Présenté par Tourisme Percé
Destinations | Québec

Lumière d’automne sur Percé

Amoureux de lumière d’automne? Rendez-vous à Percé pour les plus belles randonnées.

Un rêve pour les Îles

Je reviens tout juste d’un petit aller-retour aux Îles de la Madeleine. Je me demande si elles ne sont pas encore plus belles sous la neige et dans le blizzard que dans la lumière estivale. Peut-être. Encore que… faut voir. Bref: quel joyau, tout de même, ce paradis maritime, cette langue de terre sablonneuse qui étire le Québec jusqu’aux confins du golfe. Où qu’on se trouve sur l’archipel, on a le regard qui finit toujours par plonger dans la mer.

Comme à la Butte du vent, à Cap-aux-Meules, ce petit massif de collines qui constitue le plus haut point de vue de l’archipel. En ce début mars, sillonner ses sentiers en raquettes était un pur délice, surtout à cause des grosses épinettes qui pliaient sous le poids de la neige fraiche. Et comble du bonheur: le faire avec Huguette Molaison, une Madelinienne pur jus avec un regard bleu limpide et un je-ne-sais-quoi en elle qui vous fait vous sentir bienvenu sans avoir à vous le dire. C’est peut-être ça qu’on appelle le «chaleureux accueil des Madelinots». (Huguette est membre active de Randonnées de plein air des Îles, un groupe qui se réunit une fois par semaine pour célébrer en marchant la beauté des lieux.)

En hiver, les îles sont en hibernation, mais continuent de vivre au ralenti. Faut être un peu aventurier pour choisir d’y venir en plein hiver, mais on les a presque toutes à soi sans devoir les partager sur les routes, les plages, les sentiers. Ou sur la banquise.

Alors s’il nous arrive de frémir, c’est moins à cause du froid qu’à cause de la récente décision du gouvernement d’aller de l’avant avec l’exploration pétrolière et gazière dans le golfe, notamment dans le bassin des Îles de la Madeleine. Devant les dangers que représentait cette activité pour l’écosystème insulaire, un moratoire avait été imposé sur le site de Old Harry (entre les îles et Terre-Neuve) en 1998. Alors qu’en est-il de ce nouveau projet d’exploration?

«On exerce déjà une énorme pression sur ce milieu très fragile, m’explique Natalia Porowska, une biologiste très engagée qui vit aux îles depuis plusieurs années. L’érosion y est très accentuée et les 350 points d’accès entre mer et territoire rendraient un accident pétrolier d’autant plus dramatique.»
Bien sûr, sur place, il y a les détracteurs du projet, conscients de détenir entre leurs mains le sort d’un territoire déjà malmené par l’activité humaine; et puis il y a les défenseurs du progrès qui y voient des sources de profits et d’emplois importants pour une région éloignée. Et puis il y a le fameux débat sur les hydrocarbures qui n’en finit plus de revenir en boucle. Sans compter les querelles interprovinciales et les revendications adressées aux instances fédérales. Tout ça crée un méchant brouhaha, surtout en période électorale. D’autant que le fleuve représente un enjeu majeur pour les élections: touristique pour les uns, industriel pour les autres.

Les Îles de la Madeleine, l’île d’Anticosti, ce ne sont pas des territoires perdus qu’on doit accepter de sacrifier sur l’autel de l’indépendance énergétique du Québec sous prétexte qu’ils sont éloignés et sauvages. On ne sait que trop les risques liés à l’exploration, mais aussi au passage des pétroliers, à la circulation de pipelines et à l’impact d’une activité aussi intrusive sur ce milieu exceptionnel.

Et si on faisait tous un autre rêve pour les Îles? Il y a sûrement autre chose à imaginer pour elles que cette logique productive qu’on voit année après année défigurer les plaines de l’Alberta – pour ne citer qu’elles. Et mener la planète à la catastrophe climatique.
La stratégie énergétique du Québec doit-elle absolument contaminer chaque parcelle de notre Belle Province?

On peut joindre Randonnées de plein air des Îles via sa page Facebook; y sont organisées des sorties en raquettes ou ski de fond. Pas de règlement, pas de contraintes, pas de droit d’accès ni d’inscription, le tout est bénévole et ouvert à tous. Pour plus d’infos sur l’écologie aux îles, on peut contacter la Société de conservation des Îles-de-la-Madeleine ([email protected]) ou le comité zip des Îles-de-la-Madeleine (zipdesiles.org). Infos sur le tourisme aux Îles: tourismeilesdelamadeleine.com.