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Équipement

Guide d’achat de kayaks de mer 2011

12-07-2011


Il y a kayak… et kayak!

Le kayak de mer est une des plus vieilles embarcations qui soient, avec la pirogue. Il a su bien vieillir; d’ailleurs, ses formes ont peu changé avec toutes ces années. Les qualités marines de cette embarcation la destinent aux longues sorties sur un plan d’eau de grande dimension. Selon le type de sortie, le type de kayak et la nature du plan d’eau, il ne faut parfois qu’un minimum de connaissances et de techniques pour aller sur l’eau. Le kayak de randonnée, quant à lui, offre aussi la possibilité de longues sorties, mais sur une plateforme généralement plus stable, plus facilement domptable. Le kayak récréatif, enfin, est le prêt-à-porter du kayak, l’embarcation la moins dispendieuse, la moins exigeante… et qui donne par conséquent une moins bonne performance.

Bien qu’il existe des kayaks de mer dits sit on top, la grande majorité sont des sit in; on s’assoit donc à l’intérieur du cockpit, bien calé pour faire corps avec l’embarcation, ce qui offre une protection contre le froid et fournit un contrôle accru de l’embarcation.

De façon générale, un kayak de mer est long; on parle de 16 à 18 pi (4,9 à 5,5 m) pour une embarcation solo et de 20 à 22 pieds (6 à 6,7 m) pour un kayak tandem. Grâce à cette longueur, il peut atteindre la vitesse nécessaire pour parcourir de grandes distances en un temps raisonnable (et donner une bonne sensation de glisse) et peut aussi se battre contre les courants. Elle lui donne au surplus la stabilité directionnelle pour faire échec aux vents latéraux et la capacité de charge pour contenir tous les bagages requis pour une sortie de quelques jours. Un kayak de mer est relativement étroit (20 à 23 po ou 51 à 58,5 cm pour un solo; 26 à 32 po ou 66 à 81 cm pour un tandem) pour la vitesse, bien sûr, pour la position de pagaie améliorée (l’eau est plus près…), mais aussi pour le contrôle en cas de gîte.

Enfin, il est peu gironné. Sa courbure longitudinale est donc relativement faible, ce qui le rend nettement moins manœuvrable qu’un kayak d’eau vive, par exemple.

Un kayak marin
«Marin» désigne une combinaison de facteurs alliant choix des matériaux, forme et accessoires utilisés. Un kayak marin aura les qualités pour affronter les rigueurs d’un grand plan d’eau sujet à développer vents, vagues et courants. C’est dire qu’il offrira peu d’emprise au vent latéral (il aura peu de fardage). Son franc-bord sera faible et ses ponts, peu élevés. Comme un voilier, il aura une légère tendance à remonter au vent alors qu’il avance sans gouvernail ou dérive, ce qui est plus sécuritaire que de descendre avec le vent.

La construction et les matériaux seront assez solides pour supporter un accostage ou une mise à l’eau un peu rock and roll ou même une collision inattendue avec un récif à fleur d’eau. Le pont avant et l’hiloire seront aussi suffisamment solides pour y déposer un kayak lors d’une récupération en T. Des caissons étanches – un à l’avant et l’autre à l’arrière – assureront la flottabilité du kayak même dans l’éventualité où le cockpit serait noyé, ce qui l’empêchera de couler à pic et permettra même d’être pagayé, plein d’eau. Le siège, le dossier, les cale-genoux et les cale-pieds assureront au pagayeur de faire corps avec le bateau, ce qui permettra de transférer toute la puissance du coup de pagaie au kayak comme tel, mais aussi de contrôler l’embarcation en gîte, de faire des appuis et même des esquimautages. L’accastillage sera robuste, inoxydable, et la lèvre de l’hiloire permettra de tenir fermement une jupette afin d’éviter l’implosion, si une vague venait s’y briser, ou l’explosion, dans le cas où le kayakiste serait en gîte (ou la tête en bas, sous l’eau).

Enfin, une ligne de vie au diamètre généreux, bien fixée au pont, fera le tour complet du kayak, pour ces moments où les mains froides et mouillées d’un nageur veulent s’agripper à un kayak qui a tendance à s’éloigner par grand vent. Pour toutes ces raisons, et quelques autres, un kayak de mer est dit marin!

