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Débats

Après l’achat local, place au tourisme de proximité

05-12-2018
Tourisme de proximité - débat

Quand on se déplace à l’autre bout du monde pour profiter de la nature, on n’aide pas beaucoup celle-ci…

Il y a quelques années, au boulot, mon équipe et moi avons été mandatés pour évaluer les impacts environnementaux d’une douzaine de stations de ski au Québec. Fabrication de neige artificielle, consommation énergétique, déboisement et érosion des sols, gestion des eaux pluviales… On s’entend pour dire que les activités de glisse pratiquées en station ont des impacts non négligeables.

C’est du moins ce que je pensais. Sauf que, quand nous avons obtenu les résultats, j’ai eu un choc. Le portrait était loin d’être celui auquel je m’attendais.

Sans dire qu’ils sont négligeables, tous les impacts des activités d’une station ne font pas le poids en comparaison de ceux liés au transport des skieurs à partir de leur résidence. La distance entre les centres urbains et les stations y est pour beaucoup.

C’est si important que le simple fait de mettre des affiches invitant les visiteurs à couper leur moteur dans le stationnement permet de faire un gain plus grand que de remplacer les dameuses au diesel – les tracteurs à chenilles qui entretiennent les pistes – par des dameuses 100 % électriques. Imaginez maintenant le gain réalisé grâce au covoiturage !

Cela dit, les effets du transport ne se limitent pas qu’aux stations de ski. C’est vrai pour la plupart des activités de plein air : randonnée, canot, ski de fond, raquette, escalade… Ça devient pire quand on se déplace à l’autre bout du monde pour pratiquer notre activité favorite. En une journée, un seul voyage en avion peut doubler notre contribution annuelle aux changements climatiques.

Protéger la nature

C’est particulièrement troublant du fait que, en tant qu’amateur de plein air, on est davantage conscient de l’importance de protéger la nature. Or, nos activités préférées viennent avec une facture environnementale considérable. Dans le cas de ma famille, la pratique du plein air contribue davantage aux changements climatiques que tous nos autres déplacements réunis.

C’est pourquoi nous avons entrepris, au cours de la dernière année, de changer les choses. Comment ? Non pas en laissant tomber les activités qu’on aime, mais plutôt en pratiquant le « tourisme de proximité ».

Pour encadrer ce choix, nous nous sommes fixé deux règles: moins souvent et moins loin. Autrement dit, on ne s’empêche pas de se rendre dans des lieux de plein air magiques, mais on s’y rend moins souvent. Et, chaque fois que c’est possible, on cherche à découvrir des endroits moins loin.

Quand il est question d’achat local et de commerces de proximité, on me pose toujours la même question. «Local» et «proximité», c’est à quelle distance? Le Québec? Cent kilomètres ? Pour nous, la réponse était plus simple : c’est partout où on peut se rendre sans voiture

Donc, une expédition de cyclotourisme de 1000 km, c’est local. Tout comme une randonnée à pied de 10 km sur le mont Royal quand on habite Montréal. Cette règle informelle nous a permis de découvrir un univers incroyable à deux pas de la maison.

Une randonnée à vélo dans les îles de Boucherville au cours de laquelle nous avons appris plus sur la vie des Autochtones le long du Saint-Laurent que durant toutes nos années sur les bancs d’école. Du ski de fond dans les parcs naturels (ce qui a provoqué de drôles de regards de passagers du métro…). Une sortie incroyable en canot sur la rivière des Prairies (là non plus, on ne passe pas inaperçus avec un canot en ville). Sans oublier de la randonnée dans le nouveau parc Frédéric-Back (l’ancienne carrière Miron), où on a eu droit à un coucher de soleil comme on n’en avait jamais vu en ville.

Être touriste chez soi

Certains vont plus loin. Par exemple, il est possible de faire du canot-camping tout autour de l’île de Montréal. D’autres dressent leurs tentes sur des sites de nature urbaine. Et, avec la popularité grandissante du ski hors-piste, il n’est pas rare de voir les plus téméraires imiter JP Auclair dévalant les rues abruptes après une tempête de neige.

Chose certaine, le tourisme de proximité a beaucoup à offrir. L’idée n’est pas d’avoir une approche dogmatique, de se priver d’un voyage ou d’abandonner le télémark sous prétexte que ce n’est pas écologique. Mais si nous voulons préserver cette nature que nous aimons tant, nous ne pouvons pas nous permettre d’être inconscients des impacts environnementaux de nos choix. Pratiquer le «moins souvent, moins loin» est une solution concrète et facile à adopter pour limiter les impacts négatifs.

Je vous pose donc la question suivante: êtes-vous prêt à pratiquer le plein air de proximité? Rendez-vous sur notre page Facebook (www. facebook.com/geopleinair) et partagez votre réponse. Pendant que vous y êtes, n’hésitez pas à nous faire part de vos découvertes.

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