Transformation extrême

C'est l'histoire de destins contrariés. De vies dont le cours a changé quelque part entre 2012 et 2013. Comme si une porte s'était entrebâillée sur une chose jusque la inconnue: l'ascension d'une haute montagne.

Ces 25 candidats au changement ont entrepris leur demarche il y un an. Un défi lancé par un parent, un deuil à surmonter, une crise à passer… Chacun d'eux a sa propre histoire, sa propre bougie d'allumage pour s'être lancé à l'assaut d'un 6000 mètres sans n'avoir jusque là vu la haute montagne qu'à la télé.

Chacun d'eux a sauté pieds joints dans l'aventure d'une collecte de fonds (10 000 $ à amasser), d'un entraînement physique intensif (pour des sédentaires purs et durs) et d'une initiation à l'équipement "high tech".

Durant 10 jours, chacun d'eux a sondé sa détermination, a cotoyé le découragement, a surmonté l'inconfort ou la douleur pour arriver, un beau matin, sur le toit de l'Afrique à quelque 5895 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Foi de témoin, il fallait avoir le coeur bien dur pour rester insensible à la valse des émotions qui s'est jouée ce matin-là sur le coup des 9 heures. D'autant qu'on avait le Uruhu Peak pour nous tous seuls, partis qu'on était du cratère Kibo ou on avait passé une nuit plutôt agitée à 5600 mètres et des poussières.

Banderoles de commanditaires déployées, photos de chers disparus aux quatre vents; bien des larmes ont coulé enfin après des mois de gestation. C'était là, dans ces quelques minutes qui comptent pour toute une vie, que se sont conclus dix jours d'efforts massifs. Après… c'était juste la promesse pressante d'une douche, d'un lit et d'un afflux d'oxygène réparateur.

Bien après tout ca, ce sera la vie qui recommencera, mais avec quelque chose en plus: le sentiment d'être allé au bout, d'avoir cotoyé ses propres limites et de reprendre contact avec ses (infinies) forces intérieures. De quoi occuper toute une vie.