Dérive ou gouvernail?
Bien que non essentielle, la présence d’une dérive ou d’un gouvernail est souhaitable. Le gouvernail se retrouve le plus souvent sur les kayaks de type nord-américain, plus larges et plus volumineux. Presque tous les tandems en sont d’ailleurs munis. Les dérives, quant à elles, équipent généralement les kayaks de type groenlandais. Les deux ont des inconvénients et des avantages. Le gouvernail permet de garder le cap et faire ainsi contrepoids au vent latéral, mais il permet aussi de faire tourner l’embarcation en poussant sur les cale-pieds coulissants. Son safran peut toutefois sortir de l’eau lors des surfs ou par mer agitée, ce qui en diminue l’efficacité; les câbles et surtout les supports du safran présentent un danger lors des récupérations, et un gouvernail en position rétractée (c’est-à-dire sur le pont) offre une certaine emprise au vent. Quant aux cale-pieds, certains sont spongieux en raison de leur double fonction.

De son côté, la dérive ne sert qu’à garder le cap. On la fera descendre plus ou moins profondément selon la force du vent latéral. Elle ne peut donc pas contribuer à faire tourner le kayak; il faudra pour ce faire user d’une bonne technique de pagaie. Bien cachée dans son puits, elle occupe toutefois un certain espace dans le caisson arrière, ce qui en limite l’espace de rangement. Je dois avouer que j’ai un petit faible pour les dérives, mais c’est affaire de goût.

Thermoplastique ou fibre?
Les matériaux, quant à eux, vont du thermoplastique aux matériaux composites, comme la fibre de verre, la fibre de kevlar ou de carbone. Si les thermoplastiques résistent bien aux chocs et coûtent moins cher à l’achat, ils souffrent toutefois d’une masse plus considérable et d’un manque de rigidité (dans certains cas…) désolant. Les fibres sont plus fragiles et plus dispendieuses, mais leur masse inférieure et surtout leur rigidité leur confèrent des qualités nautiques intéressantes.

Il y a aussi des kayaks entoilés ou de bois, qui affichent des qualités esthétiques au détriment de la robustesse, bien souvent. Mais là, j’entends déjà s’élever des voix; ça dépend, bien sûr, de tant de facteurs! Bref, du côté des matériaux, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets.

Coup d’œil sur le marché
Au Québec, le marché du kayak de mer a atteint une certaine maturité. Ce n’est plus la croissance fulgurante de ses débuts, et on commence à voir des acheteurs qui recherchent un deuxième voire un troisième kayak, plus adapté à leur pratique, à leur technique.

La vente des accessoires suit aussi la tendance. Le pagayeur recherche de plus en plus un accessoire de qualité. Ainsi, la pagaie choisie sera souvent fabriquée de fibre de verre, de carbone ou de bois (et non de plastique), ce qui, encore une fois, l’allège et lui donne plus de rigidité. Elle sera souvent démontable afin de prendre moins de place lors du rangement mais aussi de servir de pagaie de rechange, glissée sous les élastiques de pont. Son manchon n’aura pas de jeu une fois serré, permettra d’ajuster l’angle des pales et même la longueur hors tout de la pagaie. Le VFI (vêtement de flottaison individuel) sera avant tout confortable, la pompe sera efficace et la corde de remorquage ne sera plus rangée dans un simple sac mais plutôt intégrée à une ceinture de remorquage. La jupette de nylon pourrait être reléguée à un rôle de soutien alors que celle de néoprène, plus chaude (ce qui est souvent un avantage en eau froide mais pas forcément sur un lac au mois de juillet…), offre une meilleure étanchéité et une meilleure élasticité. Enfin, le traditionnel sifflet sans bille fera toujours l’affaire…

[Nathalie, dans la colonne de droite du tableau, mais aussi dans les unités de mesure des tableaux des modèles, ce serait plus adroit d’ajouter le « de » étant donné la présence du « à ». Ex. de 2000 à 5000 ou de 5,02 à 5,33 m.

