Un camp de base naturel
Inauguré officiellement en juin dernier, le Parc nature émélinois relie le cœur villageois de Sainte-Émélie-de-l’Énergie à une série de sentiers en nature, incluant la portion lanaudoise du Sentier national au Québec. Tour d’horizon des lieux.
Sur une presqu’île dominant le lac Kaël, protégés du soleil par une imposante pinède, nous sommes seuls au monde. Oui, à nous l’exclusivité de cette masse d’eau de 1,2 km de longueur encore complètement sauvage, uniquement accessible en randonnée pédestre, et bye bye les moteurs ! La découverte de cette étendue lacustre et la baignade en eau pure qui s’ensuit inévitablement font partie de l’offre toujours plus riche de plein air en nature de la localité de Sainte-Émélie-de-l’Énergie, nichée dans la MRC de Matawinie.
Depuis peu, le Parc nature émélinois sert de camp de base pour l’exploration de ces pistes d’un terroir qui a autrefois connu la prospérité grâce à l’exploitation forestière. Signe des temps, l’avenir appartient maintenant à la conservation de la nature et à sa mise en valeur. Situé au sein du village, à quelques centaines de mètres de l’église et de l’épicerie locale, ce pôle de plein air a pour mission de reconnecter la communauté à son environnement naturel.
Sur place, en outre d’un pavillon d’accueil tout neuf où se renseigner sur les randonnées à faire à proximité, ce parc urbain sur les berges de la rivière Noire déploie un camping d’une quinzaine d’emplacements et propose à la location six yourtes colorées en mode prêt-à-camper. Les campeurs bénéficient d’un bloc sanitaire et d’une vaste terrasse protégée des insectes par des moustiquaires. La plage sablonneuse et les embarcations pour pagayer sur un élargissement de la rivière raviront les visiteurs.
« L’ouverture de ce parc s’inscrit dans le cadre du Plan montagne de Lanaudière, qui vise à relier le Sentier national en Matawinie, un tronçon du Sentier national au Québec (SNQ), aux municipalités de Lanaudière. Nous voulons que les randonneurs du SNQ puissent se ravitailler dans les commerces locaux et que les résidents puissent accéder facilement aux sentiers », explique Kenny Guitard, coordonnateur des opérations au Parc nature émélinois.
La Slye
Au cours de la première phase des travaux, la municipalité a défriché le secteur de la Slye (nom dérivé de la déformation du mot anglais slide), à 500 m de l’accueil. Ouvert depuis quelques années, ce réseau de 5 km se connecte au Sentier national en Matawinie, 3,4 km plus loin, à la hauteur du chemin du 4e-Rang. Sur les sentiers de la Slye, les randonneurs passent la nuit dans le refuge du Cerf, d’une capacité de six personnes, qui se loue en exclusivité, ou dressent leur tente sur une des cinq plateformes à proximité. Ces hébergements se situent dans un site superbe en bordure des eaux vives de la rivière Noire. On imagine aisément le bonheur d’y dormir. Le seul bémol : le bruit de la circulation sur la route 131 se fait entendre. Rien n’est parfait.
Le réseau des sentiers de la Slye est configuré de façon à permettre diverses possibilités de boucles. Dans le sentier de la Coulée, les randonneurs longent un long milieu humide rectiligne, au pied de parois rocheuses. Cet endroit est sans doute un habitat de prédilection pour des canards, même si nous n’en avons pas aperçu lors de notre passage rapide. Le parterre du sentier des Ombilicaires regorgerait de champignons divers ; les mycologues y seront probablement nombreux de la mi-août et à la mi-octobre, pendant la haute saison de récolte des champignons comestibles.
Les sentiers de la Slye se connectent au secteur du lac Kaël, qui compte une quinzaine de kilomètres de sentiers reliés par le SNQ – Minaki, Maskana, Côte à Monette et Onikam. Créé il y a plusieurs années, ce réseau traverse le territoire mis en réserve Basilières-Kaël ; les lieux ont donc conservé leurs richesses naturelles.
