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Don de vies

30-04-2015

Au-delà du drame humain et de l’empathie profonde ressentie à l’égard du peuple népalais, ce séisme relance encore une fois cette question lancinante qui vous habite autant que moi, amoureux du plein air : que puis-je faire pour aider ? Comment puis-je rendre un peu à ce pays qui m’a tant donné? Ou qui me donnera un jour?…

Pour m’aider à y voir un peu plus clair, je me suis entretenue avec Myrian Marotte, directrice des communications à la Croix-Rouge, l’un des organismes d’aide humanitaire internationale les plus actifs sur la planète. Sur les 194 pays représentés par l’ONU, 189 possèdent une antenne locale de la Croix-Rouge qui intervient, en priorité, dès qu’arrive une catastrophe. Après, si les besoins excèdent l’aide locale, des missions sont expédiées pour palier aux nécessités.

Sur place, à travers le pays, 75 sections de la Croix-Rouge sont en opération depuis les premières heures du drame. Mais devant l’étendue des besoins, l’aile canadienne de l’ONG a réagi rapidement.

Au moment ou j’écris ces lignes, un avion vient d’atterrir à Katmandou avec, à son bord, 22 délégués canadiens et un hôpital de campagne spécialisé en pédiatrie et en obstétrique. (Le Japon fait de même en chirurgie et la Norvège en trauma). Cet hôpital mobile est évalué à 3 millions de dollars et est financé, pour un tiers, par le gouvernement fédéral.
D’autres équipes oeuvrent sur d’autres dossiers cruciaux dont dépend aussi la santé publique: assainissement de l’eau, réparation des communications, rétablissement des axes routiers, etc.

Bref, les pros de l’aide humanitaire sont en place. Reste la question de financer tout ça.

Il y a deux jours, le gouvernement canadien s’est engagé à verser à la cause du Népal un «don de contre-partie», qui consiste à doubler la somme qui aura été recueillie par les dons privés (autres que ceux émanant d’entreprises) recueillis par l’ensemble des ONG intervenant au Népal. Pour l’heure, 8 millions de dollars ont déjà été amassés par la Croix-Rouge.
«Les gens ont souvent le réflexe de vouloir envoyer du matériel, explique Myrian Marotte et, ce, avec la meilleure intention du monde. Mais la gestion de stocks massifs a pour conséquence d’engorger un système de circulation déjà ralenti par les effets de la catastrophe. Le mieux, pour aider vraiment, est de faire un don en argent (contre reçu d’impôts).» Logique, surtout quand on sait que les frais de collecte de fonds n’excèdent pas 5% des sommes recueillies.

Qu’on ne s’y trompe pas : les besoins individuels et collectifs, au Népal, vont être énormes – et longs. La preuve : l’équipe d’intervention canadienne prévoit y demeurer six mois avant de transférer l’hôpital de campagne aux équipes de la Croix-Rouge locale. Quand on sait que 5 ans après le séisme survenu en Haïti, l’ONG est toujours sur place…

Bref, comment aider? En donnant. L’équation peut sembler un peu matérialiste, mais elle est furieusement vraie. Les ONG ne manquent pas : OXFAM, UNICEF, Médecins sans frontières, CARE. «L’important, insiste Myrian Marotte, c’est d’avoir confiance en l’ONG auquel on donne. Si le don est émotif, il doit reposer sur une exacte connaissance de son utilisation.»

Après ça, on peut aussi aider le pays à se redresser en planifiant un trek avec une agence locale. Le tourisme y est la première source de revenus… Et le Népal aura grand besoin de ces retombées financières.  Encore l’argent. Mais l’argent peut servir aussi à de nobles causes…

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