PRÉSENTÉ PAR TOURISME GASPÉSIE
Destinations | Québec

La Gaspésie au long cours

La Gaspésie, c'est “le” terrain de jeux parfait pour s’initier aux grandes expéditions avec nuitées en refuge.

PRÉSENTÉ PAR RÉSEAU ZECS
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Osez les zecs des Laurentides

Avis aux canoteurs, kayakistes, randonneurs et adeptes de vélo de montagne et de gravelle, c’est le temps de défricher ces territoires naturels que sont les zecs.

Portraits : : Dominique Devost, prof au collégial

  • college teacher involved in outdoor activities

Dominique est enseignant au CEGEP du Vieux-Montréal au programme des techniques d’intervention en loisirs. Depuis 1984, il donne des cours et encadre des élèves en plein air, et ce, dans le cadre du programme comme tel mais aussi dans ses tâches connexes, en collaboration avec le département d’éducation physique.

Quel a été ton parcours?

Dans ma jeunesse, j’ai été dans les cadets de l’armée. J’ai été initié à la survie, à l’orientation et à plein d’activités de plein air ainsi qu’aux techniques d’encadrement de groupe. J’ai suivi plusieurs formations avec les fédérations sportives du Québec en escalade, en canot, en ski et en cyclotourisme, par exemple, et suis même devenu formateur dans plusieurs disciplines. J’ai aussi suivi des formations en premiers soins. Par la suite, j’ai obtenu un DEC en techniques de loisirs, puis un baccalauréat en éducation physique option plein air de l’UQAM et enfin un maîtrise en éducation avec un volet en environnement. J’ai suivi ma formation académique en même temps que j’enseignais à temps partiel!

Comment le plein air s’inscrit-t-il dans le parcours académique proposé par le collège?

Le projet éducatif du collège vise à regrouper des étudiants de toutes orientations autour de projets de plein air. Ainsi, on peut avoir des étudiants en technique de loisir qui vont organiser ou encadrer une activité, des étudiants en soins infirmiers qui vont assurer l’encadrement en premiers soins, des étudiants en photographie qui vont documenter l’événement, des étudiants en mécanique qui vont vérifier et entretenir les minibus ou les remorques et d’autres en technique de design qui vont élaborer le kiosque de présentation pour faire la publicité de l’activité. Tout ce beau monde se retrouve donc à collaborer autour d’une activité de plein air. Tout cela est ben ben le fun, c’est stimulant.

Quel genre de plein air fais-tu avec tes étudiants?

Il n’y a plus de spécialité plein air au niveau du programme comme tel. On tente de former les jeunes afin qu’ils soient le plus polyvalent possible. Dans les cours « Élaboration des activités » et « Perception et tendances dans le domaine des loisirs », on touche aux fondements des activités de plein air. En dernière année, le cours de « Recherche et développement » amène les étudiants à développer de nouvelles activités de plein air. Par exemple, en collaboration avec le centre de villégiature Jouvence, dans les Cantons-de-l’Est, on a développé une activité de grimpe dans les arbres. Ce n’est pas comme l’activité d’Arbre en Arbre mais plutôt comme de l’escalade dans un arbre! Au fil des années, il y a eu des activités à saveur environnementale comme la fabrication de capteurs de rêve à partir de la récupération d’objets trouvés dans un petit dépotoir à ciel ouvert, un safari photo en forêt, où le photographe se mettait dans la peau d’un insecte, etc.

Au niveau parascolaire, dans le cadre des activités du club Aventure Nord-Est du centre sportif du collège, je participe à des activités d’initiation afin de donner le goût du plein air au plus grand nombre possible d’étudiants. On s’adresse à la masse et non à l’élite. À l’Action de Grâce, on part 4-5 jours en vélo sur la piste du P’tit train du Nord. Les bagages sont transportés en minibus et on couche dans des auberges. Ça peut aussi être du canot ou des journées multi-activités à Tremblant. Dans la première ou deuxième semaine de janvier, on a souvent fait une semaine de ski de fond / raquettes à l’auberge du Fondeur au Mont Sainte-Anne. Puis il y a la relâche de mars, où l’on peut faire la traversée en raquettes, à Saint-Tite-des-Caps. Les bagages sont transportés en motoneige et on couche en refuge. À Pâques, on fait une randonnée en vélo de 4-5 jours dans la région de Cape Cod où l’on couche en camping. On finit souvent la saison par un canot-camping au parc du Mont-Tremblant pendant une semaine. À cela, tout au long de l’année, s’ajoute une foule de petites sorties comme des randos d’une ou deux journées, par exemple.

• Quelles sont les activités les plus en demande?

Spontanément, les étudiants préfèrent les activités fortement médiatisées. Si on propose un canot-camping en lac, il faut vraiment tout faire pour vendre la sortie alors que si c’est une descente de rivière avec des rapides, tout le monde se voit en train de crier yahou dans les vagues, même s’ils n’ont aucune connaissance. Les lieux mythiques aussi, comme un bord de mer à Cape Cod, sont populaires.

Toutefois, il suffit parfois de pratiquer une activité moins « attrayante » une fois pour être accroché. Le canotage et la raquette en sont de bons exemples. Une chose est certaine, la découverte de la vie de groupe est une grande révélation. Une fois qu’ils y ont goûté, ils en redemandent!

Dans ton enseignement, quels sont les irritants?

Le fait d’avoir à me battre constamment contre certaines valeurs véhiculées par les médias, et par le fait même, l’ensemble de la société. Des valeurs où la performance prime, où la compétition est à l’honneur et ce, au détriment de l’expérience comme telle et de l’individu même. En plein air, on prône plus la participation que les performances. En fait, la plus grande richesse d’une activité de plein air se retrouve dans ce qui est vécu. On n’a pas de médailles à donner, on a pas de Bol d’Air, comme ils ont un Bol d’Or en football!

Pourquoi crois-tu qu’il est important d’intégrer ces valeurs de plein air à ton enseignement?

C’est un complément fondamental, essentiel dans toute démarche d’éducation globale. Le plein air permet non seulement de développer des compétences sportives mais aussi des relations interpersonnelles, une conscience sociale, une préoccupation environnementale et aussi à adopter des habitudes de vie saines. C’est pourquoi il est si important de viser la masse et non l’élite.

Qu’est-ce qui te fait tripper dans ton emploi?

J’ai le plus beau métier du monde… J’ai la chance, à travers ces activités de plein air, de voir les étudiants se développer et devenir de meilleurs personnes.

Et l’avenir, c’est comment?

C’est pas simple. Je crois qu’il est important que le plein air occupe une grande place dans la vie des étudiants. Pourtant, on a de la difficulté à trouver les budgets nécessaires pour réaliser des activités intéressantes et en nombre suffisant. C’est un combat de tous les jours.