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PRÉSENTÉ PAR TOURISME LOTBINIÈRE
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Que reste-t-il de la COP15 ?

  • France Cormier

Il y a un peu plus d’un an, en décembre 2022, a eu lieu à Montréal la 15e Conférence des Parties (COP15). Les 196 pays membres de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique se sont penchés sur 23 cibles prioritaires à atteindre d’ici 2030, dont la réduction significative des pesticides, l’arrêt de la surpêche dans les océans et le contrôle des espèces exotiques envahissantes.

En guise d’introduction à la conférence, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, déclarait, s’adressant aux 18 000 délégués, que l’humanité était devenue « une arme d’extinction massive », qu’il fallait intervenir sans tarder. On a promis d’agir, de débloquer des fonds pour stopper la crise de la biodiversité, d’aider les organismes non gouvernementaux et les pays les moins fortunés, etc.

Encore des vœux pieux ? Ou, au contraire, une réelle mobilisation planétaire pour enrayer l’érosion de la biodiversité ? Que reste-t-il, presque un an et demi plus tard, de cette grand-messe internationale ?

Aux yeux de plusieurs, les trois premières cibles adoptées à la COP15 sont les plus importantes. Dans l’ordre, il s’agit de :

  1. diminuer, à « près de zéro », la perte des aires très riches en biodiversité ;
  2. s’assurer qu’au moins 30 % des milieux naturels dégradés seront restaurés ;
  3. s’assurer que 30 % des milieux terrestres, d’eau douce, côtiers et marins, particulièrement ceux de haute importance pour la biodiversité, seront protégés.

Le tout d’ici 2030.

On n’a guère avancé sur ces trois fronts principaux, il faut l’admettre. Les engagements pris à Montréal restent toujours, pour la plupart, des promesses sur papier. Au Québec, au Canada et ailleurs, on discute encore dans les officines gouvernementales des manières d’investir pour protéger plus de superficies, des programmes de subventions à mettre en place, etc. Bref, on brasse de la paperasse.

Oui, les efforts à faire pour que les paroles se transforment en actions sont considérables. À l’heure actuelle, plus des deux tiers des espèces en péril à l’échelle canadienne sont protégées… sur seulement 10 % de leur aire de répartition.

Mais mettre des territoires à l’abri du développement, principalement dans le sud du pays où les terres sont fortement privatisées, est un processus long et compliqué. Et il passe surtout par l’octroi de sommes importantes aux organismes de conservation afin qu’ils puissent faire les acquisitions de terrains nécessaires dans le but de maintenir les populations d’animaux et de végétaux en péril.

L’implication citoyenne et la conservation volontaire – des propriétaires font don de leurs terres ou les cèdent à un prix sous le marché – donnent certes des résultats, mais les superficies sont de petite taille – au Québec, par exemple, les 75 000 hectares sous la protection d’organismes membres du Réseau de milieux naturels protégés ne représentent que 0,6 % de la superficie des terres privées. On est encore loin des 30 % à protéger, une cible à atteindre dans six ans…

Vous sentez une bouffée d’écoanxiété vous envahir rien qu’à lire cette chronique ? Un des remèdes prescrits est d’agir, ce qui permet, à l’échelle individuelle, de reprendre le contrôle de la situation et d’atténuer nos craintes. Quoi faire ? Comme le proverbial colibri qui tente d’éteindre un incendie de forêt, une goutte d’eau à la fois, on nous suggère souvent de trouver notre propre manière de faire notre part. Même si ce sont de petits gestes. Bientôt, toutefois, ces actions citoyennes ne suffiront plus. Il faudra prendre les grands moyens. Et cela passera par une réelle volonté politique de nos dirigeants.

Michel Leboeuf est écrivain, biologiste et vulgarisateur scientifique.