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Destinations, Québec

La nature sous bonne garde: Kekeko

29-05-2008

S’il est aussi beau à marcher, c’est sans doute parce que le massif des collines Kekeko (32,2 km2), à 10 km de Rouyn-Noranda, a longtemps été épargné de l’avidité des sociétés forestières. Ainsi, sa forêt demeure presque intacte et sa formation géologique, composée d’abris sous roche, de cascades et de couloirs rocheux, complète superbement l’attrait naturel des collines. Encore plus remarquable : ce massif fait l’objet d’une attention et d’un soin quasi maternels de la part de bénévoles locaux, amoureux depuis longtemps de leurs collines Kekeko.

C’est à un certain Joseph Jacob qu’on doit d’avoir instauré quelques sentiers de randonnée au début des années 1990 et d’avoir suscité l’énergie de ceux pour qui la forêt peut servir à autre chose qu’à produire des 2 par 4. Aujourd’hui, ils sont tout aussi actifs et passionnés, ceux qui parcourent ces sentiers, été comme hiver, en resserrant la protection sur ce territoire désigné «Réserve à l’État*». À chacun de leurs passages, Pierre, Jose, Suzanne, Robert et d’autres membres de l’éminent (et très sympathique) « Club des randonneurs désorganisés » ne manquent jamais de compléter le balisage, de nettoyer les sentiers et d’observer les allées et venues des foreuses qui y pratiquaient encore une exploration soutenue il n’y a pas si longtemps (voir texte ci-contre).

Au coeur du massif, 12 sentiers de courte randonnée serpentent à travers les forêts denses, les escarpements et jusqu’aux caps de roche. Mais c’est du Transkekeko, un sentier de longue randonnée qui traverse les crêtes, qu’on décroche le plus beau point de vue sur cet écosystème forestier où percent de petits lacs limpides au milieu des vallons. D’est en ouest – ou inversement –, la Transkekeko a le mérite de dévoiler une vue panoramique exceptionnelle dénuée désormais de scènes moins propices à l’enchantement : celles des sondeuses et des débusqueuses.

* Voir l’article sur le mont Kanasuta « De la poésie à marcher », ce mont est également désigné « Réserve à l’État ».

Liberté pour les Kekeko!
Jusqu’à très récemment, la société minière Cadillac Mining, de Vancouver, pratiquait des forages pour mesurer le potentiel d’exploitation de l’or sur le territoire des collines Kekeko. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a mis fin aux droits de forage de la société sur ce site à la suite de plaintes reçues des utilisateurs du territoire à des fins récréotouristiques ; la société avait installé ses foreuses directement sur les chemins d’accès aux sentiers, très fréquentés par les randonneurs. Si les collines Kekeko semblent épargnées par la menace, celle-ci plane toujours et, désormais, au-dessus du mont Kanasuta, puisque Cadillac Mining a déménagé ses foreuses près de la station de ski de ce mont. « Les minières sont l’une de nos locomotives en région ; il nous faut trouver des aménagements qui conviennent aux différents utilisateurs du milieu : mines, randonneurs, écologistes », explique Pierre Monfette, directeur du service de l’aménagement du territoire pour la Ville de Rouyn-Noranda. « En général, les forestières collaborent mieux que les mines », constate aussi M. Monfette. Saurontelles bientôt s’adapter aux amoureux de la nature en adoptant des mesures moins dommageables pour le milieu ? C’est à voir. Et à suivre ça aussi.

REPÈRE
Compter environ six heures pour faire la Transkekeko. Les sentiers sont également accessibles en raquettes.

Info : www.cegepat.qc.ca/sitekekeko

Comment s’y rendre
Direction est-ouest : de la route 391, monter jusqu’au lac Despériers, puis prendre à gauche après le premier lac. Direction ouest-est : départ de l’ancienne route 101, puis suivre la direction Kanasuta après le croisement de la 117.

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