Budget
Équipement obligatoire Coût approximatif ($)
Kayak solo de 2000 à 5000
Pagaie de 200 à 400
VFI de 150 à 200
Trousse de sécurité Pompe de 30
Sifflet de 5 à 10
Ceinture de remorquage de 60 à 100
Jupette de néoprène de 60 à 100
Total partiel de 2505 à 5840

Équipement facultatif
Barres de toit et support à kayak
pour le transport sur l’automobile de 250 à 500
Deux sacs étanches 50
Ballon de pagaie de 40 à 60
Combinaison isothermique en néoprène (genre Farmer John ou Jane) [??? Ce sont des marques?] de 100 à 150
Anorak de pagaie de 100 à 500
TOTAL de 3045 à 7100

Pourquoi pas un d’occasion?
Il n’y a pas que du neuf… Un bon kayak d’occasion pourrait très bien faire l’affaire, surtout s’il est à moitié prix. Il faudra généralement être plus patient, plus ouvert quant aux modèles et un peu plus connaissant. Où trouver? Les petites annonces, plus particulièrement celles spécialisées, présentent souvent plusieurs bateaux. Les sites Web traitant de kayak, comme celui de Kayak de mer dans le nouveau monde (www.w10.ca/kayakdemer/annonces/avendre.php) et ceux des clubs (Kayaclick, Chinook, Squall, Le partage des eaux…), même s’ils n’ont pas tous une section de petites annonces, permettent d’affiner la recherche. Enfin, il y a les pourvoyeurs d’aventures et les boutiques qui organisent des ventes de fin de saison en… juillet!

À quoi être attentif? C’est le point délicat. Il faut savoir faire la part des choses entre un défaut cosmétique et un autre de structure, une aubaine et une arnaque… Il faut avoir l’œil pour toute perforation ou déchirure de la coque ou de l’hiloire, une détérioration par les ultraviolets, l’usure excessive particulièrement sous le siège, un gouvernail ou une dérive en mauvais état (câble coincé dans sa gaine, safran tordu…), la délamination de la fibre ou une déformation exagérée du plastique, etc. Dans le doute, s’abstenir.

La mer pour tous les goûts et toutes les grandeurs…
Fabricant: Boréal Design, www.borealdesign.com
Série Baffin

Longueur: 5,02 à 5,33 m (16 pi 6 po à 17 pi 6 po)
Largeur: 53,3 à 58,4 cm (21½ po à 23 po)
Hauteur du pont: 30,5 cm (12½ po)
Forme de la coque: fond semi-arqué, bouchain vif
Volume: 345 à 415 l (75,9 à 91,3 gal Imp)
Masse: 20,9 à 27,2 kg (46 à 60 lb)
Équipement: caisson de jour, dérive
Prix suggéré par le fabricant: 1999 $ (plastique); 3499 $ (fibre de verre)
La série Baffin propose des kayaks polyvalents de style groenlandais en trois formats (petit, moyen, grand) et en quatre matériaux (plastique, fibre de verre, fibre de kevlar, fibre de carbone). Ce sont des kayaks relativement longs et étroits qui sauront plaire au pagayeur intermédiaire ou expérimenté qui recherche un bon compromis entre vitesse, stabilité et capacité de charge.

La mer comme terrain de jeu
Fabricant: Point 65, www.point65.com
Modèle: Whisky 16

Longueur: 4,89 m (16 pi)
Largeur: 56 cm (22 po)
Forme de la coque: fond semi-arqué, bouchain vif
Masse: 25 kg (55 lb)
Équipement: caisson de jour et tube avant, dérive avec option gouvernail
Prix suggéré par le fabricant: 2899 $ (fibre de verre)

À regarder la forme de la coque, on y reconnaît la touche de Nigel Foster, celui-là même à qui on doit la série Silhouette / Legend / Shadow chez Seaward. Le Whisky est toutefois différent. Dessiné pour être avant tout un kayak agile, il est à l’aise dans le surf et les espaces restreints entre les récifs. Stable, il n’est pas le plus rapide ni le plus volumineux des kayaks. Fortement gironné, il tourne sur un dix sous, son fond plat favorise le surf et son volume important à l’avant prévient l’enfournage. Si les vagues de Skookumchuck sont dans votre mire, le Whisky est à considérer!

