Publicité
Hors-Québec

Visite éclair au parc national Acadia

29-05-2014

Il est tout petit, mais le parc national Acadia regorge de possibilités pour des vacances hyperactives au bord de la mer.

Ah! le Maine, sa mer, sa côte de granit… et ses homards! Un des joyaux de cet État américain, dont les plaques automobiles claironnent « VacationLand » est certainement le parc national Acadia, situé dans la partie nord-est.
Il ne suffit en effet que de quelques jours de temps libre pour profiter de ce formidable terrain de jeu. Et exceptionnel en raison de sa beauté – présence conjuguée de la mer et des montagnes, et dureté du granit et douceur des sous-bois marécageux –, mais aussi pour la diversité des activités qu’on peut y pratiquer. Quand on s’y rend, l’automobile est toujours trop petite pour y loger tous les jouets de plein air: de l’équipement de camping ou d’escalade à celui de kayak ou de randonnée.

Même s’il est petit comparé avec d’autres parcs nationaux (environ 145 km²), il se classe tout de même dans la liste des 10 parcs américains les plus populaires, accueillant plus de 2 millions de visiteurs annuellement. Si on recherche la grande nature sauvage et un brin d’isolement, Acadia n’est donc pas la destination rêvée…

Créé en 1919, le parc a tout de même su préserver un environnement côtier spectaculaire. Mais ce qui lui donne une saveur toute particulière, ce sont les 70 km de routes de gravier (les fameux carriage roads) accessibles uniquement à pied, à vélo… ou à cheval. Des chemins agrémentés de 17 incroyables ponts recouverts de granit. Pour les amateurs d’architecture, ces ponts représentent à eux seuls une bonne raison de s’y rendre.

Que dire aussi du service de navette gratuit (inclus dans le droit d’accès) parcourant la boucle du parc? Génial. Enfin, pour les adeptes de douceurs ou de magasinage, le village de Bar Harbor, bordé par la mer et le parc, offre restos, cafés, boutiques… Tout ce qu’il faut pour l’après-plein air.

On roule tous azimuts
Aux amateurs de vélo, le parc offre un réseau unique. Héritage du philanthrope John D. Rockefeller Jr. et de sa famille, les 70 km de routes de gravier fin agrémentées de ponts majestueux sillonnent les flancs des collines et serpentent dans le fond des vallées, donnant des points de vue tout aussi variés qu’impressionnants. De très nombreux poteaux de cèdre assurent une signalisation plus qu’adéquate, et les dénivelés sont faibles. Bref, il y a de quoi rouler à souhait!

Même s’il est interdit de faire du hors-route dans le parc, le vélo de montagne règne en maître. Compte tenu de la qualité de la surface, on y rencontre cependant de plus en plus de vélos de cyclotourisme. Il faudra aussi partager la route avec les randonneurs et même les chevaux… Tout de même, à l’origine, c’étaient des carriages roads! Il faut savoir que toute la section située à l’extérieur du parc, dans la région de Long Pond, est privée, donc interdite aux vélos.

Comme points d’intérêt, outre les ponts rustiques, les vallées luxuriantes et la vue occasionnelle sur la mer, il est possible de faire plusieurs arrêts afin de découvrir les nombreux lacs et étangs qui agrémentent la partie ouest de l’île des Monts Déserts, comme le Eagle Lake et le Jordan Pond.

Si la boucle du parc est pavée et permet de longer la mer entre Otter Point et Great Head, ou le long du Western Point, tous situés dans la partie est du parc, ou même de gravir le fameux mont Cadillac, il n’en demeure pas moins que l’intense trafic routier, combiné à l’étroitesse de la chaussée, rend l’aventure moins intéressante. Afin de pallier ce problème, le service de navette Island Explorer offre, à partir du centre du village de Bar Harbour depuis son terminus de Village Green, des navettes express équipées de remorques pour vélos qui se rendent à Eagle Lake, au début du réseau des routes de gravier. Avec un service toutes les 30 minutes et aucuns frais supplémentaires, difficile de faire mieux…

On s’agrippe aux parois
Pour les amoureux des parois rocheuses, les falaises de granit, dont certaines bordent la mer, offrent un attrait presque irrésistible tant pour la qualité de la roche que pour la beauté des lieux. Encore ici, la diversité est reine. De l’escalade de bloc à l’escalade de parois faisant trois cordées, en passant par le rappel, plusieurs options sont possibles pour les grimpeurs, peu importe leur calibre.

