Paresser sur la rivière Coulonge
La paresse peut être une bonne façon de profiter de la nature. C’est là tout le plaisir de la Lazy River Float, organisée sur la rivière Coulonge par la jeune coopérative Aventure Hélianthe.
« Vous prenez le temps que vous voulez », nous avait dit la veille Guillaume Lavoie-Harvey, l’instigateur de cet organisme de plein air situé à Mansfield-et-Pontefract, à 90 minutes de voiture de Gatineau. « Quand vous arriverez, vous n’aurez qu’à laisser le radeau sur la plage. »
C’est ainsi que par une belle journée d’août, nous nous laissons aller au fil de l’eau, confortablement calés dans notre radeau pneumatique. Le soleil brille dans un ciel limpide et les oiseaux gazouillent dans les arbres. Rien pour nous stresser, rien pour nous obliger à aller plus vite. Quelques minutes plus tôt, une navette nous avait déposés au contrebas d’un petit barrage hydroélectrique après un trajet d’une quinzaine de minutes à partir du Camping du pont blanc. C’est là où la rivière nous ramènera.
Mais d’ici là, nous nous laissons bercer, regardant défiler les arbres et les quelques chalets tout en jasant du beau temps. Quelques étroites plages de sable se font séduisantes. Nous céderons à la tentation, surtout pour permettre à notre chienne Lillie de brûler un peu de carburant.
Un projet pour la communauté
Aventure Hélianthe est né en 2018 d’un projet de fin d’études. Pour terminer son baccalauréat en leadership d’activités physiques de plein air à l’Université Laurentienne, Guillaume Lavoie-Harvey a monté son plan d’affaires. Son idée : faire découvrir les beautés naturelles du Pontiac, une région peu connue des amateurs de plein air. « Le modèle coopératif s’est imposé, en vue de rassurer la communauté qui craint les compagnies privées qui naissent et meurent sans rien laisser derrière. Ce modèle-là renforce la pérennité des activités », croit-il.
Dès le départ, Aventure Hélianthe a mis sur pied une variété d’excursions hivernales en raquette et en ski de fond comportant des nuitées dans des tentes prospecteur. Elle s’est ensuite mise en quête d’activités estivales à proposer. De fortes inondations au printemps 2019 ont procuré l’occasion recherchée. « Quatre maisons situées en bordure de la rivière Coulonge ont dû être détruites. La municipalité a accepté de nous donner les terrains afin de créer un accès public à la rivière. C’est le seul dans la région », souligne Guillaume Lavoie-Harvey.
Cinq ans plus tard, la coopérative administre un camping rustique et un populaire site de lancer de haches en plus d’offrir la location de radeaux, de canots, de kayaks et de planches à pagaie. Grâce à son service de navette, elle organise des sorties de un à trois jours sur des rivières des environs, soit la Coulonge, la Noire et la Dumoine. Si certains parcours se font en eaux vives, la plupart s’adressent à des débutants ou des amateurs de niveau intermédiaire. « Nous visons surtout l’initiation aux sports nautiques », précise Guillaume Lavoie-Harvey.
La rivière Coulonge se prête bien à cette clientèle. D’un méandre à l’autre, elle pousse notre radeau pneumatique avec une telle indolence qu’il faut sortir les pagaies pour se donner au moins l’impression d’avancer. « Le courant est plus fort au printemps, jusqu’à la fin de juin », reconnaît Guillaume Lavoie-Harvey.
Changement de décor
Au bout de trois heures à se la couler douce, nous accostons sur la petite plage de sable du camping. De là, nous troquons notre radeau pour un canot. Direction : la rivière des Outaouais. Encore là, pas de raison de nous presser. Sans trop forcer l’allure, nous longeons d’abord la localité de Fort-Coulonge avant de nous diriger vers le très beau pont couvert Félix-Gabriel-Marchand, le deuxième plus long du genre au Canada. Malgré un changement de décor marqué par la présence croissante de maisons et de chalets, l’excursion conserve son charme bucolique. Les quelques motomarines croisées prennent la peine de ralentir à notre rencontre.
Le long des rives, de gros billots enfoncés dans la vase témoignent du passé industriel de la rivière. Pendant des décennies, celle-ci a servi à acheminer des arbres abattus 250 km en amont. Notre itinéraire nous fait d’ailleurs passer à côté du moulin à scie, fermé depuis une dizaine d’années.
Au bout de deux heures, une grande étendue d’eau s’ouvre devant nous. Pas de doute, nous sommes rendus à la rivière des Outaouais. Nous suivons la rive droite pour aboutir au quai du village de Davidson. Un coup de téléphone, et la navette vient nous récupérer.
Bilan de la journée : cinq heures de plaisir tout en détente sur la rivière. Et une formidable envie de revenir avec la famille et les enfants.
OÙ MANGER ?
Café Downtown, sis au 535 de la rue Baume, à Fort-Coulonge. Pour déguster un donair au bison de l’Outaouais dans un pain naan tandoori accompagné d’une bière de microbrasserie.
EN BREF
La descente la rivière Coulonge sans trop se fatiguer.
ATTRAIT MAJEUR
Le magnifique pont couvert Félix-Gabriel-Marchand, le plus long en usage au Québec.
COUP DE CŒUR
Le Camping du pont blanc, qui donne accès à la rivière


