Camp de base de l’Everest :
aventure et… sécurité

On ne compte plus les forfaits express de voyagistes spécialisés qui offrent, en une semaine, dix jours tout au plus, l'expérience d'un sommet à des randonneurs du dimanche qui ne savent pas vraiment à quoi s'attendre… À chaque fois, c'est un peu la loi de la loterie qui s'active.

En ce qui nous concerne, le temps, ce n'est pas ça qui manque! 25 jours de trek, c'est assez pour conjuguer l'acclimatation à tous les temps… C'est d'ailleurs pour préparer notre organisme à la diminution progressive d'oxygène en altitude que nos guides Manu et Jean-Seb nous proposent de démarrer tranquillement à Shivalaya, à moins de 2000 m d'altitude.

Les deux premières semaines, nous les passerons donc entre 2000 et 3000 m, jouant la règle de l'acclimatation qui veut qu'on monte et redescende par paliers, pour s'assurer une ascension en douceur.

Pourtant, cette règle ne semble pas unanime. Parvenus a Namche Bazar, à 3400 m d'altitude, on ne compte plus les trekkeurs essoufflés, peu acclimatés parce qu'ils ont débuté leur ascension à Lukla (par un vol direct depuis Katmandou), à seulement une journée de là.

Nous, nous adoptons depuis le début le rythme dit "du petit boeuf", une alternance de pas exécutés au ralenti, comme un film qui serait projeté une image à la seconde… Et sur ces sentiers abrupts, la chose prend tout son sens. Surtout qu'on sait tous que notre ascension va prendre du plomb dans l'aile à mesure que nous prendrons de l'altitude. Ça laisse le temps de voir le paysage qui défile doucement, doucement…

Cette expé s'accompagne d'un suivi de santé rigoureux. Chaque soir, chacun de nous a rendez-vous avec nos guides (dont les formations en soins infirmiers et secourisme rejoignent les plus hauts standards), lesquels s'assurent que tout fonctionne au mieux dans nos signes vitaux et nos fonctions organiques… Le moindre soupcon dysfonctionnel est aussitôt traité à la source pour prévenir tout problème de santé – de la friction annonciatrice d'une ampoule à l'oedème pulmonaire…

Sur les sentiers, chacun de nous s'évertue à vider tranquillement sa gourde plus de trois fois par jour, convaincu dans son moi profond que s'hydrater abondamment reste, pour l'heure, la meilleure chose à faire à chaque pause… et aussi la meilleure arme qu'on puisse brandir contre le mal aigü des montagnes.

Mais on n'en est pas encore là; un pas après l'autre, un jour après l'autre, nous obéissons à la règle de la lenteur et du lâcher prise. Tous autant qu'on est, on deviendrait presque un peu bouddhistes…