La Jacques-Cartier par son arrière-pays

Tout le monde s’entiche du ski de montagne, qui consiste à gravir les hauteurs à l’aide de peaux d’ascension et à descendre des versants en quête de poudreuse. Pourtant, rien n’égale, à mon avis, le bonheur de progresser dans la neige folle en ski de fond hors-piste, en traçant des sillons sur des kilomètres et des kilomètres. C’est le genre d’aventure qu’on dévore à la pelletée au parc national de la Jacques-Cartier.

Après 20 km de ski de fond et une ascension presque ininterrompue de 600 m de dénivelé, j’ai les chevilles massacrées par mes grosses bottes de ski hors-piste 75 mm (que je n’avais pas cassées au préalable, donc ma faute), le dos trempé de sueur refroidie me faisant frissonner, et un estomac vide qui rêve d’une poutine comme jamais. Je devrais être au bord du désespoir et de l’écœurantite aiguë. Or, je suis euphorique.

Mon ami Martin Roldan et moi marquons une courte pause sur les rives du lac à l’Épaule, vaste étendue d’eau du parc national de la Jacques-Cartier au panorama sublime. Dans quelques kilomètres, nous terminerons une de mes plus belles expéditions de ski à vie : trois jours de ski hors-piste dans les contrées enneigées de ce parc. Malgré l’absence de douche durant ces trois jours, 65 km de ski au compteur et 1200 m de dénivelé positif, j’ai le sourire collé au visage.