parce que la vie, ce n’est pas juste être malade. »
Semer une graine
Lysianne Hamel n’a pas été déçue. « Dès la première expédition, j’ai assisté à une discussion entre les jeunes autour du feu qui m’a beaucoup touchée. C’est difficile pour eux de trouver d’autres personnes de leur âge qui ont une expérience de vie similaire. Les entendre partager leur histoire et leur philosophie de vie, cela m’a émue. » Elle poursuit : « C’est dans les premiers jours de cette expédition-là que je me suis dit que je vivais quelque chose de vraiment particulier. Je me sentais privilégiée. Et quand on a vécu ça et qu’on a été connecté comme ça avec les gens, ça donne le goût d’y retourner, assurément. »
Les progrès « exponentiels » des participants, souvent inexpérimentés, forcent l’admiration, ajoute Lysianne Hamel. « Ils ont très vite envie de recommencer et d’en faire autour de chez eux. On sème des graines en eux, comme mes parents l’ont fait avec moi dans ma jeunesse. »
Une enfance dans la nature
Lysianne Hamel a passé son enfance dans la forêt mauricienne. Chaque dimanche d’été se vivait en famille sur les lacs de la région. « Mes parents nous ont fait découvrir la nature et les bienfaits du ressourcement par la pêche. Nous passions des après-midis en silence dans la chaloupe à regarder les oiseaux et à pêcher. Ça faisait partie des choses qui étaient importantes chez nous », se souvient-elle.
Son engouement pour les expéditions est apparu pendant une randonnée dans les Pyrénées organisée par le club de plein air de son cégep. « Ça a été la rampe de lancement pour moi. J’ai appris à me découvrir et à sortir des jupes de mes parents », confie-t-elle.
Pas juste un peu. Pendant ses études de médecine, cette sauveteuse océanique certifiée a travaillé comme guide de kayak de mer. Depuis ce temps, elle enchaîne les randonnées pédestres et les sorties sur l’eau, que ce soit en kayak ou en canot, un peu partout sur la planète. Cette passionnée de cyclotourisme a également roulé pendant 18 mois sur les routes de l’Océanie et de l’Asie. « Sortir de ma zone de confort pour découvrir des endroits et des personnes, cela a toujours fait partie de mes intérêts », explique-t-elle humblement.
Son implication dans la fondation Sur la pointe des pieds répond au même appétit. « C’est facile de croire en sa mission, car j’en partage la philosophie. L’expédition permet d’aller chercher les bienfaits de la nature tout en favorisant le dépassement de soi. Chacun relève ses propres défis. C’est ça qui est beau », conclut-elle.