Le long de la mer, entre Sand Beach et Otter Cliff, ainsi que près du camping de Blackwoods, bon nombre d’endroits très accessibles sont propices à l’escalade de bloc. Il faudra toutefois tenir compte des marées, dans certains cas. Quant à l’escalade avec cordes, des voies faciles ou intermédiaires se trouvent à South Bubble et Central Slabs. Pour des voies plus difficiles, on optera pour Otter Cliff, qui propose une face de 18 m avec des degrés de difficulté allant jusqu’à 5.12, ou pour South Wall (Champlain) avec ses voies de trois cordées et Great Head. Il est à noter que plusieurs boutiques et écoles locales proposent les services de guides et la location d’équipement.

On court les sentiers
Même si on ne parle pas ici de randonnée en haute montagne, le milieu marin et les collines dénudées présentent des possibilités très intéressantes pour la marche. On peut bien sûr marcher sur les sentiers de gravier mentionnés précédemment, où les cyclistes dominent, mais le plus souvent, ce sera pour rejoindre un sentier réservé aux randonneurs. Ainsi, plus de 200 km s’offrent aux marcheurs de tous genres. Pour les randos plus pépères, le très populaire Ocean Path longe sur près de 3 km un joli bord de mer, bien qu’il soit situé un peu trop proche de la route. Le sentier de Bar Island, quant à lui, a la particularité d’emprunter, à marée basse, une barre rocheuse qui relie le village de Bar Harbour à l’île… Bar.

Pour qui désire une activité plus sportive avec quelques points de vue sur la mer, le sentier West Face menant au mont Cadillac, celui traversant la colline Gorham ainsi que le Huguenot Head qui grimpe le mont Champlain ne sont que quelques-unes des nombreuses possibilités. Pour ceux qui n’ont pas trop le vertige, on trouve plusieurs sentiers très abrupts, et certains sont équipés de prises d’acier ancrées dans le roc. On pense immédiatement à la boucle qui grimpe le Beehive, dans la région de Sand Beach, au sentier North West Branch, qui gravit le mont Pemetic au sud de Eagle Lake, ou encore, au fameux et bien nommé sentier Precipice, qui monte abruptement la face est du mont Champlain.

On met sa pagaie à l’eau
Kayakistes, canoteurs et autres pagayeurs ont le choix entre l’eau douce ou salée. À l’intérieur des frontières du parc, il est possible de mettre à l’eau à Eagle Lake, Jordan Pond, Long Pond, Seal Cove Pond, Echo Lake, Bubble Pond et Upper Hadlock Pond.

Les dimensions modestes de certains de ces plans d’eau contribuent à diminuer les risques associés aux vagues, mais limitent aussi la puissance des moteurs autorisés – quand ils ne sont pas carrément interdits. Une courte excursion sur certains de ces lacs permet d’avoir une vue incomparable sur des falaises, comme c’est le cas sur le Jordan Pond, mais on aura mal au cou en penchant la tête vers l’arrière pour admirer la face ouest du mont Pemetic. Pour des sorties en mer, il faudra mettre à l’eau dans les villages en bordure du parc. L’endroit le plus connu est sans aucun doute la marina de Bar Harbour, où il est possible de louer de l’équipement ou de partir avec un pourvoyeur d’aventures.

Ouais, l’espace manque pour faire honneur à toutes les choses à faire et à découvrir dans ce «petit» parc. Il ne faudrait pas oublier la baignade en mer à Sand Beach, ou en eau douce (et plus chaude) à Echo Lake, et non plus l’activité de geocaching organisée par le parc (aucune cache privée autorisée, cependant) ni l’observation des oiseaux… Une chance que le parc est relativement accessible, car on voudra y retourner, encore et encore, été comme hiver! •

Repères
S’y rendre : étant localisé à environ 600 km à l’est de Montréal, il faut compter plus de 7 h 30 pour s’y rendre. Au Vermont, on empruntera les routes régionales 26, 3 et enfin 1 (au sud de Bangor), car les autoroutes filent plutôt dans l’axe nord-sud.

Camper: le parc gère deux campings; celui de Black­woods n’accepte que les campeurs ayant fait une ré­­ser­- vation, tandis que seulement la moitié des sites de Seawall peuvent être réservés, les autres étant disponibles selon le principe du premier arrivé, premier servi. Il faut compter de 14 $ à 20 $ US par nuit.

Dans la région, de nombreux campings privés et autres types d’hébergements sont offerts. Mais ce qui est franchement pratique, c’est que le système de navette circule aussi à l’extérieur des limites du parc et s’arrête à plusieurs endroits clés, comme l’Acadia Gateway Center et l’aéroport, situés sur le continent.

Droits d’accès au parc: pour une semaine, 5 $ US
par personne ou 20 $ US par véhicule. Le droit d’accès comprend le service de navette.
www.nps.gov/acad/index.htm ou
www.acadia.national-park.com

Publicité