La mecque rimouskoise du ski de fond
À une vingtaine de kilomètres de Rimouski, le centre de plein air Mouski offre une qualité de glisse et un kilométrage digne des grands centres, sur un plateau recevant une importante quantité de neige. Un rendez-vous de glisse à ne pas manquer lors de votre prochain passage dans le Bas-Saint-Laurent.
L’imposant chalet de ski du centre de plein Mouski en jette. Avec sa capacité de 200 personnes assises, il est presque aussi vaste qu’un chalet d’une station de ski alpin. À l’intérieur, un énorme comptoir trône là où il y avait autrefois un bar. On imagine tout de suite que ce bâtiment n’a pas été construit uniquement pour réchauffer les fondeurs ou les inciter aux après-skis revigorants.
« Plein de choses se sont passées ici. Le bâtiment a déjà été un relais de motoneige et même un cabaret de danseuses », mentionne Francis Roy, président du conseil d’administration de la coopérative de ski de fond Mouski. Heureusement, ces jours sont révolus. Les danseuses peu vêtues se sont rhabillées et les grosses bières laissent désormais la place aux sportifs qui s’excitent comme des lapins lorsque les conditions de neige sont bonnes. On n’arrête pas le progrès.
Le club Mouski – du premier nom de l’association – a vu le jour sous différentes formes dans les années 1970. Les émules de Herman « Jackrabbit » Smith Johannsen se réunissaient auparavant dans le secteur de la station de ski alpin Val-Neigette (fermée depuis 2018). « Les pistes circulaient sur des terrains privés. Il y avait constamment des problèmes de droit de passage, me racontent les vieux de la vieille du club », explique Francis Roy.
En 2002, le club Mouski déménage ses pénates aux abords du Grand lac Macpès, dans ce qui avait été connu sous la dénomination de Club des raquetteurs. À cette époque, relate un article de journal, les 80 fondateurs ont fourni 500 $ chacun pour l’achat d’une surfaceuse. La caisse Desjardins et la Ville de Rimouski, entre autres, ont également contribué à la cagnotte. Le bénévolat a fait le reste. Tout se fait sans salaire ici : l’administration, l’entretien, les corvées, etc. Seuls les traceurs de pistes, les braves qui doivent se lever aux aurores, sont payés pour leur travail.
De nos jours, le centre plein air de la coop, qui compte au-delà de 200 membres, propose 30 km de pistes tracées pour le pas classique et 21 km pour le pas de patin. Sur le parcours, quatrerefuges sont à la disposition des fondeurs. Le réseau s’étend dans la forêt Macpès, des terres publiques sous la responsabilité de la Forêt d’enseignement et de recherche Macpès du cégep de Rimouski. « Nos pistes passent à travers un ravage de cerfs de Virginie. Les possibilités d’en apercevoir sont donc très bonnes », souligne mon guide.
Diversité
Les chemins skiables se distinguent par leur variété : du grand boulevard où l’on skie côte à côte, ce qui permet de jaser tout en s’activant, jusqu’aux sentiers étroits et pentus. On glisse sur des tourbières gelées, on traverse pinèdes et cédrières, et on se baigne presque dans le Grand lac Macpès, une immense étendue d’eau sauvage qui borde le territoire.
Côté précipitation, les Mouskois sont plutôt choyés, à 140 m d’altitude. « Ici, il y a au moins 4 ou 5 degrés de différence de température entre le centre-ville de Rimouski et le centre de plein air Mouski, qui se trouve dans le secteur de Sainte-Blandine. Résultat : quand il pleut en ville, ça tombe souvent en neige ici », remarque Francis Roy, qui depuis une dizaine d’années s’implique bénévolement dans la coopérative Mouski. De la neige, il y en a même un peu trop pour les besoins du centre. « Chaque année, nous fermons en avril, et ce n’est pas faute de neige, mais de skieurs », observe Francis Roy.
La coop Mouski se démarque également par son association avec l’école de ski Mouski nordique, qui entraine une centaine de jeunes par année. « Nous avons la chance d’avoir une coach de niveau 3, Annik Gagné, pour diriger l’école », dit Francis Roy. La coop offre aussi aux adultes des cours de perfectionnement en ski classique et en pas de patin – il n’est jamais trop tard pour améliorer sa technique. Le centre vient de se doter d’un rouleau à neige, qui sera utilisé dès cette saison. « Cet équipement sert à taper la neige quand la quantité n’est pas assez épaisse pour sortir la dameuse. Ça pourrait nous permettre d’ouvrir plus tôt en saison, selon la météo », souhaite Francis Roy.
Côté attrait touristique, il est possible de skier hors des pistes jusqu’à la chute du Grand Sault, là où la rivière Rimouski dévale de 20 m avant de s’engouffrer dans un canyon. « Cette section de la piste 3 n’est plus entretenue en raison d’un pont endommagé qui bloque le passage de la dameuse. Mais les fondeurs circulent sur le pont sans problème », atteste Francis Roy. Un détour qui en vaut la peine.
RAQUETTE
Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de tester les pistes de raquette du centre de plein air Mouski. Bien que le territoire soit peu montagneux, les pistes d’une longueur combinée d’une quinzaine de kilomètres ne seraient pas plates, m’assure mon guide personnel. « Elles s’enfoncent dans de magnifiques forêts, longent des cours d’eau comme le Grand lac Pointu et le ruisseau du Lac Chaud, et présentent aussi quelques défis. Le passage de certaines sections s’effectue à l’aide de cordes », soutient Francis Roy. Quand il m’a dit ça, j’ai tout de suite regretté ma trop courte visite des lieux. Si seulement Rimouski n’était pas à 500 km de chez moi.
En bref
La mecque du ski de fond à Rimouski: le centre de plein air de la coopérative de ski de fond Mouski.
ATTRAIT MAJEUR
Un réseau impeccable.
COUP DE CŒUR
La piste 2 qui frôle le Grand lac Macpès.
À NOTER
Les chiens sont interdits dans les sentiers de raquette (et de ski de fond bien évidemment).







