4 destinations dans les Hautes-Laurentides

La Montagne du Diable: du rêve à la réalité
Les amants du plein air connaissent bien cette montagne. Sa réputation n’est plus à faire. Deuxième sommet des Laurentides après le mont Tremblant, la Montagne du Diable culmine à 783 m d’altitude. Elle occupe un immense territoire sauvage de 10 000 hectares. Son vaste réseau de ski de fond, de plus de 150 km, est unique. Des circuits d’interprétation de 2 ou 3 km peuvent être combinés, ou on choisit de suivre le sentier des sommets qui sillonne la ligne des crêtes des montagnes pendant 22 km. Avec des dénivelés qui peuvent aller jusqu’à 550 m, les défis sont intéressants, d’autant plus qu’on a le loisir de coucher dans l’un ou l’autre des six refuges.


Mais le défi le plus stimulant, c’est Christian Parent qui doit le relever. D’abord en créant le parc régional de la Montagne du Diable. «C’est notre meilleur outil de développement et d’identité», explique le directeur général des Amis de la Montagne. En 2009, une firme de consultants a été mandatée pour proposer un plan d’aménagement et de gestion du parc. Deux ans plus tard, après moult tergiversations, on a accouché d’un plan très ambitieux qui permettrait au parc de diversifier son offre de services au cours des cinq années suivantes. Avec Christian Parent, les consultants ont aussi exploré un des secteurs où on y construirait le village des «Bâtisseurs», près du lac de la Montagne. On y aménagerait un pavillon de services et huit chalets. Dans ce secteur, on mettrait l’accent sur les activités hivernales. Plus tard, on doterait le sommet de la Montagne du Diable d’un site d’hébergement où on proposerait des activités d’interprétation. Christian Parent s’est arrêté souvent dans le très beau sentier de raquette aménagé dans le sous-bois pour me pointer du doigt les futurs emplacements et m’expliquer la nature des aménagements. Il ne rêvait plus.

Repères : Les Amis de la Montagne du Diable, 94, 12e Rue, Ferme-Neuve.
1 877 587-3882 ou www.montagnedudiable.com                         

photo:montagne du diable

Le Village Windigo: à perte de vue
Le réservoir Baskatong est le principal acteur des histoires de la région. Imaginez, un village a été englouti dans le réservoir, un (trop) grand projet n’a pas vu le jour et un nouveau village s’est installé aux abords de ce magnifique plan d’eau, une véritable mer intérieure. Difficile de décrire cette immensité à perte de vue. Sur place, l’effet est saisissant. En été, la très belle plage est unique et la promenade sur les rives du réservoir en rappelle d’autres sur les côtes du Maine. En hiver, quand «on regarde courir la poudrerie sur la croûte de neige» (Félix Leclerc), le spectacle est magni­fique. Le Village Windigo propose 35 chalets et condos, un restaurant gastronomique, un centre de conférences et plusieurs activités de plein air. Entre autres, une douzaine de kilomètres de pistes de ski de fond, près de 25 km de pistes de raquette, dont une vous amène directement sur le bord de la très belle chute du Windigo.

C’est au début des années 1990 qu’on a commencé à vouloir développer un projet sur les rives du réservoir Baskatong. Le secteur privé s’en mêle et un homme d’affaires belge, Henry Mestdagh, succombe aux charmes de l’endroit en 1999. Mais tous les associés ne sont pas sur la même longueur d’onde. En 2004, Mestdagh reprend le flambeau et devient le principal gestionnaire du site. Exit l’idée d’ériger un hôtel de 30 à 50 chambres. En 2007, Marc Mestdagh, un des fils d’Henry, s’installe définitivement au village. Et le village en­glouti, dites-vous? À l’époque de la construction d’une série de barrages sur la rivière Gatineau en 1927, le village Baskatong (situé à 60 km au nord de Maniwaki) a disparu sous 40 pieds d’eau. Aujourd’hui, les restes refont surface au printemps quand le niveau d’eau du réservoir Baskatong est à son plus bas.

Repères : Le Village Windigo, 548, chemin Windigo, Ferme-Neuve. 1 866 946-3446 ou www.lewindigo.com

Village de Tee-Pee «La Bourgade»: paix et sérénité
Il fait chaud, très chaud. Je suis à mi-chemin entre le rêve et la réalité. Les histoires que m’a racontées Pierre Duguay sur le «chamanisme» tournent dans ma tête. Toute cette précision dans l’installation de ces tipis traditionnels «sioux»… Cette «roue de médecine », les enseignements du chef William Commanda… Il fait vraiment chaud. Soudain, je me réveille. Le poêle ronronne. La chaleur est intense. J’ai probablement mis une ou deux bûches de trop… Je dégage l’entrée de mon tipi, nommé Ours-noir. Une bouffée d’air frais l’envahit. Une journée vraiment inoubliable. Plus tôt, j’ai profité des Bains du lac Marie-Louise de Yolande Forcier, la conjointe de Pierre Duguay. Un spa nordique conçu et construit par ce couple hors de l’ordinaire. Pendant deux heures, on est seul à profiter du site: sauna finlandais chauffé au bois, bain de vapeur (hammam) aromatisé aux herbes et aux huiles essen­tielles, baignoire à remous multijets. Pur bonheur.