La mer comme piste de course
Fabricant: Stellar, www.stellarkayaks.com
Modèle: S18

Longueur: 5,5 m (18 pi)
Largeur: 32 cm (21½ po)
Hauteur du pont avant: 32 cm (12,6 po)
Forme de la coque: fond semi-arqué, bouchain arrondi
Masse: 13 à 22,6 kg (28,5 à 49,5 lb)
Équipement: gouvernail
Prix suggéré par le fabricant: 2425 à 3080 $ (fibre de verre); 4120 $ (kevlar); 5690 $ (carbone)

Long et effilé, ce kayak a été dessiné pour couvrir rapidement de longues distances. Sa bonne capacité de charge en fait aussi un bateau d’expédition pour ceux qui aiment la glisse. Les ponts assez élevés le rendent sec et sa longueur contribue à l’empêcher de taper dans la vague. Ce n’est toutefois pas un bateau pour jouer près des côtes, car il n’est pas très agile. Son faible poids et sa grande vitesse de pointe en font une vraie machine de course.

La mer à partager à deux
Fabricant: Seaward, www.seawardkayaks.com
Modèle: Passat G3

Longueur: 6,7 m (22 pi)
Largeur: 66 cm (26 po)
Hauteur du pont : 38,1 cm (15½ po)
Forme de la coque: fond semi-arqué, bouchain arrondi
Volume: 694 l (152,6 gal Imp)
Masse: 40,8 kg (90 lb)
Équipement: caisson central, siège d’appoint, gouvernail
Prix suggéré par le fabricant: 5085 $ (fibre de verre)

De tous les kayaks de mer, les tandems sont les modèles les moins vendus à des particuliers, probablement en raison de leur longueur et de leur masse imposantes. Ils sont toutefois populaires auprès des pourvoyeurs d’aventures, dans leur version plastique. Ainsi, la plupart des tandems qu’on voit sur l’eau sont larges et stables. C’est justement ici que le Passat G3 se démarque: il est plus effilé, plus rapide et plus agile que la moyenne. Vive les gîtes et les esquimautages, en tandem! Son caisson central étanche le rend encore plus sécuritaire et permet même d’y fixer un siège pour enfant optionnel, question de tripler le plaisir…

La mer sans soucis et sans compromis
Fabricant: P&H, www.phseakayaks.com
Modèle: Scorpio, versions 168 et 170

Longueur: 5,09 ou 5,16 m (16 pi 7 po ou 16 pi 11 po)
Largeur: 54 ou 56 cm (21 po ou 22 po)
Hauteur du pont avant : 32 ou 35 cm (12,6 po ou 13,7 po)
Forme de la coque: fond en V arrondi, bouchain arrondi
Volume: 285 ou 305 l (75 ou 80,5 gal Imp)
Masse: 25 ou 28,5 kg (55 ou 63,5 lb)
Équipement: caisson de jour, dérive
Prix suggéré par le fabricant: 1975 $ (sandwich de polyéthylène)

Ce n’est pas un secret: les kayaks de plastique sont plus résistants aux chocs que leurs cousins en composite. Un tel kayak suscite moins d’inquiétude quand c’est le temps de mettre à l’eau dans les roches ou de faire un accostage délicat entre les récifs. Se démarquant par sa structure en trois couches (une mousse bordée de deux couches de polyéthylène), le Corelite de P&H est relativement léger, très résistant aux chocs et à l’abrasion et surtout, surtout, rigide! Wow! Les plaisirs combinés d’une coque qui ne se déforme pas au soleil ou dans les vagues et d’une coque sans entretien. Le Scorpio se décline en deux versions: standard (170) et petit volume (168). Son style groenlandais est marqué par son pont surbaissé laissant moins d’espace pour les jambes et les bagages, certes, mais offrant aussi moins d’emprise au vent et facilitant les manœuvres d’esquimautage. Bref, un kayak de plastique pour pagayeur exigeant.

 

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