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Le fix d’adrénaline

23-04-2013

photo: école de wingsuit atmosphair

Plus haut, plus loin, plus vite : le plaisir est dans l’excès.
Ces dernières années, la quête du plus haut taux d’adrénaline a repoussé les limites des activités de plein air extrêmes. Pour s’éclater à fond, il ne suffit plus de s’adonner au parachutisme sportif (skydiving) ou de dévaler à skis un mur de 70 degrés dans les Chugach: il faut marcher en équilibre sur un slackline à 300 m du sol ou enfiler une combinaison ailée (wingsuit) pour planer périlleusement le long des falaises. Le parachutiste Alain Houde, proprio du centre de parachutisme Atmosphair, à Québec, a formé une trentaine d’adeptes de wingsuit. Il explique ce désir de sensations fortes par un besoin de repousser ses limites, mais aussi par le sentiment de liberté que ces activités procurent. «On dirait que les gens ont envie de savoir jusqu’où ils peuvent avoir peur», ajoute-t-il.  Évidemment, quiconque a déjà fortement sollicité ses glandes surrénales confirmera que le bien-être post-adrénaline compte aussi pour beaucoup dans ce type d’expérience. D’autres avancent aussi que les adeptes de sports extrêmes s’évadent souvent ainsi de leur vie rangée, réglée au quart de tour, aseptisée, ou encore, qu’ils manquent de stimuli dans une société de plus en plus obsédée par la sécurité. Mais il y a plus. «Depuis qu’ils peuvent se filmer et aisément partager leurs exploits par la vidéo, les gens sont encore plus portés à vouloir essayer des sports extrêmes, explique Alain Houde. Grâce aux images qu’ils voient sur YouTube, ils s’imaginent que ces activités sont relativement accessibles et faciles à pratiquer; or, il n’en est rien.» À ce titre, avis aux intéressés: avant de pouvoir procéder à une première sortie en wingsuit, il faut auparavant effectuer 200 sauts en chute libre. En voilà assez pour tracer radicalement la frontière entre le rêve et la réalité…

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