On n’a pas oublié les amateurs de plein air et les amants de la nature. On a aménagé des sentiers de ski de fond et de raquette (une dizaine de kilomètres). On offre un forfait pour une randonnée en traîneau à chiens. On vous encourage à découvrir la pêche blanche sur le lac Marie-Louise. Et on découvre, en arpentant le sentier autour de La Bourgade, des animaux naturalisés dans leur habitat naturel. Une expérience unique qui vous secoue l’intérieur!
Dernière petite chose: vous pouvez préparer vos repas sur place, mais à quelques kilomètres de La Bourgade, il y a un très bon restaurant qui vaut le déplacement.

Repères : La Bourgade, 158, chemin Poissant, Lac Saint-Paul.
819 587-4355 ou www.labourgade.ca
Restaurant des Lacs, 5, chemin des Lacs, Chute-Saint-Philippe.
819 585-9500

 

photo: CLD Antoine-Labelle

Auberge Rêve Blanc: avec la meute
Nathalie Tuvéri, la copropriétaire de l’auberge, et Tibo, le guide de mon expédition, m’attendent sagement en ce beau matin d’hiver, un des derniers de la saison. Je n’ai pas encore aperçu les chiens de traîneaux, mais les jappements ne trompent guère. Tibo, un beau grand jeune homme de 25 ans, un «Survenant» des temps modernes, a déjà préparé tout ce qu’il faut pour m’initier à ma première randonnée en traîneau à chiens. Direction: la réserve faunique Papineau-Labelle. En chemin, il m’explique un peu les rudiments du métier de musher. Sa passion est évidente. Les chiens hurlent de joie dès qu’on arrive au point de départ. Tibo a bien sûr choisi l’attelage qui va m’accompagner. On attache les chiens un à un en s’assurant que le traîneau est bien ancré dans la neige, car ils n’ont qu’un seul but: courir. Ils adorent. Et on s’en aperçoit vite dès le départ. La tuque à peine calée sur les oreilles, les lunettes un peu croches, il faut déjà négocier un premier virage. Le traîneau se renverse, mais les chiens continuent de tirer pour rejoindre Tibo et son attelage tout juste devant moi. C’est le métier qui rentre. On apprend vite à appuyer sur le frein pour ralentir les ardeurs de la meute. Puis on comprend que les chiens connaissent très bien leur chemin et, surtout, qu’ils courent toujours au même rythme. Moins crispé, on profite de ce merveilleux terrain de jeu et on admire la symbiose entre Tibo et son attelage.

Le soir, à la belle petite auberge agrandie depuis peu, et où on fait appel à l’énergie solaire et au gaz, Jean-François Tuvéri nous rejoint. L’homme-orchestre parle de ses projets, mais aussi de leur prochaine expédition (Tibo et un ami européen seront de la partie) vers la baie James avec leurs chiens de traîneaux. Un rituel instauré il y a quelques années. La passion est encore au rendez-vous. Et le repas concocté par le chef est divin. Non, mais quelle vie de chien!

Repères : Aventure Rêve Blanc, 707, chemin de Ferme-Rouge, Mont-Laurier. À partir de 48 $ par personne en occupation double, petit-déjeuner inclus.
819 623-2628, 1 866 523-2628 ou www.reveblanc.com
 

Un outil précieux
La carte touristique des Hautes-Laurentides est publiée chaque année. Très bien faite, elle est facile à consulter et on y retrouve tous les attraits touristiques de la région ainsi que les endroits où pratiquer des activités de plein air.
1 888 560-9988 ou www.tourismehautes-laurentides.com.

Ferme La Rose des Vents: le grenier de la région
De la route, on aperçoit le remonte-pente mécanique et les dizaines de tubes qui déboulent la montagne. Jean-Guy Lacelle est plutôt fier de son aménagement. «J’ai réussi à patenter mon remonte-pente pour qu’il réponde aux normes et j’ai trouvé des tubes ultrarésistants et légers qui glissent très bien.» À voir les p’tites familles s’en donner à cœur joie sur la douzaine de pistes très bien aménagées, on n’en doute pas un instant. Mais la Ferme La Rose des Vents, c’est aussi et surtout un endroit où l’on retrouve des produits naturels du terroir et une arche de Zoé… En effet, à 300 m de l’espace réservé pour le départ des tubes, on peut observer et nourrir une vingtaine d’espèces d’animaux (bisons, wapitis, moutons, lamas, etc.). La visite guidée avec le maître des lieux vaut le détour. Jean-Guy Lacelle présente sa famille avec passion. Il a toujours quelques anecdotes à raconter sur l’une ou l’autre de ses ouailles.

Au pied de la descente des tubes, on a accès à la boutique de la ferme. On y trouve des poulets de grain élevés et préparés sur place. De jeunes bovins aussi. Tous nourris le plus naturellement possible, sans produits chimiques ni utilisation d’herbicides. On peut aussi se procurer des saucisses, des viandes marinées et assaisonnées, des viandes fumées, des pâtés. Sont également vendus à la boutique des produits d’autres producteurs de la région: agneau, miel, hydromel, bière locale, confitures. Un véritable «Marché des Saveurs» régional. Aussi juxtaposée à la boutique, une table champêtre où on peut déguster les produits de la Ferme La Rose des Vents. Un concept signé Diane et Jean-Guy Lacelle.

Repères : Ferme La Rose des Vents, 707, boul. des Ruisseaux, Mont-Laurier.
819 623-1224 ou www.fermelarosedesvents.com