Du côté de l’offre de randonnée, ce n’est pas tout. La municipalité de Sainte-Émélie-de-l’Énergie a entrepris cet été l’aménagement du secteur de la Mère des montagnes, dans la zone du lac Michel, au nord-ouest du lac Kaël. Une dizaine de kilomètres de sentiers sillonneront une nature recelant maintes vieilles forêts qui s’étendent sur de fortes pentes, topographie les ayant préservées des coupes forestières. Ces pistes seront desservies par deux microrefuges d’une capacité de deux personnes, des constructions exigeant très peu d’abattage d’arbres et qui seront déposées sur place par hélicoptère. « Il s’agit d’un nouveau concept d’hébergement mobile qui pourrait essaimer un peu partout dans Lanaudière. Leur mobilité nous permettrait de les installer à proximité des étendues d’eau, ce qui est impossible avec des refuges de plus grande dimension en raison de la règlementation ministérielle en terre publique », explique Serge-Alexandre Demers Giroux, agent de développement plein air à Loisir et Sport Lanaudière. Si tout va bien, ces microrefuges seront en place cet automne.
Plusieurs projets d’aires protégées, à la fois d’initiative publique et privée, sont en développement dans la vallée de la rivière Noire. D’ici quelques années, une importante zone de protection devrait voir le jour et protéger le territoire de Sainte-Émélie-de-l’Énergie jusqu’au parc régional des Sept-Chutes, à Saint-Zénon. L’avenir du plein air en Matawinie s’annonce encore plus radieux.
Pagayer dans les méandres de la rivière Noire
En partenariat avec le Camping Sainte-Émélie de même que Matawi – Station d’aventures, le Parc nature émélinois organise jusqu’à la fête du Travail des excursions douces sur la rivière Noire, que ce soit en kayak ou en planche à pagaie, avec service de navette. « Cette portion de la rivière est très sauvage, très étroite et très sinueuse. C’est vraiment magnifique », confie Kenny Guitard, du Parc nature émélinois. Trois options sont possibles : la grande sortie de 20 km (au moins six heures sur l’eau), une sortie de 12 km (trois heures) jusqu’au Camping Sainte-Émélie, de même qu’une excursion de 8 km (deux heures et demie) entre le Camping Saint-Émélie et Matawi – Station d’aventures. À vos pagaies !
L’Ours renaît
Il y a quelques années, la perte d’un droit de passage a forcé la fermeture de la portion sud du sentier de l’Ours, un tronçon du Sentier national au Québec (SNQ) situé du côté ouest de la route 131. Ce sentier renaîtra de ses cendres en 2026 dans une version améliorée comportant une bonification des points de vue. La portion nord de l’Ours, actuellement inaccessible, entre la route 131 et la pourvoirie Domaine Bazinet, se refait également une beauté. « Elle a été très peu fréquentée depuis la fermeture de la portion sud. Nous la retravaillerons pour donner une expérience de qualité », expose Serge-Alexandre Demers Giroux, de Loisir et Sport Lanaudière.
Autre projet dans les cartons : la réfection complète de la boucle Bazinet, sise à proximité de la pourvoirie du même nom, qui est devenu peu accessible en raison d’événements météorologiques extrêmes. Les randonneurs retrouveront ses points de vue magique, selon Serge-Alexandre Demers Giroux. À explorer dans un avenir pas très lointain.
En bref
Un parc urbain disposant d’hébergement et connecté à une diversité de sentiers de randonnée en montagne, en plus d’offrir des aventures douces en pagaie sur la rivière Noire.
ATTRAIT MAJEUR
De la rando en masse, dans une vaste forêt aux étendues d’eau sauvage.
COUP DE CŒUR
Les hébergements dans le secteur de la Slye, sur le bord de la rivière Noire, accessibles uniquement à pied.




