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Camping, Course à pied, Destinations, Randonnée

La montagne d’Argent, un bijou en or

27-08-2020

Photo KL motionmedia

À 3 km de la route 117 Nord, juste après avoir traversé le secteur de Saint-Jovite, on a du mal à croire qu’on puisse se retrouver dans une telle oasis de tranquillité. Vous n’aurez pas fini d’être ébahis en découvrant ce superbe site de randonnée pédestre. Parions que vous y retournerez en raquettes dans la neige, même si l’automne donne tout son or à la montagne d’Argent.

Son nom ne fait pas de mystère : le Parc d’escalade et de randonnée de la montagne d’Argent (PERMA) est à la fois un lieu réputé pour l’escalade et la randonnée pédestre, avec un petit camping rustique et trois refuges qui le sont tout autant. Ses atouts ? Il offre 200 hectares de territoire, 210 m de dénivelé (entre accueil et sommet) et de belles montées et descentes pour corser le trajet, avec dénivelé cumulé de 860 m pour la grande boucle.

On y dénombre des parois d’exception pour l’escalade comme pour la vue en randonnée, une longue crête dégarnie, des points de vue par dizaines sur la sablonneuse rivière Rouge et sur la canopée, un couvert forestier très diversifié, un lac pour pique-niquer ou s’y tremper les pieds et, évidemment, des sentiers pour en profiter. Aménagés sans excès, ils forment des boucles de 2 à 7,8 km pour un total de 16 km. De quoi s’amuser une heure ou plus, si affinités.

Sentiers non « aseptisés »

Personne n’est mieux placé qu’un habitué des lieux pour en parler. Jean-Yves Prescott, ébéniste à Lac-Supérieur, en a fait son terrain de jeu de prédilection depuis plus de 20 ans. « C’est l’escalade qui m’a attiré, avant de découvrir les sentiers. » À 45 ans, ce (déjà) vieux routier de la rando connaît bien les Laurentides. Son verdict : il n’y a rien de comparable aux alentours. « On trouve beaucoup de sentiers aseptisés, larges, peu intéressants et manquant de points de vue. » Au contraire, à la montagne d’Argent, qui culmine à 460 m d’altitude, ils sont étroits et assez techniques. « Il y a des cordes et des escaliers là où c’est nécessaire. Les aménagements ont été faits sobrement, sans modifier le paysage. Nous sommes donc un peu laissés à nous-mêmes, avec un bon défi physique à relever », témoigne-t-il.

 

Photo Anne Pélouas

Comme il marchait toujours vite, un ami lui a recommandé d’essayer la course en sentier. Où la pratique-t-il au rythme d’une ou deux fois par semaine ? À la montagne d’Argent, bien sûr. « L’atout des lieux, c’est le dénivelé corsé sur une petite distance. Parfait pour pousser la machine en entraînement. »

Une nature diversifiée

En marchant, on découvre un site plein de ressources pour s’épivarder. De l’accueil, près duquel se trouvent refuges et camping, le sentier L’Érablière file au sud sous les arbres flamboyants en automne. On rase le bas des hautes parois de granit de 100 m de hauteur, où des grimpeurs s’activent. S’ensuivent les sentiers Petit Canyon et Pinède ainsi qu’un sentier de traverse rejoignant le sentier du Lac, puis retour à l’accueil, pour conclure une balade d’une heure.

L’autre option pour « la grande boucle » (4 h minimum) est de demeurer sur la crête, via le sentier du même nom. Plusieurs passages sur roche à nu nécessitent l’usage des mains, de cordages et de courts escaliers. La grande aventure. Le premier point de vue au sud sur les méandres de la rivière Rouge est magique. Les suivants, orientés vers l’est, donnent sur les hauteurs d’une forêt mixte, parée de couleurs automnales du plus bel effet.

