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Danielle Descent

27-03-2009

Danielle Descent n’est pas une femme ordinaire, c’est le moins qu’on puisse en dire. Partie à 20 ans en voyage sur la Côte-Nord, elle fond pour ce coin de pays grandiose, décide d’y rester, devient psychologue et travaille pour les communautés innues, épouse un Innu et élève ses en­fants métis à Maliotenam. Trente ans qu’elle vit et travaille dans les communautés, qu’elle s’implique à tous les niveaux : elle participe à monter un spectacle de marionnettes géantes (L’aide de Maish-tapeu) avec le concours de la stratégie nationale de prévention du suicide chez les jeunes Autoch-tones, amène des jeunes Innus en expédition de canot pour resserrer leurs liens avec la nature, etc. En 30 ans de vie indienne, elle est devenue indienne à sa façon : elle n’a pas son pareil pour vous dépecer un caribou, braiser l’outarde ou dénicher de petits fruits sauvages. Je le sais, je l’ai vue faire.

Quand j’ai rencontré Danielle en entrevue de sélection pour notre concours, j’ai été saisie par la vigueur de sa poignée de main et par la clarté bleutée de son regard. Une vraie poignée de main, et un vrai regard. Elle m’a parlé de Kaniste, feu sa belle-mère (la mère de son mari), une femme qui l’a initiée aux traditions, aux valeurs et au savoir-faire innus. Et j’ai compris que, pour elle, se rendre au Mushuau Nipi, sur cette piste an-cestrale et mythique, représentait bien plus qu’une expérience inoubliable: il s’agissait d’un véritable pèlerinage au cœur de la mémoire collective de cette nation, un retour aux sources d’une culture qu’elle a faite sienne peu à peu.

Le quatrième Séminaire nordique autochtone organisé l’été dernier par Serge Ashini Goupil et Jean-Philippe L. Messier, avec l’aide des Amis du Mushuau Nipi, a rassemblé, autour de nos extraordinaires hôtes innus et blancs, de remarquables professionnels qui témoignent d’un engagement rare, tant sur le plan politique qu’environnemental. Autour des coprésidents Marie Léger, de Droits et Démocratie, et Roméo Saganash, du Grand Conseil des Cris, nous avons eu la chance de côtoyer le député fédéral Bernard Bigras, porte-parole en matière d’environnement, et David A. Walden, secrétaire général de la Commission canadienne pour l’UNESCO, pour ne citer que ceux-là. Au cours de notre dernier repas, David Walden m’a fait cette confidence qui m’est restée en tête et que je ne peux m’empêcher de partager avec vous: «Danielle est une des fem-mes les plus extraordinaires que j’aie connues.»

Voici le récit inspiré de son pèlerinage »»

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