Un discret joyau de la randonnée près de Québec
Quoiqu’il attire chaque année de nombreux visiteurs, le parc naturel régional de Portneuf demeure un secret relativement bien gardé parmi les lieux de plein air à proximité de Québec.
Quand vient le temps d’organiser une sortie de randonnée pédestre dans la région de Québec, ce sont souvent les mêmes destinations qui s’imposent, compte tenu de leurs sommets connus et de leurs grandioses panoramas. Pourtant, le parc naturel régional de Portneuf mérite largement sa place parmi les incontournables. Moins médiatisé que d’autres territoires prisés, ce terrain de jeu de 70 km2 offre cependant une impressionnante diversité de sentiers, de points de vue et d’ambiances forestières particulièrement éclatantes à l’automne.
En raison des 85 km de sentiers pédestres, la randonnée est d’ailleurs le principal produit d’appel de ce parc situé à seulement une heure de la ville de Bruno Marchand. Apparaissant sur d’immenses forêts où se mélangent érables à sucre et bouleaux jaunes, au travers desquels s’invitent divers conifères, les couleurs sont extraordinairement flamboyantes.
À notre arrivée au pavillon d’accueil, à Saint-Alban, quelle surprise de voir le stationnement bien rempli et les agents du parc joyeusement affairés à conseiller une clientèle nombreuse en cette journée automnale fraîche et ensoleillée ! Dans le calme et le respect, chacun planifie son itinéraire du jour selon ses envies : randonnée de niveau facile à difficile, balade familiale, hébertisme, planche à pagaie et autres activités nautiques, escalade et même visite de grottes, de falaises et de canyons.
Malgré l’achalandage plus remarqué à l’automne, l’étendue du territoire et la variété des activités invitent naturellement les gens à se disperser dans ses quatre secteurs. Celui des gorges de la rivière Sainte-Anne, réputé pour ses gorges et le Trou du Diable, nom donné à une caverne, borde le cours d’eau de Saint-Alban à Saint-Casimir. Le secteur des lacs Long et Montauban, accessible par Saint-Alban, se démarque par ses falaises, ses marmites et des nappes d’eau. Le secteur des lacs et celui du lac Carillon sont reconnus pour la villégiature.
Le plus beau point de vue du parc
C’est donc dans le calme absolu que nous entamons une randonnée d’environ 26 km combinant les sentiers des Sommets et de la montagne de la Tour ainsi qu’une portion de celui des Chutes à Marcotte, dans le secteur des lacs Long et Montauban.
Les sentiers serpentent entre forêt et rives du lac Long. Les feuilles sèches crépitent sous nos pas. Attirés par le symbole de longues-vues sur la carte du parc, qui laisse entendre la présence d’un point de vue, nous nous dirigeons tranquillement vers le sommet de la montagne de la Tour. Quelle agréable surprise, une fois là-haut, à notre toute première visite dans ce parc, que cette vue inattendue qui s’ouvre sur cette gamme de couleurs !
L’endroit se révèle parfait pour des photos souvenirs et des égoportraits, prétexte qui nous donne l’occasion d’échanger avec des touristes français. Guidés par la fameuse « carte interactive des couleurs » du Québec, ceux-ci se disent très satisfaits des deux heures et demie de route depuis Montréal qui, en cette deuxième semaine d’octobre, ont permis de venir admirer cette particularité du territoire québécois.
Une cohabitation bien maîtrisée
Les visiteurs en quad se prêtent eux aussi au jeu des photos devant ce splendide décor. Car une des fiertés du parc est celle d’avoir réussi, au fil des ans, à favoriser une cohabitation harmonieuse des usages. Quoiqu’il ne fasse pas la promotion des activités motorisées, le parc fait se voisiner adeptes de plein air, utilisateurs de VTT et de bateaux motorisés, chasseurs et propriétaires privés, un équilibre délicat qui permet d’accueillir près de 150 000 visiteurs par an tout en respectant les résidents.
Le parc planifie acquérir d’autres terrains et aménager entre 30 et 40 km de sentiers supplémentaires dans les dix prochaines années, ce qui donnera accès à de nouveaux secteurs en plus d’assurer la quiétude du parc, que souhaite à tout prix préserver l’organisation en place. « La superficie de notre réseau de sentiers permet d’être facilement en communion avec la nature », explique Sébastien Perreault, qui s’implique depuis 1997 dans la préservation et la protection de ce territoire d’exception.
L’envie d’y retourner
Les yeux comblés, les jambes fatiguées et de beaux souvenirs en tête, nous rebroussons chemin vers la rivière Noire, la décharge du lac Long, où nous avons laissé la voiture en début de journée. Le soleil de fin d’après-midi plombe sur la gigantesque paroi rocheuse de l’autre côté de la rivière, accentuant les teintes jaunes et orangées de la forêt ambiante. Le spectacle invite à la contemplation, dans laquelle nous nous oublions, assis sur un immense tronc abandonné par les eaux. L’eau est glaciale, mais la tentation est trop grande : une trempette s’impose. L’onde pure et cristalline revigore nos corps fatigués, devant les campeurs amusés.
Quittant le lieu ravis de notre escapade, nous en concluons que si le parc naturel régional de Portneuf est aussi populaire sans faire beaucoup de publicité, c’est qu’il suffit d’y mettre les pieds une seule fois pour avoir envie d’y retourner.
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Une signature géologique saisissante
La géologie du parc est le coup de cœur du directeur général, Sébastien Perreault, qui recommande la visite des marmites de géant de la rivière Noire, le long du sentier des Chutes à Marcotte, un phénomène naturel formé par l’abrasion des rochers lors de la dernière glaciation. « La morphologie du secteur crée une ambiance spéciale. La fraîcheur est remarquable l’été, et on peut y prendre des photos exceptionnelles », mentionne-t-il.
En bref
Une longue randonnée d’une journée en empruntant plusieurs sentiers dans le secteur des lacs Long et Montauban.
ATTRAIT MAJEUR
Les spectaculaires marmites de géant creusées dans le roc par la rivière Noire, via le sentier des Marmites et celui des Chutes à Marcotte dans le secteur des Lacs, auquel on accède par Saint-Alban.
COUP DE CŒUR
La vue sur les paysages de Portneuf parés des couleurs d’automne, à partir du sommet de la montagne de la Tour.



