PRÉSENTÉ PAR TOURISME OUTAOUAIS
Destinations | Québec

Le plein d’oxygène en Outaouais

Pour bouger et s’oxygéner, l’Outaouais est la destination plein air par excellence.

PRÉSENTÉ PAR RÉSEAU ZECS
Destinations | Québec

Passion plein air dans les zecs de la Mauricie

Parmi les 63 zecs du Québec, onze occupent les grands espaces forestiers de la Mauricie. C’est le temps de les explorer.

PRÉSENTÉ PAR TOURISME LOTBINIÈRE
Destinations | Québec

Fascinante Lotbinière

Actifs ou contemplatifs, bouclez vos ceintures direction Lotbinière.

Les destinations que l’on porte en soi

  • Photos Samuel Lalande-Markon

Nous vivons dans une époque remplie de paradoxes. Les expériences individuelles qui sortent de l’ordinaire sont valorisées, mais on tend, collectivement, à vouloir les imiter. Ainsi, les marcheurs se massent en cordée sur les flancs de l’Everest, alors que de nombreux sommets de l’Himalaya attendent encore d’être conquis pour la première fois. Au sens étymologique, ordinaire signifie justement « rangé par ordre ». Il y a quelque chose d’ironique à payer une fortune pour aller faire la file à 8000 m d’altitude.

On manque peut-être d’imagination au moment de choisir une destination d’aventure. La chose s’observe à la fois dans le marché de l’expédition de luxe à 100 000 $, mais également à plus petite échelle lorsqu’on constate la popularité de certains sentiers de la Sépaq au détriment de réserves fauniques ou de zecs avoisinantes.

Prenons un pas de recul et demandons-nous d’abord ce qu’est une destination. C’est un lieu, mais également une motivation à se rendre dans ce lieu. La dimension intérieure du voyage est inhérente à sa dimension extérieure, et l’une et l’autre interagissent constamment. On peut vouloir se mettre au défi pour améliorer sa condition physique, se prouver qu’on peut réaliser de grandes choses, vivre un deuil ou encore, se donner l’occasion de réfléchir à sa vie. Selon sa motivation, on choisira alors de parcourir un itinéraire le plus rapidement possible, de se rendre dans un endroit difficile d’accès, de visiter un lieu à haute teneur symbolique ou simplement de s’isoler en nature dans l’espoir de croiser le moins de personnes possible.

Le vétéran de l’Arctique Jerry Kobalenko propose d’envisager une expédition selon trois critères : la beauté des paysages, le caractère patrimonial et la faune. J’ajouterais également : . Considérer une destination selon ces perspectives permet de diriger le regard à l’extérieur des proverbiaux sentiers battus. Bien entendu, s’informer au sujet de la destination, qu’il s’agisse de consulter des données géoréférencées, des rapports d’expédition ou des études du gouvernement, est un critère déterminant avant d’arrêter son choix.

Il m’est souvent arrivé de ne pas réfléchir à mes motivations intrinsèques ou à mon attrait pour une destination. Une fois, en 2013, des amis m’avaient proposé d’aller marcher dans les sierras californiennes pendant quelques semaines. J’avais lancé sur un coup de tête que je reviendrais seul à vélo. Deux ans auparavant, j’avais traversé le Canada et je me disais que les États-Unis s’inscrivaient en toute logique dans cette continuité. J’avais non seulement sous-estimé la difficulté de l’itinéraire qui devait me mener au travers des bassins désertiques du Nevada, des cols escarpés des Rocheuses et des pluies diluviennes du Missouri, mais également ma motivation à entreprendre un voyage de six semaines à vélo sans préparation adéquate.

Il m’a fallu quelques années pour comprendre que, contrairement à ma traversée du Canada, qui visait à me prouver que j’étais capable de le faire, ma traversée des États-Unis était une manière d’embrasser mon américanité, physique et spirituelle, et peut-être de me prouver… que j’étais encore capable de le faire !

On cherche à répéter les expériences marquantes qu’on a vécues ou que d’autres ont vécues, à structurer ce qui devrait en fait nous sortir de l’ordinaire. Le voyage est une parenthèse qui permet de renouer avec la part d’incertitude en nous. Sans nécessairement négliger les itinéraires réputés, il vaut parfois la peine de chercher du sens dans des lieux inattendus, que ce soit sous la forme d’une expédition de plusieurs semaines ou d’une microaventure d’une journée à proximité de la maison. Après tout, il y a autant de destinations qu’il y a de sensibilités et d’individus.