Trois questions à Daniel Caron

  • Daniel Caron dans la caverne de Saint-Léonard. Crédit Luc Le Blanc

Si Obélix est tombé dans la portion magique dans sa jeunesse, Daniel Caron, lui, est tombé dans une caverne ! Depuis 1968, ce spéléologue explore sans relâche les grottes et cavernes du Québec. En compagnie de son ami Michel Beaupré, cet explorateur du souterrain de 68 ans vient de publier un ouvrage de référence sur la spéléologie dans la Belle Province. Il retrace la genèse de son parcours et démontre l’utilité d’un tel bouquin.

Comment êtes-vous « tombé » dans l’univers de la spéléologie ?

Dans les années 1960, je lisais des livres français de spéléologie et je me posais toujours la même question : existe-t-il des cavernes au Québec ? Quelques-unes étaient déjà connues, comme la caverne de Saint-Léonard, mais c’était très limité, et nous avions peu d’information à leur sujet. À moi de les découvrir, donc ! Je me suis promené dans tout le Québec en demandant aux gens : avez-vous un trou du diable ou un trou de la fée dans votre coin ? Si bien qu’en 1986, j’ai publié un premier livre de spéléologie qui identifiait une dizaine de grottes. Ce livre a été rapidement épuisé.

D’où la pertinence de sortir un nouveau guide.

Exactement. Et notre ouvrage n’est pas seulement un livre pratique localisant les cavernes : il comporte un volet sur les clefs permettant de comprendre le monde souterrain et un autre sur les aspects techniques et sécuritaires. Notre but : démocratiser cette activité et rendre accessible la connaissance.

Existe-t-il encore des cavernes inexplorées ?

C’est ça, la beauté de la spéléologie : on n’a jamais fini de faire des découvertes ! À preuve, j’ai moi-même, en compagnie d’un ami, déniché une section de 350 m à la caverne de Saint-Léonard en 2017, multipliant sa taille par dix. Ce site est pourtant connu et fréquenté depuis 1812. Et sur l’île d’Anticosti, le potentiel est immense, en particulier dans le secteur de la rivière aux Saumons. Au Québec, la pratique de la spéléologie est facilitée par le fait que nos cavernes sont horizontales plutôt que des puits sans fond comme on en trouve un peu partout sur la planète. Leur exploration, moins périlleuse, exige moins de connaissances techniques.

Cavernes du Québec : guide de spéléologie, Éditions Michel Quintin, 368 pages, 34,95 $.