Du nouveau à la montagne des Taillis
L’hiver dernier, Géo Plein Air a été invité à visiter les installations du nouveau centre de villégiature écotouristique Öbois Charlevoix et à skier sur la montagne des Taillis, récemment aménagée pour le ski de randonnée alpine. Comme l’hiver tardait à s’installer, nous avons attendu jusqu’au mois de mars pour y planter nos spatules, histoire de maximiser les chances de profiter d’une bonne base de neige.
Si on se rappelle bien, l’hiver en dents de scie de l’an passé a été très peu généreux en bordées de neige importantes. C’est donc la mine un peu basse qu’alors, la mi-mars venue, nous chargeons nos skis dans l’auto et prenons la route en direction de Charlevoix. Notre mince espoir de ski repose sur la tempête prévue durant la nuit.
À notre arrivée, l’ambiance printanière qui règne sur place nous confirme que les skis vont tristement passer le week-end dans la voiture. L’accueil est toutefois si chaleureux et nos hôtes si rassurants en nous proposant des solutions de rechange que le séjour s’annonce somme toute prometteur.
Autrefois connu sous le nom de Camp Arthur Savard, ÖBois Charlevoix était à l’origine un modeste relais de motoneige. En 2022, des promoteurs ont acquis la propriété afin de lui insuffler une nouvelle vie. Leur ambition ? Transformer et moderniser les bâtiments d’hébergement et le chalet resto-bar en bois rond en un centre écotouristique de pointe tout en conservant l’âme des lieux.
Après nous être installés dans notre chambre, qui allie le charme rustique des constructions d’antan au confort moderne raffiné tant convoité par les voyageurs exigeants d’aujourd’hui (nous apprécions particulièrement les planchers chauffants !), nous traversons au chalet Lodge Arthur, où se trouve le resto-bar. Nous y finissons la soirée à discuter avec quelques-uns des nouveaux propriétaires et administrateurs, dont certains sont de grands amateurs de ski de montagne – ce qui explique que l’un des objectifs d’ÖBois soit de développer une offre unique de ski sans remontée mécanique sur la montagne des Taillis.
Notre première soirée se termine autour du foyer extérieur alors que s’amorce la tempête de neige annoncée. Le lendemain matin, même si les énormes flocons tombent par milliards, on nous propose de nous accompagner au pied de la montagne des Taillis en chenillette, nous demandant de ne pas y skier. La neige ayant fondu… comme neige au soleil au cours des derniers jours, les troncs et les branches laissés au sol (par souci de préserver l’aspect naturel des pistes et de ne pas les transformer en pistes de centre de ski) peuvent rendre les descentes périlleuses. Nous empruntons donc à pied et jusqu’en haut le sentier d’ascension et redescendons par l’une des pistes en nous promettant d’y revenir l’an prochain, chaussés de nos skis plutôt que de nos bottes de rando !
De retour aux chalets, la tempête bat son plein. Nous enfourchons les fatbikes mis à notre disposition et tentons une percée sur le lac Noir. Si la veille le lac était une patinoire, les 30 cm tombés en quelques heures rendent le pédalage impossible. Nous décidons dès lors d’aller explorer les petites routes des alentours. Avec les flocons gros comme des balles de golf qui flottent sans discontinuer autour de nous et la température clémente, la promenade est féérique. Nous y croisons même des adeptes de pêche blanche en pleine action. Après un rapide lunch dans notre chambre, nous ressortons parcourir en raquettes une partie du sentier de l’Orignac, un tronçon de la Traversée de Charlevoix. Nous aimerions faire également un peu de ski de fond, mais l’offre pour cette activité demeure toujours à bonifier, et la fin de la saison a déjà sonné pour les quelques pistes gérées par la municipalité.
En retrouvant notre chambre après une fantastique journée en plein air, nous constatons que nous sommes les seuls visiteurs qui restent sur place. Même les derniers employés s’apprêtent à quitter, non sans avoir prévu qu’un cuisinier de Saint-Siméon vienne s’occuper de notre souper. Ne voulant pas déranger un chef un dimanche soir de fin de saison, nous mentionnons que nous pouvons nous organiser avec nos propres victuailles dans notre chambre. « Hors de question », nous répond-on. On nous prépare un repas à faire chauffer dans la cuisine du restaurant. C’est ainsi que nous passons une magnifique soirée absolument seuls au resto-bar. Il n’y a d’ailleurs pas âme qui vive dans tout le complexe. Quel bel exemple d’hospitalité et de confiance de la part de nos hôtes !
Un engagement écotouristique fort
ÖBois se positionne comme un centre de villégiature écotouristique. Les propriétaires s’entendent sur un développement et un fonctionnement qui respectent l’environnement (l’aménagement de la montagne des Taillis est supervisé par des experts en aménagement durable des forêts) ainsi que sur des partenariats forts et durables au sein de l’économie locale, comme en témoignent entre autres les spécialités régionales au menu du resto-bar.
Bref, si ÖBois n’en est qu’à ses débuts et que d’autres importants investissements sont à venir, l’endroit se distingue déjà comme un incontournable pour les amateurs de glisse en milieu naturel et de plaisirs d’hiver au Québec. Chose certaine, nous y retournerons cet hiver afin de poursuivre l’expérience en skiant sur la montagne des Taillis, ainsi que l’été prochain pour y découvrir l’offre d’activités estivales et d’hébergement (camping et vanlife), car ÖBois est bel et bien un centre quatre saisons !
Expérience unique
Il y a présentement quatre pistes de descente d’environ 300 m de dénivelé dont les niveaux de difficulté vont d’intermédiaire à expert. Le développement des pistes s’est fait en déboisant au minimum, afin d’offrir une expérience de ski le plus naturelle et immersive possible. On se rend au pied des pistes en chenillette (service inclus dans le prix du billet). De là, la montée jusqu’au sommet à l’aide de peaux d’ascension prend approximativement 40 minutes. Un guide accompagnateur chevronné fait également partie du forfait.
Attention, ne skie pas qui veut à la montagne des Taillis : le pourvoyeur la réserve aux clients en hébergement seulement et limite le nombre de skieurs à 30 par jour. Ce chiffre augmentera lorsque la montagne comptera davantage de pistes. L’objectif final est d’en ouvrir une douzaine, dont certaines s’adressant aux skieurs moins expérimentés. Ce choix de restreindre le nombre de skieurs ainsi que le nombre projeté de pistes reflète le désir de conserver une atmosphère de nature sauvage ainsi que d’offrir aux skieurs le maximum possible de belle neige et de first tracks (premières traces).
EN BREF
Un centre de villégiature écotouristique combinant avec brio authenticité et luxe moderne discret.
ATTRAIT MAJEUR
Le ski de randonnée alpine, bien que le fatbike, le ski de fond, la raquette et la rando hivernale soient aussi à l’honneur.
COUP DE CŒUR
Du fatbike sur les routes désertes avoisinantes en pleine tempête de neige…




