Incursion en Batiscanie

  • Crédit Maxime Bilodeau

Nul ne sait de manière absolue ce que signifie Batiscan. Pour le découvrir, il faut aller à la rencontre de cette rivière et de son immense bassin versant convenant à la pratique d’une foule d’activités de plein air.

Batiscan ? On raconte que Samuel de Champlain aurait été le premier à mentionner cet étrange toponyme dans Des Sauvages, le récit de son premier voyage au Canada. « Du costé du Nort [du Saint-Laurent], il y a une rivière qui s’appelle Batiscan, qui va fort avant en terre, par où quelques fois les Algoumequins viennent », écrit le fondateur de Québec en 1603. Il décrit plus tard cette même rivière comme « agréable et poissonneuse », mais fait aussi référence à « un Capitaine sauvage appelé Batiscan ». Selon d’autres interprétations, cette dénomination aurait pour sens « vapeur » ou « nuée légère », « qui a des joncs à son embouchure », voire « viande séchée pulvérisée » en référence à un mets amérindien, le pemmican. Bref, ça va dans tous les sens.

Chose certaine, ce n’est pas en survolant le cours d’eau par l’autoroute 40, un brin à l’est de Trois-Rivières, qu’on élucidera ce mystère. C’est pourtant ce que font la vaste majorité des Québécois, qui se privent ainsi de découvrir la Batiscanie, un territoire de 4700 km2 correspondant au bassin hydrographique de ladite rivière. La Batiscan prend sa source très loin, soit au lac Édouard, près de La Tuque. Elle coule sur 188 km dans les régions de la Mauricie et de la Capitale-Nationale ; une dénivellation de 365 m sépare l’amont de l’aval, l’équivalent de deux Place Ville Marie, ou 84 étages. Cela signifie qu’elle est ponctuée de nombreux rapides, ce qui en fait une chouchoute auprès des canoteurs, surtout lors de la crue printanière.