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Lumière d’automne sur Percé

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Crème solaire, j’t’ai dans la peau!


illustration: Anne Villeneuve

La meilleure façon de se protéger du soleil est d’éviter de s’exposer… autant que possible. Donc, vaudrait mieux privilégier les vêtements qui couvrent bien (chemise ou chandail à manches longues, pantalon, chapeau à large rebord, etc.). Certains manufacturiers indiquent même un facteur de protection solaire (FPS) sur leurs vêtements.  Mais quand il fait chaud, les manches longues n’ont pas beaucoup la cote. Il devient alors primordial de protéger sa peau contre les rayons du soleil.

Faire la lumière sur les crèmes solaires
Les crèmes solaires offertes sur le marché n’ont pas toutes la même efficacité.  Voici un résumé de l’information importante à connaître avant de faire votre choix.

Le FPS
Le «facteur de protection solaire», couramment appelé FPS, donne un indice de la durée pendant laquelle la crème protège la peau des coups de soleil. Cet indice de protection est le même dans tous les pays et est déterminé par des tests standardisés. Mais que représente exactement le chiffre de cet indice de protection?

Voici un exemple : si une personne est du genre à attraper un coup de soleil après 5 minutes d’exposition sans aucune protection, une crème avec un FPS de 30 procurera à cette personne une protection pendant 2 h 30 (FPS 30 x 5 minutes = 150 minutes). Cela dit, plusieurs facteurs influencent aussi la durée de protection: la sudation, le frottement (sable, vêtements, etc.), la capacité de la peau à assimiler la crème, la température, etc. Même si une crème affiche un indice FPS élevé, on doit en appliquer régulièrement pour être bien protégé.

En raison du peu d’assiduité à se remettre de la crème régulièrement, je suggère de choisir une crème avec un FPS élevé (FPS 30 ou plus), susceptible d’assurer une durée de protection maximale. N’oubliez pas d’appliquer la crème au moins 20 minutes avant de vous exposer au soleil. Avant ça, ne faites pas l’erreur de vous découvrir en pensant que la crème vous protégera… rien ne vaut la protection physique des vêtements. Ne perdons pas de vue que tout le monde n’a pas la même sensibilité au soleil ; mieux vaut remettre de la crème un peu plus souvent que pas assez.

Le FPS est un indicateur de l’efficacité de la crème solaire pour parer aux coups de soleil et, par conséquent, mesure uniquement la capacité à bloquer les UVB. Il ne fournit aucune information sur la protection contre les UVA.

Les UVA causent des coups de soleil uniquement s’ils sont présents à très forte dose. Cependant, à long terme, ils entraînent davantage de dégâts que les UVB. Il n’existe pas d’indice de protection contre les UVA qui soit officiellement reconnu à ce jour. Certaines crèmes donnent quand même un indice UVA, mais les méthodes utilisées pour tester cette protection étant différentes d’une marque à l’autre, aucune comparaison n’est réellement possible entre elles.
Le FPS n’est pas la seule donnée importante à considérer pour faire un choix éclairé. Il faut également connaître les ingrédients actifs qui composent la crème solaire.

Il existe deux types de filtres ultraviolets
1 Les filtres chimiques 
Ce sont des composés chimiques organiques qui absorbent la lumière ultra­violette. Ils sont souvent comparés à des éponges. Chaque filtre chimique protège dans une gamme donnée de longueurs d’onde. Pour une protection contre tous les ultraviolets, il faut combiner plusieurs filtres différents. La durée de protection de ces filtres est très variable. Les filtres chimiques sont absorbés par l’épiderme (première couche de peau). Certains filtres chimiques peuvent provoquer des allergies, des irritations ou des réactions photoallergiques. Il faut donc tester la crème sur une petite partie de la peau, question d’éviter les mauvaises surprises.

2 Les filtres minéraux
(écran physique ou filtre physique)

Ils sont constitués de molécules inertes et opaques qui reflètent et dispersent la lumière. Ils sont souvent comparés à des miroirs. L’oxyde de zinc ou le dioxyde de titane sont les deux produits les plus fréquemment utilisés dans les crèmes solaires. Ils bloquent le spectre complet des UV. Les filtres minéraux ne provoquent pas d’allergies. On les retrouve souvent dans les crèmes solaires destinées aux peaux sensibles et aux enfants. Les écrans minéraux ne pénètrent pas la peau; ils restent à la surface.

La plupart des crèmes solaires contiennent des filtres chimiques ou des filtres minéraux, ou une combinaison des deux. Il faut prendre en considération que le sable, le frottement des vêtements et l’eau enlèvent une partie de la crème sur la peau et, donc, diminuent la protection. De plus, certains filtres chimiques sont dégradés par les rayons ultraviolets. C’est pour cette raison qu’on conseille de renouveler régulièrement l’application de la crème.

Devant la très grande variabilité d’efficacité des filtres chimiques dans les crèmes solaires, les filtres minéraux restent LE choix de protection par excellence.

Des ingrédients à éviter
Prenez l’habitude de lire les composantes d’une crème avant de l’acheter et posez des questions à votre pharmacien. Certains ingrédients actifs qui se retrouvent dans les crèmes solaires ne sont malheureusement pas très bons pour la santé. (Même dans les crèmes destinées aux enfants!)

❱ L’oxybenzone (aussi appelé benzophénone-3)
Cet ingrédient figure sur la liste des 146 perturbateurs endocriniens identifiés par la Commission européenne.

❱ Le 4-méthylbenzylidène camphre (4-MBC)
Il a été démontré qu’il affecte le fonctionnement de la glande hypophyse.

❱ Le retinyl palminate (vitamine A)
Il a été démontré qu’il accélère la croissance de tumeurs en présence d’UV1.

Faits troublants
Au Canada, les crèmes solaires sont considérées comme des médicaments et non comme des produits cosmétiques. Par conséquent, les fabricants ne sont pas tenus d’indiquer tous les ingrédients inactifs ou non médicinaux qu’ils utilisent, même si plusieurs le font de bonne foi.

Aucune obligation non plus pour les fabricants de crèmes solaires d’indiquer l’utilisation de nanoparticules, des particules qui ont été réduites à des degrés infimes pour des raisons d’esthétisme principalement. Par exemple, certains fabricants réduisent les molécules de dioxyde de titane en nanoparticules afin d’éviter le film blanchâtre que cette substance laisse sur la peau2. Résultat : ces nanoparticules sont susceptibles de pénétrer la peau, au lieu de rester en surface. Elles peuvent donc se retrouver dans le sang et entrer dans certaines cellules, ce qui présente un risque certain pour la santé. •

 1 Pour plus d’information sur les composants chimiques à éviter, consultez le site Internet de l’entreprise Green Beaver (www.greenbeaver.com) ou encore, le site d’Environmental Working Group (www.ewg.org, en anglais) pour comparer les différentes marques de crèmes solaires offertes sur le marché.

2 Il a été démontré que les nanoparticules de dioxyde de titane peuvent entraîner des dommages à l’ADN (donc potentiellement des cancers) lorsqu’elles sont administrées oralement à des souris. On pense qu’elles pourraient avoir le même effet lorsqu’elles sont absorbées par la peau humaine.

L’entreprise canadienne Green Beaver propose des crèmes solaires bios. Elle commercialise une crème solaire à base d’oxyde de zinc avec un FPS 30 ainsi qu’un baume pour les lèvres, et tous deux affichent la certification Ecocert. (www.ecocertcanada.com)

Nous tenons à remercier François Bergeron, docteur en biochimie, et Philippe Daigle, biologiste, qui ont fait la révision scientifique de ce texte.