Publicité
Autres activités, Hiver, Québec

Trio sportif (et belles rencontres) dans Charlevoix ‬

04-04-2019

@AnnePelouas

Le printemps se pointe le bout du nez mais la neige est encore abondante dans plusieurs régions du Québec. De quoi ravir les amateurs de plein air hivernal, avec plusieurs semaines encore devant eux !

Charlevoix est l’une de ces régions bénies des dieux en matière de chutes de neige cette année. À la station Le Massif, on avait reçu 574 cm au 13 mars…

J’ai pu « vérifier » cette bénédiction en participant le mois dernier au nom de Géo Plein air au Défi « pas frette au Québec », une campagne sur les réseaux sociaux organisée par NumériQC sous le mot-clic #pasfretteauQC dans cinq régions du Québec. Un défi « sportif du pouce », en quelque sorte, associé à des activités de plein air enlevantes et à des rencontres des plus chaleureuses.

Publicité

En raquettes au Mont Grand-Fonds

Dès le premier soir, dans Charlevoix, c’est sous un beau clair de lune que notre petit groupe chaussait ses raquettes au pied de la station Mont Grand-Fonds en compagnie de Marie-Hélène Jodoin, sympathique responsable des communications. Mon thermomètre de sac à dos affiche – 17 degrés. Un coup d’œil au ciel : il est plein d’étoiles. Au diable le froid. Il ne fait « pas frette au Québec » quand on a le cœur au chaud et une belle sortie en perspective.

En route sur la piste « Les Lions » (une boucle de 8 km), lampe frontale allumée, pour un gentil demi-parcours dont l’objectif est d’aller souper au refuge Chez Jules. La piste monte et descend un peu mais ne présente pas de grand dénivelé jusqu’au refuge, ce qui permet de profiter du décor, avec de grands résineux chargés de neige fraiche. Après la traversée de la piste de ski de fond, on aboutit à une clairière. Il y fait presque jour. Le refuge n’est pas loin. Le thermomètre affiche – 25 degrés. Fait « même pas frette »… Nous souperons néanmoins au coin du feu, avec une belle sélection de produits du terroir charlevoisien au menu, apportés par nos hôtesses de Tourisme Charlevoix, avant de rentrer sur nos pas en savourant de nouveau la beauté du ciel.

En ski de fond aux Sources Joyeuses 

Le lendemain matin, nous avons rendez-vous avec un grand « fondeur » au Centre de Plein Air Les Sources Joyeuses, dans l’arrière-pays de La Malbaie. Michel Truchon est un vétéran du ski de fond, amoureux fini de ce centre et il est la preuve vivante et communicative que « le sport, c’est la santé »… et aussi la joie de vivre.

Avec lui, nous découvrirons plusieurs pistes d’un réseau fourni qui s’étale quelque part dans le fond du « cratère » de Charlevoix. Une variété de choix s’offrent à tous les niveaux de skieurs, en pas classique ou de patin, avec de nombreuses boucles pour raccourcir ou rallonger les trajets… En cours de route, on passera près d’un tipi qui sert de halte au chaud et, plein nord, on atteint un vrai refuge-relais avec une tour-belvédère, baptisée « le mirador », idéale pour admirer le paysage environnant. Le retour sur large piste avec de jolies descentes achève de nous rendre accro de ce centre de plein air où la raquette est aussi à l’honneur.

En canot à glace à Saint-Joseph-de-la-Rive  

À 13 h, le vent a dangereusement forci, rendant le froid encore plus mordant, alors que nous attendons sur le quai l’arrivée du traversier faisant la liaison pour l’Isle-aux-Coudres. À son bord, une partie de l’équipe de canot à glace Groupe Desgagnés qui participait cet hiver à trois des compétitions du circuit québécois de canot à glace, dont celle de l’Isle-aux-Coudres.

On nous avait prévenus de nous habiller en multi-couches comme pour la raquette, ni trop, ni pas assez mais on ne nous avait rien dit de l’état du couvert de glace aux abords du quai. Un amas difficile à décrire : comme un tas de blocs de glace empilés dans tous les sens sur au moins 50 mètres à partir de la rive, puis les eaux plus ou moins libres. Je n’imagine pas qu’on puisse les atteindre… et pourtant, c’est ce que nous ferons une heure plus tard.

Guy Lapointe, capitaine de l’équipe de coureurs, descend tout sourire de son autobus jaune. À l’intérieur, le fameux canot à glace qu’on descend sur le quai. Il faut ensuite monter à bord du bus, enfiler des bas de néoprène, des souliers munis de bons crampons et se couvrir tibias et genoux de bouts de tapis de mousse, savamment fixés au « duck tape »… signe que ça va jouer dur !

L’heure fatidique a sonné. L’équipe avec laquelle j’embarque ne semble nullement impressionnée par le terrain de jeu chaotique qui l’attend. Quant à moi, j’oscille entre crainte et envie irrésistible de me mesurer aux « éléments » en compagnie des meilleurs coéquipiers possibles.

Guy Lapointe m’explique les manœuvres principales à faire. La position première est de mettre un genou plié à l’intérieur du canot, les mains agrippées à une barre, tandis que la deuxième jambe « trottine » sur la glace en s’aidant des crampons pour faire avancer l’embarcation. Proche de l’eau, on embarque et on attrape son aviron pour ramer… Le tout en cadence, si possible !

Et nous voilà partis… dans ce champ de blocs de glace sur lequel vogue le canot en fibre de verre. En plus de trottiner, il faut parfois tirer le canot de gauche à droite pour passer un obstacle, repartir en avant jusqu’au prochain, tout en veillant à ne pas se coincer la jambe…

Je ne pense plus au froid, ultra-concentrée sur l’effort physique, le prochain bloc de glace à dépasser, l’eau libre à rejoindre, l’obligation de faire bonne figure… Quand arrive l’ordre d’embarquer du capitaine-barreur, on souffle à peine car il faut faire preuve d’agilité pour se retourner dans le canot, placer l’aviron et ramer… jusqu’au prochain champ de glace. Adrénaline garantie pour toute la durée de la sortie et allégresse tout autant garantie quand on remettra pied sur la terre ferme !

 

À ceux qui voudraient tenter l’expérience, sachez que l’Isle-aux-Coudres aura d’ici quelques mois son Économusée du canot à glace et qu’une école y sera ouverte l’hiver prochain, avec cours et sorties d’initiation au programme.

Publicité