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Santé

La motivation ne tombe pas du ciel

16-10-2013

On entre dans la saison morte. Finis les triathlons, la natation, les courses du Circuit Endurance ou les compétitions de vélo: voici venir le temps des sports d’hiver. Continuer à garder la forme lorsque le soleil se pointe à 7h30 et se couche à 16 h est tout un défi. Qu’on soit passionné ou pas.

Souvent, les gens me trouvent chanceuse d’avoir une passion et me disent qu’ils aimeraient en avoir une, eux aussi. C’est comme s’ils s’attendaient à ce qu’elle tombe du ciel et que, une fois attrapée, elle ne les quitterait plus. Pire: certains me confient qu’ils ne sont tout simplement pas faits pour entretenir une passion. Comme si c’était génétique. Comme si je trouvais ça passionnant, courir toute l’année.

Je ne me suis pas levée un matin animée d’une passion pour la course, pas plus que vous vous êtes levé un jour avec celle de la lecture, du vélo, de la botanique, de la Bourse, de l’astronomie ou de la gastronomie. Je suis convaincue que la passion et la motivation qui nous poussent à persévérer naissent dans l’action et viennent à ceux qui osent s’aventurer dans l’inconnu et affronter la peur de l’échec.

Quand on entreprend une nouvelle activité (professionnelle, sportive, personnelle ou autre) et qu’on l’aime, il est faux de croire que le plaisir qui s’ensuivra ne sera qu’exponentiel. Le jour où on comprend cette réalité, on s’adapte aux hauts et aux bas de sa motivation, et on trouve les moyens de continuer à avancer à petits pas vers son but, malgré les essoufflements. Bref, c’est normal de ne pas être «full motivé» tout le temps, comme diraient mes enfants.

La littérature scientifique regorge d’études qui montrent qu’en moyenne 60% des personnes ne maintiennent pas leurs bonnes habitudes de vie au-delà d’un an. En effet, les fumeurs qui désirent renoncer au tabac essuient de 6 à 8 échecs avant d’y parvenir définitivement. De même, les gyms sont rentables parce que bien des gens s’offrent un forfait annuel, mais ne l’utilisent que les premières semaines. Et que dire des programmes minceur à long terme? Ce n’est pas le manque de courage ni l’imbécillité qui engendrent de tels échecs, mais plutôt l’irréalisme des objectifs personnels et des attentes.

Dans mes conférences et mes ateliers sur la motivation et le dépassement de soi, je passe en revue les outils qui favorisent le développement de ces qualités. Il n’y a pas de recette miracle. Pour maximiser les chances de rester motivé et d’honorer ses bonnes intentions, il faut comprendre quelles sont ses propres motivations à s’engager et construire sur cette base.

Des outils de motivation
Tout d’abord, trouvez la raison profonde qui vous incite à déployer des efforts. Initialement, j’étais motivée à courir pour me remettre en forme et m’accorder du temps avec moi-même. Puis, petit à petit, l’envie de me dépasser, de participer au marathon de Boston et de sensibiliser les gens aux saines habitudes de vie devenait la raison première qui m’incitait à me lever tôt, à pousser un peu plus loin ma volonté. Et vous, qu’est-ce qui vous motiverait en pleine saison morte?

Ensuite, n’attendez pas et passez à l’action. Qu’importe si vous n’aimez plus l’activité choisie quelques semaines plus tard, que vous êtes déçu de vous-même ou que vous avez peur d’échouer. L’objectif, c’est d’essayer et d’être fier d’avoir osé. On ne connaît jamais l’avenir, mais oh! comme on cherche à le contrôler et à se protéger! Vous l’avez deviné: l’aspect psychologique est encore au cœur de la motivation.

Cela fait, misez sur de petits changements à long terme plutôt que sur des transformations radicales à court terme. Ça m’inquiète toujours quand mes clients changent du tout au tout et sont gonflés à bloc: c’est souvent signe qu’ils n’arriveront pas à garder le rythme à la longue. Trop de restrictions, trop de bouleversements en même temps et trop de pression sur l’horaire mènent à l’essoufflement, malgré les bonnes intentions. Soyez réaliste et n’inscrivez à votre horaire que les activités que vous êtes convaincu à 80% de pouvoir maintenir. Oui, je reviens toujours à mes «trois petits pas»…

Dès que vos objectifs vous semblent réalistes, notez-les dans votre agenda comme s’il s’agissait d’une visite médicale que vous ne pouvez déplacer et avisez votre entourage. Surtout, posez-vous les bonnes questions. Non pas: «Ai-je le goût d’aller courir à 6 h sachant que je me suis couché à minuit?», mais bien: «Est-ce plus important d’écouter mon envie passagère ou de réaliser mes objectifs?» Bref, ne négociez plus avec vous-même sous l’impulsion du moment et foncez !
Souvent, on justifie son inaction en se disant qu’on s’investira lorsqu’on en aura envie… tout en oubliant que l’envie naît de l’action. À ce jour, personne ne m’a jamais révélé: «Je suis tellement déçu d’être allé au bout de ce projet!» Quand le doute vous tenaille, dites-vous plutôt: «Si je réalise ce projet, vais-je être fier de moi?» Si la réponse est oui, sécurisez votre parachute et sautez!

Ah oui! la peur! La peur d’échouer. Tant mieux si vous échouez. C’est la preuve que vous avez osé vivre pleinement malgré les doutes. Dans vos vieux jours, vous serez plus heureux de vous rappeler vous être cassé la figure qu’avoir fui une situation par peur de ne pas être à la hauteur. Pour vaincre la peur, le meilleur outil que je connaisse est une vidéo qui me donne des frissons chaque fois que je la regarde parce qu’elle offre une métaphore sublime de la vie. On y voit une coureuse au 600 m qui trébuche et tombe, en pleine compétition, puis qui se relève, rattrape son retard et finit par gagner!

Quand la peur me taraude, quand ma motivation est à son plus bas, je visionne cette vidéo et j’ai un regain d’énergie, d’amour et d’admiration pour l’être humain qui va chercher le meilleur de lui-même pour réaliser son plein potentiel.

Cet hiver, tout comme vous, je tomberai parfois, comme cette athlète dans la vidéo. Ensemble, nous nous relèverons parce que notre motivation profonde nous propulsera et nous forcera à nous ressaisir et à donner le meilleur de nous-mêmes, peu importe le résultat…•

Trois ingrédientsclés
Trouvez la raison profonde qui vous incite à déployer des efforts.
Passez à l’action.
Misez sur de petits  changements à long terme.

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