L’équipement non durable


Le virus de l’obsolescence programmée se propage.

On n’aurait jamais cru voir ça il y a quelques années: un chaudron conçu pour cuisiner en plein air, mais qui se déforme sous l’effet de la chaleur du poêle! Pas plus qu’un bâton de randonnée qui casse sous la pression… Nos équipements de plein air sont-ils en train de souffrir du syndrome de l’obsolescence programmée? Vous savez, ce principe fondateur de l’économie de marché qui consiste à construire plus fragile pour vendre plus?

Autre décalage notable dans l’équipement de plein air: des produits à usage unique, jetables après utilisation, comme des lampes avec piles intégrées non remplaçables ou des capsules d’air comprimé jetables (photo) pour gonfler les pneus! L’argument des fabricants pour réhabiliter ces produits? Ils sont généralement recyclables. Comme si l’opération du recyclage était privée de coût environnemental!

Et puis il y a le fameux phénomène de mode, ce «pousse à l’achat compulsif» qui rend un beau matin le vert «très tendance» ou qui présente un design totalement repensé. Bref, rien n’est épargné pour donner au consommateur le goût d’acheter plus léger, plus performant ou plus pratique, même si celui-ci n’en a pas besoin.

«S’il y a une industrie qui a le potentiel d’innover et de se démarquer, c’est bien celle du plein air, écrivait récemment dans nos pages l’expert-conseil en développement durable Jean-Sébastien Trudel. Oui, les fabricants ont un rôle à jouer, mais les détaillants aussi. Tout comme nous, les consommateurs, qui pouvons – devons – exiger des produits durables.»