Plein air sur littoral fluvial

  • Photos Simon Diotte

Le parc national du Bic impressionne par son relief plus élevé et sa côte hachurée, contrastant avec le reste du littoral du Bas-Saint-Laurent, mais aussi par son menu bourratif de plein air sous la neige. Un petit territoire qui n’accorde pas de trêve aux visiteurs hyperactifs.

Compte tenu de ses 18,8 km² de superficie terrestre, le parc national du Bic figure parmi les plus petits du Québec. Cela ne l’empêche nullement de regorger de panoramas exceptionnels : falaises abruptes, plages isolées, baies et anses paisibles, îlots arrondis, caps acérés et promontoires vertigineux. Le tout est dominé par le pic Champlain culminant à 346 m d’altitude, où la saison froide se montre bien plus rigoureuse que sur les basses terres du tombolo.

« C’est un parc qui s’adresse à tous les amateurs de plein air, du promeneur occasionnel qui préfère les sentiers courts et plats en bord de mer à l’adepte de défis qui se lance dans l’ascension du pic Champlain et ses 400 m de dénivelé », atteste Martin Ouellet, directeur du parc. Dans la région touristique du Bas-Saint-Laurent, où les reliefs imposants se font rares, une telle ascension est unique.

Trois jours d’exploration intensive

Sur place, notre plus grand défi a été de choisir nos excursions tant l’offre était alléchante. En seulement trois jours, nous voulions tout voir, tout faire. Mission (pas tout à fait) accomplie, malgré notre enthousiasme débordant et nos randonnées nocturnes !

Dès notre arrivée, nous sommes partis arpenter, à la tombée du jour, la montagne à Michaud et le cap à l’Orignal par les sentiers La Grève, Le Chemin-du-Nord et Le Contrebandier. Ici, on plonge dans un décor maritime à souhait, les anses se succédant et les blocs de glace voguant à la dérive. Dire qu’à une époque, des gens habitaient dans ce coin de paradis… Quoique les terres ne devaient pas être très fertiles. Des vestiges de cette période sont encore présents, comme la ferme Rioux, qui sert de centre de découverte et de services en été. Une partie de ce secteur s’explore également en ski de fond tracé.

 

Le lendemain, nous avons chaussé nos skis de fond hors-piste afin de nous attaquer à La Citadelle, sentier qui grimpe l’élévation du même nom, aux allures de forteresse, offrant une vue panoramique sur l’ensemble du parc. Mais le clou du spectacle a été la loooongue descente euphorisante à travers le sentier La Colonie Sud, glissant dans une piste labourée par les cerfs de Virginie. Concentrés à garder notre équilibre, nous n’avons pas même pensé à chercher à les apercevoir !

Notre aventure à ski s’est poursuivie par le sentier Le Portage, qui est damé en hiver et traverse le cœur du parc du Bic tout en effectuant un crochet vers la pointe aux Épinettes, accédant à la clairière du secteur du Marais salé et à un belvédère. De là, un long escalier de bois nous a conduits à l’un des plus beaux panoramas du Bas-Saint-Laurent. Un itinéraire totalisant 12 km de plaisir.

Au crépuscule, nous avons, pedibus cum jambis, mis le cap sur Les Anses, une boucle de 5 km qui mène à deux baies profondes tout en traçant son chemin dans un magnifique sous-bois. Une portion pittoresque nous fait passer entre des blocs de roche et une imposante paroi de pierre. Une immersion dans la nature brute du Bic.

Avant de repartir vers d’autres aventures, il nous restait à conquérir le pic Champlain, point culminant du territoire. Son ascension commence au pavillon Balbuzard et ses premiers kilomètres sont durs sur le moral, la progression se faisant sur une large route non déneigée en hiver. Pas très bucolique. Heureusement, quand le sentier vire dans la forêt, le charme opère. Et notre cœur, réjoui, se doit d’être vaillant, car la montée continuelle ne laisse pas de répit. La neige s’épaissit à mesure qu’augmente l’altitude, tellement que nos raquettes auraient été bien utiles, finalement. « Il n’est pas rare qu’il neige au pic Champlain alors qu’il pleut en bas », nous avait pourtant prévenus le directeur du parc. Le belvédère nous récompense d’une vue splendide sur le paysage appalachien et l’estuaire du Saint-Laurent au large. L’apothéose de notre bref séjour bicois.

Hébergement pour tous

Malgré sa taille modeste, ce parc créé en 1984 offre une gamme variée d’hébergements : quatre chalets de deux chambres (chalets Écho), un grand chalet ancestral restauré, cinq chalets pour deux (EXP.) ainsi que onze yourtes chauffées au poêle à bois. Bien que les tentes mongoles soient confortables, elles ne se chauffent pas facilement quand le mercure chute vers les -10 °C et moins. Un conseil : prévoyez un bonnet pour l’intérieur. Un Bicois averti en vaut deux.

En bref

Un condensé terre et mer à son meilleur dans le Bas-Saint-Laurent.

ATTRAIT MAJEUR

Un vaste choix d’activités, de la raquette au fatbike en passant par le ski de fond et la trottinette des neiges, sans oublier la glissade sur la butte.

COUP DE CŒUR

Le panorama de la pointe aux Épinettes et le chemin pour y parvenir.

FAIT À NOTER

Les chiens sont interdits du 1er novembre au 30 avril.

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