Sous vos pieds, les épines de pins forment un tapis mordoré sur le sentier, alternant entre roches et passages en forêt. Plus tôt en saison, ce sont les bleuets sauvages qui font le charme de cette piste ! Poursuivez sur La Crête vers le nord ou coupez par le sentier La Savane, mais ne ratez pas le raidillon pour le Plateau afin d’embrasser le panorama côté nord de la vallée de la Rouge. On redescend ensuite à travers La Forêt enchantée, riche de diversité, sentier vous ramenant vers le sud-ouest. C’est le sentier « coup de cœur » de Jean-Yves Prescott, qui apprécie la traversée de cette forêt mixte, avec des hêtres en parfaite santé, une chênaie singulière et un beau point de vue sur les méandres de la rivière Rouge. Le Chemin caché mène ensuite au bord du lac d’Argent, lieu idéal pour une pause avant le retour par le sentier du Lac.

Une histoire d’hélico

Novembre 1994. Gaétan Castilloux est policier, membre du groupe tactique d’intervention de la Sûreté du Québec. Il participe à un sauvetage dans la région de Maniwaki. En survolant en hélicoptère le territoire de La Conception, il aperçoit les falaises de la montagne d’Argent, qui se démarque du paysage, comme l’avait déjà observé, un siècle plus tôt, le journaliste Arthur Buies, à qui on doit ce toponyme. « À l’époque, j’étais un passionné d’escalade, explique ce policier à la retraite, aujourd’hui âgé de 68 ans. Le lendemain, j’ai visité le site avec un ami. J’y ai vu les parois et un vieux sentier allant au lac. Ça n’a pas pris de temps pour que je me décide à signer un bail emphytéotique sur ces terres de la Couronne. » Un tel bail octroie une quasi-propriété sur terres publiques pour une durée variant de 10 à 99 ans.

L’aventure commence, avec aménagement de parois d’escalade et de sentiers. En 1999, les boutiques La Cordée offrent un don de 100 000 $ à Gaétan Castilloux afin d’acheter des terres privées au sud, incluant de belles parois qui deviendront de nouvelles voies d’escalade.

Dans le but de préserver le site en améliorant son financement, Gaétan Castilloux cède le territoire à la municipalité de La Conception en 2008. Un OBNL est créé pour gérer le PERMA et solliciter des subventions afin d’accélérer son développement, qui devient le projet de retraite de Gaétan Castilloux, directeur bénévole à temps plein. Le réseau s’agrandit, intégrant le sentier du Lac, La Pinède, La Crête, La Savane et, il y a trois ans, le court trajet en pente raide montant au Plateau.

L’engouement des randonneurs ne se dément pas, « au point qu’on en a trois fois plus que de grimpeurs », dit le directeur des lieux. Avertissement aux randonneurs lambdas. Ici, on trouve de vrais sentiers de montagne. « Nous filtrons les départs. Pas de gougounes. Ça prend des chaussures ou des bottes de marche », prévient Gaétan Castilloux.

Bénévole un jour, bénévole toujours

Le parc est ouvert à l’année, avec deux employés saisonniers et son directeur bénévole. Sans compter une vingtaine de bénévoles réguliers et beaucoup plus à l’occasion : grimpeurs, randonneurs et coureurs aident à toutes sortes de tâches.

Jean-Yves Prescott est de ceux-là. Quand il ne court pas sur les sentiers les trois quarts de l’année, il marche avec sa scie à chaîne et ses outils pour nettoyer, peindre, clouer… Il fait partie de ces bénévoles qui gardent le parc en santé. « C’est mon deuxième chez-nous », affirme-t-il. C’est lui qui a nettoyé une bonne partie des sentiers avant leur ouverture à la fin de mai, ramassé les panneaux de fermeture de sentiers de raquette, peint de nouvelles balises…

Quand vous foulerez ces sentiers, ayez une pensée pour ces vaillants bénévoles qui contribuent à notre bonheur de marcher !

 

EN BREF

16 km de sentiers en montagne, camping rustique, trois refuges et baignade dans un lac sauvage.

 

Attrait majeur

La diversité du territoire, offrant 12 points de vue hors pair entre parois et caps de roches granitiques, érablières, pinèdes, chênaies, prucheraies et hêtraies.

 

Coup de cœur

La vue plongeante sur les méandres ensablés de la rivière Rouge, à la première montée sur La Crête.

 

montagnedargent.com

 

 

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