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Activité /// Le point sur la marche nordique

25-10-2012

MARCHE NORDIQUE – FESTIVAL DE LA MARCHE NORDIQUE – MONT ORFORD, QC, CANADA – 21-10-06


photo: Chinook Aventure

Quand elle est apparue, on a tous un peu levé le nez sur cette nouvelle vague de marcheurs compulsifs arpentant rues et sentiers en petits groupes pressés. Quoi? Des cours pour apprendre à marcher? Que vont-ils encore inventer, ces professionnels du marketing, pour nous pousser à la consommation? Je l’avoue: comme beaucoup d’autres – sans doute la grande majorité –, j’étais un peu sceptique au début, voire carrément réfractaire. Pourtant, il faut bien le reconnaître: la marche nordique a pris son rythme de croisière et, après à peine cinq années au Québec, elle rallie de plus en plus d’adeptes, et pas seulement à Montréal!

Naissance d’un engouement
«Ils veulent vendre des bâtons, alors ils inventent un nouveau sport», avait conclu Yan Blanchard lui-même quand Stéphane Morin, représentant pour les bâtons de marche Leki, lui avait proposé de tester quelques échantillons. «Je les ai essayés, puis je me suis intéressé à la technique de la marche nordique, j’ai suivi des formations, et j’ai eu l’idée de former des groupes avec des entraîneurs pour une remise en forme», explique Yan Blanchard, propriétaire de Chinook Aventure et pionnier dans les formations de marche nordique au Québec. «Dès le début, j’ai vu que le concept plaisait parce qu’il était simple.»

Simple comme bonjour: la marche nordique est une version exacerbée de la marche, qui fait non seulement appel aux jambes, mais aussi au haut du corps grâce à l’utilisation des bâtons de marche. En prenant appui en alternance sur chacun des bâtons, et en tendant bien les bras, le buste est soumis à une torsion continue qui stimule plusieurs groupes musculaires: triceps, pectoraux, dorsaux, abdominaux, etc. «La marche nordique sollicite 90% de la masse musculaire, explique Yan Blanchard. Quand on a la bonne technique, une heure à un rythme soutenu équivaut à environ une heure et demie de marche régulière.»

Marcher et… progresser
Entraînement, c’est le maître mot de la discipline. La marche nordique propose une remise en forme en douceur, évitant soigneusement tout impact musculaire qui pourrait causer des blessures. «Cette discipline est originaire de Scandinavie, où elle a commencé à se pratiquer dans les années 1970 comme entraînement de présaison pour l’équipe nationale de ski de fond», explique Yan.

D’ailleurs, quand on les observe de près, ces deux sports sont étrangement semblables si on substitue le principe de la glisse à celui de la marche. Bien sûr, l’intensité du travail varie selon le rythme du marcheur. Les groupes avancés peuvent parcourir de 6 à 8 km en une heure et demie, tandis que les débutants en font environ la moitié. Cette marche est en outre ponctuée d’exercices physiques comme des fentes, des abdos ou des pompes qu’on exécute en s’aidant de l’environnement immédiat: arbres, bancs,
trottoirs, etc.

«On travaille vraiment, on améliore vite sa condition physique, mais sans risquer de se blesser», résume Geoffroy Hubert, physiothérapeute de formation, ancien client de Chinook Aventure devenu entraîneur de marche nordique. Il insiste sur la dépense énergétique générée par cette marche soutenue. «Cet exercice provoque aussi une bonne dépense cardiovasculaire, pas seulement musculaire, explique-t-il. Et le grand avantage: ça se pratique dehors, en toutes saisons, beau temps, mauvais temps, sur l’asphalte des villes comme sur les sentiers de montagne.»
La marche nordique a même sa version zen avec des séances plus lentes, silencieuses et méditatives. «Cette pratique s’adresse à des gens plus actifs qui sont à la recherche d’une intériorisation et d’une conscientisation du corps en mouvement», explique France Paquin, présidente de Marche Nordïk, à Mirabel.

On s’entraîne ensemble !
Simplicité, accessibilité et… sociabilité. La marche nordique se pratique en groupe, ce qui contribue à renforcer une motivation certaine chez les participants et leur permet d’échanger tout en s’entraînant. «Cette discipline répond à un réel besoin collectif: se remettre en forme tout en socialisant», résume Yan Blanchard. «C’est une méthode douce et dynamique, qui permet aux gens de se rencontrer dans une ambiance assez ludique, ajoute Jean Chartrand, animateur sportif et parmi les tout premiers adeptes de la marche nordique. Et une telle stratégie est très attirante, surtout pour des personnes qui ont dépassé 60 ans.»

Pas étonnant que cette activité s’avère pleine de promesses, surtout quand on sait qu’elle rallie des gens de 35 à 65 ans. «Le marché québécois est en plein développement, dit Stéphane Morin. En Europe, en Allemagne particulièrement, il se vend plus de bâtons de marche nordique que de bâtons de randonnée.» Mode passagère ou activité ciblée qui répond à de vrais besoins sociodémographiques? Les cinq prochaines années devraient nous le dire.

Équipement minimal
Comme c’est souvent le cas dans le développement d’une activité, c’est l’évolution de l’équipement qui a pris le relais pour mettre cet entraînement pour athlètes à la portée du grand public. «Il y a une dizaine d’années, l’entreprise Leki, fondée en Allemagne avant la Première Guerre mondiale, a développé une accréditation auprès des formateurs en même temps que des bâtons adaptés à cette discipline», explique le distributeur Stéphane Morin. C’est la poignée qui distingue le bâton de marche nordique: la dragonne amovible reste autour de la main durant les pauses exercices, et elle se fixe au bâton lorsqu’on reprend la marche. Sa taille demeure la même que celle du ski de fond: de 105 à 145 cm, avec une longueur fixe ou ajustable. Il faut compter un budget de 80$ à 230$ pour une paire de bâtons, selon qu’on choisit l’aluminium ou le carbone. Enfin, on utilise ses chaussures de marche, souliers ou bottes, selon les conditions. «Peu importe l’équipement, insiste Yan Blanchard, l’important est d’utiliser la bonne technique et d’avoir du plaisir.»

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