Dose massive de randonnée

De nouveaux prêts-à-camper offrent un camp de base des plus confortables en vue d’explorer massivement le parc du Massif du Sud, qui renferme les plus hautes montagnes des Appalaches entre la Gaspésie et les Cantons-de-l’Est.

Même après deux nuitées dans mon prêt-à-camper Éclipse, je me demandais encore comment décrire ce mode d’hébergement. Est-ce une tente, un refuge un mini-chalet ou une maison mobile ? Son revêtement en toile le qualifierait de tente, sa structure en bois rappelle plutôt un refuge, son mur généreusement fenestré fait penser à un chalet scandinave, et son absence de fondation lui donne une apparence semi-nomade. Son mobilier intégré, intelligemment aménagé, respecte le style suédois. Pas simple à décrire.

C’est peut-être ça, l’idée derrière le nom des prêts-à-camper du parc du Massif du Sud. Quand on y séjourne, on s’éclipse, laissant derrière la routine et les définitions convenues, et on se concentre sur la seule chose à faire sur place : l’immersion dans la grande nature environnante. Fait intéressant : ces hébergements nouveau genre, au nombre de six et conçus localement par une firme de Lévis, ne sont pas bâtis à distance de marche des sentiers mais DANS les sentiers. Pas de tataouinage, pas de marche d’approche. Go !

Situés dans le secteur des Bouleaux, ces chalets/tentes/refuges/maisons mobiles (c’est comme vous voulez), équipés d’une plaque de cuisson, de l’attirail de cuisine, d’un évier et d’un poêle à bois, sont accessibles en hiver uniquement à pied, en transportant les bagages dans des traîneaux fournis par le parc sur environ 300 m. Un beau défi, car on affronte une bonne côte en partant, mais cet effort nous détache de la voiture.

Le seul véritable inconvénient de ces chalets Éclipse est qu’il faut justement s’éclipser pour aller à la salle de toilette, car le bloc sanitaire se trouve dans le Pavillon Desjardins, à une centaine de mètres des hébergements. Ça garde en tête qu’on n’est quand même pas à la maison.

OUSTE, DEHORS !

Lors de notre séjour, nous avons, mon amoureuse, mes filles et votre humble serviteur vite constaté que les Éclipse possèdent une isolation supérieure, comme on dit dans le milieu immobilier. Après avoir bourré le poêle en bois, notre Éclipse se transforma en sauna. Sauve qui peut… à l’extérieur ! L’évacuation forcée tombait bien, car il y a beaucoup à faire dans ce parc régional de 119 km2 qui a ouvert ses portes en 1998. On y pratique le ski de fond, le ski de montagne, le vélo sur neige et, bien entendu, la randonnée pédestre, qui a été notre choix en raison du faible enneigement.

Le sentier vedette en hiver est le parcours de la Crête des Grives, au nord-ouest du territoire. David Letky, le directeur général adjoint du parc, m’avait promis une enfilade de points de vue. Bien que le sentier ne s’étire que sur 11 km, il s’agit d’une rando à ne pas prendre à la légère. Racines, branches et roches entravent le passage. La progression se fait lentement, compte tenu des 600 m de dénivelé positif. Sur la crête, dont le sommet atteint 828 m d’altitude, les panoramas à 180° rappellent la raison de cette randonnée. C’est aussi en altitude que nous avons retrouvé la neige qui recouvrait les conifères, créant un paysage de conte de fées.

Dans cette boucle, il n’y a pas que le sommet qui séduit : le chemin pour s’y rendre vaut également le déplacement. Le sentier traverse la forêt ancienne du Ruisseau-Beaudoin, un écosystème forestier exceptionnel abritant de colossaux bouleaux jaunes vieux de 250 ans. Le couvert dominant s’élève à 21 m, tamisant grandement la lumière du jour. La nuit surprend rapidement dans les parages. N’oubliez pas votre lampe frontale, au cas où.

L’autre montagne qui vaut amplement quelques gouttes de sueur est le mont Chocolat, dont le curieux toponyme fait référence à sa forme de chocolat fourré à la cerise, le fameux Cherry Blossom, friandise ayant heureusement perdu de son lustre dans les dernières années. Cette boucle nous fait entrer dans une catégorie beaucoup plus accessible. La surface de marche est lisse, sauf à quelques endroits, et son dénivelé de 380 m ne refroidit pas l’ardeur des moins crinqués. Cet itinéraire emprunte en chemin le parcours des Passerelles, qui longe le ruisseau du Milieu tout en cascades et l’enjambe à maintes reprises. Décor infiniment charmant.

Après une bonne montée, les hauteurs du mont Chocolat procurent de nombreuses perspectives sur la vallée du Milieu, la crête des Grives, le mont Saint-Magloire – le plus haut sommet de la région à 915 m – et quelques éoliennes. Le chemin du retour se fait par une descente très abrupte, qui exige une forte dose de témérité, ou en revenant sur ses pas. Le parcours du mont Chocolat m’a tellement ravi que je l’ai effectué à deux reprises pendant mon court séjour, chose que je ne fais jamais, normalement. Serez-vous conquis comme moi ?

Du camping hivernal

Sis tout près des zones de ski de montagne et de ski Hok, le camping Beaudoin s’ouvre aux campeurs hivernaux. Une première expérience en la matière pour le parc du Massif du Sud.

Du ski au sommet

Après maintes années de fermeture, la piste G, qui relie la vallée du Milieu au mont du Midi (915 m), où culmine le sommet de la station de ski alpin Massif du Sud, pourrait rouvrir à l’hiver 2025-2026, bonifiant le réseau de ski de fond de près de 9 km. Surtout, ce trajet, situé en grande partie à quelque 900 m d’altitude, devrait bénéficier d’un enneigement hâtif et abondant. Un accès en télésiège serait possible. Des tests auront lieu cet hiver pour voir si la réouverture est possible.

Entrée avec code QR

Un accès libre-service, avec code QR, sera implanté cet hiver. Désormais, nul besoin d’entrer dans le pavillon d’accueil pour acheter ou valider un billet journalier.

En bref

Des prêts-à-camper nouveau genre au cœur des sentiers dans le parc du Massif du Sud, terrain de jeu se situant à une soixantaine de kilomètres de Lévis. Deux d’entre eux accueillent nos amis à quatre pattes.

ATTRAIT MAJEUR

Une diversité de sports hivernaux auxquels s’adonner sur place : ski de fond, raquette, vélo sur neige et ski de montagne.

COUP DE CŒUR

Le parcours des Passerelles, qui suit les cascades de la rivière du Milieu, partiellement englacée en hiver.

massifdusud.com