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La forêt dans ma cour: Eugène Petiquay

07-03-2012

Dans la cour arrière de la maison d’Eugène Petiquay, il y a un petit camp en bois rond, comme si nous étions en pleine forêt. Et nous y sommes presque. Le village attikamek de Wemotaci, situé à cent kilomètres au nord de La Tuque, est ceinturé par la rivière Saint-Maurice et par des collines couvertes de conifères à perte de vue.

Dans ce campement, Eugène a installé son atelier de fabrication de raquettes et de tambours traditionnels. Mais là n’est pas sa vraie demeure. À l’image de ses ancêtres attikameks, Eugène est un nomade dans l’âme. Dès qu’il le peut, il s’enfonce au cœur de son véritable pays : la forêt. Trappe de castors et randonnée en raquettes l’hiver, cueillette de bleuets l’été, chasse à la perdrix l’automne: toutes les raisons sont bonnes pour arpenter ce territoire si intimement lié à ses racines amérindiennes.

Mais si Eugène occupe autant la forêt de ses aïeux, c’est aussi parce qu’il souhaite garder vivante une culture millénaire. «Les premiers hommes qui se sont installés ici ont, sans le savoir, appliqué le concept de développement durable, dit-il. Ils occupaient le territoire et ils prélevaient les ressources – animaux, plantes – en suivant non seulement les saisons et les migrations, mais en s’assurant de pouvoir continuer à chasser et à récolter pendant des décennies.»

S’il est encore difficile de transmettre aux jeunes du village sa passion pour les connaissances ancestrales, Eugène Petiquay ne perd pas espoir. «En sauvant Wemotaci des flammes en mai 2010, nous avons retrouvé notre fierté. Et de plus en plus de gens comprennent une chose, ici : la forêt ne nous appartient pas. C’est nous qui lui appartenons. Voilà pourquoi nous devons la chérir.»

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