Parc national des Monts-Valin /// Plus près du nord

Je le confesse: cette petite incursion dans l’environnement sauvage des monts Valin était une première pour moi. Curieusement, je n’avais pas encore eu la chance de marcher dans ce parc national de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, et j’ai saisi l’occasion, dès qu’elle s’est présentée, pour le découvrir en randonnée de deux jours.

On m’avait promis un dépaysement qui appelle le ressourcement, et on ne m’a pas trompée. Son caractère nordique vous saute au visage aussitôt que vous grimpez un de ses 15 pics hauts de 800 à 900 m. Cette succession de sommets rapprochés change le paysage montagneux à chaque détour. Faut dire que ce massif a été formé à la suite d’un phénomène géomorphologique particulier (les failles sont dues à un effondrement tectonique), qui a fait émerger les montagnes de granit noir et provoqué de nombreuses fissures d’est en ouest (à l’image du fjord du Saguenay). Résultat: un environnement contrasté, accidenté et polymorphe.

Les marcheurs seront heureux d’apprendre que, depuis l’an dernier, on propose désormais une longue randonnée traversant le parc via ses sommets, dans l’axe nord-sud. Le nouveau – et bien nommé – sentier des Pics a pu voir le jour grâce à l’aménagement des sentiers Dubuc et Des Plateaux, qui se connectent à d’autres déjà existants.

En deux jours, vous marchez environ 20 km à travers des peuplements de bouleaux jaunes et d’érables, puis de bouleaux blancs mêlés à des conifères, pour finir, aux points culminants, dans un milieu clairsemé, proche de la taïga. Un échantillonnage particulièrement bien servi. Le tout dans le plus grand confort puisque vos effets personnels sont transportés de refuge en refuge.
En partant du chalet du lac Martin-Valin, il ne nous faudra que quelques heures pour rejoindre le pic de la Hutte (900 m) en passant par le refuge Le Pionnier, où nous passerons la nuit. La vallée qui se déploie devant nous est grandiose, surtout en cet automne radieux! On s’arrête pour la pause dîner dans la vallée des Fantômes, au relais du même nom, devant les fameux conifères qui forment, en hiver, de curieuses silhouettes sous l’abondance de la neige.

Petite journée, le lendemain, pour accéder au centre de découverte et de services via le pic de la Tête de chien. Un vent léger s’est levé, débarrassant ainsi le ciel de la couche neigeuse qui l’assombrissait.

Un seul hic: on en voudrait plus tant le paysage surprend et enchante, tant le sentier fuit les foules, tant l’impression générale qui se dégage est celle d’entrer dans la nordicité par une porte dérobée. Bon, si on y tient vraiment, on peut faire l’aller-retour pour doubler le kilométrage et… doubler le plaisir d’autant!

REPÈRES
Le parc propose un service de transport des bagages sur le sentier des Pics depuis le lac Martin-Valin ou le centre de découverte et de services, selon le sens qu’on adopte. Tarifs pour deux jours (dont une nuit en refuge), incluant le transport des bagages: 77 $ (ajouter 49 $ pour que votre véhicule soit apporté au lieu d’arrivée). Possibilité de passer deux nuits en refuge.
418 674-1200, 1 800 665-6527 ou www.parcsquebec.com