À la découverte d’un fleuron

Dans l’arrière-pays de Charlevoix, sur le rebord du cratère météoritique, loin des foules et des zones de villégiature, court un sentier presque mythique, la Traversée de Charlevoix. Long de 105 km, son raid de sept jours représente un défi aussi physique que psychologique. Surtout en famille. Récit d’une aventure mémorable en août, commentaires de mon adolescente rebelle inclus.

Jour 1 : de la route 381 à L’Écureuil

Distance : 4,2 km

Dénivelé : +41 m, –53 m

Je le savais. Le véritable défi d’un tel voyage, c’est l’organisation. Comme nous avons choisi l’option – de luxe ! – de faire transporter nos bagages, nous devons départager la nourriture dans les boîtes et glacières de façon qu’elle arrive à bon port au moment voulu. La bouffe devra nourrir tous les participants, soit mes deux frères, mon neveu de 11 ans, l’amie Isabelle, ainsi que ma douce et mes deux filles, Romane, 12 ans, et Marion, 10 ans. Sans oublier la chienne Éva, un labrador. De ce nombre, seulement ma famille nucléaire accomplira la traversée au complet ; nos complices nous quitteront à mi-parcours.

Gérer nos victuailles a exigé deux heures au chef-lieu de la Traversée de Charlevoix (TDC). Peut-être que finalement, la formule en autonomie – la plus populaire chez les randonneurs – est plus facile : pas de tataouinage. Le revers de la médaille : tous les bagages, incluant sept jours de boustifaille, seraient sur les épaules.

Vers 15 h, notre bataillon se met en branle. Mes filles sont un peu anxieuses (« On n’était pas anxieuses, on se préparait à vivre l’enfer ! » explique Romane) quoiqu’elles ne le laissent pas trop paraître. Sept jours dans le bois nous attendent, avec hébergement de chalet en chalet. Sur le plan de la charge physique, elles ne craignent rien ; l’inquiétude provient de l’absence de wifi pendant une semaine. Tomberont-elles en manque dès le deuxième jour ?

La randonnée débute par un sentier d’approche de 4 km sur un chemin de gravelle. Le premier chalet, L’Écureuil, se trouve à quelques pas du lac à l’Écluse, où nous faisons trempette. Nos yeux ne se lassent pas de ce cadre spectaculaire révélant le pic de l’Aigle en arrière-fond. La déconnexion s’amorce.