PRÉSENTÉ PAR TOURISME OUTAOUAIS
Destinations | Québec

Le plein d’oxygène en Outaouais

Pour bouger et s’oxygéner, l’Outaouais est la destination plein air par excellence.

PRÉSENTÉ PAR RÉSEAU ZECS
Destinations | Québec

Passion plein air dans les zecs de la Mauricie

Parmi les 63 zecs du Québec, onze occupent les grands espaces forestiers de la Mauricie. C’est le temps de les explorer.

PRÉSENTÉ PAR TOURISME LOTBINIÈRE
Destinations | Québec

Fascinante Lotbinière

Actifs ou contemplatifs, bouclez vos ceintures direction Lotbinière.

Au fil de l’eau sur le Suwannee

C’est sous le pont de la route 136, près de la jonction avec la 41, que se trouve la rampe de mise à l’eau de White Springs. La carte du fleuve indique le mile 169. Le chaud soleil du matin combiné à l’exotisme du décor donne le ton: le coup de pagaie sera mollo.

Seulement après quelques centaines de mètres, déjà un arrêt s’impose. Une grosse bâtisse en béton surmontée d’une structure de bois blanc s’accroche à la rive droite. Ce sont les ruines du Spring House. Connues et appréciées depuis toujours par les nations amérindiennes locales, les eaux thermales sulfureuses ont grandement contribué au développement touristique de l’endroit. Dès le début des années 1800, plusieurs spas ont donc été construits le long du fleuve,là où surgissent les sources minérales. Le Spring House de White Springs, quant à lui, a été construit en 1908 et offrait, à l’époque, une séance de bains dans les eaux chaudes pour la somme de 1 $! Les promesses étaient grandes, allant de la guérison des rhumatismes aux soins des pellicules… Aujourd’hui, on aura beau chercher, on ne trouvera que bien peu de cette eau miraculeuse. La source a dû se tarir.

Moins de 300 m plus bas, le Stephen Foster Folk Culture Center State Park offre une rampe pour débarquer (encore!). C’est un lieu idéal pour pique-niquer, à l’abri sous d’immenses arbres drapés de mousses. De retour sur le plan d’eau, le rythme est lent; il y a tant à voir. Seuls sur le fleuve, difficile d’imaginer l’endroit fourmillant de canots, kayaks et pneumatiques, dont certains traînent même derrière eux un petit radeau rempli de bières. Pourtant, c’est l’image que plusieurs nous ont tracée du lieu au plus fort de la saison touristique. La végétation est bien un peu rabougrie à ce temps-ci, mais c’est un bien faible prix à payer pour le calme et l’absence de moustiques!

Bienvenue au paradis!
Coup de pagaie après coup de pagaie, virage après virage, le rythme n’est brisé que par l’observation occasionnelle de grosses tortues farouches. C’est après un long et sinueux virage en S qu’apparaît une immense structure de bois: le Woods Ferry River Camp. Un peu avant le mile 159, après une petite journée de moins de 19 km en canot, on a atteint notre lieu de repos pour la nuit. C’est tout en haut de la rampe d’accès (adaptée aux personnes en fauteuil roulant, rien de moins) qu’on trouve de très pratiques chariots pour le transport des bagages. Quel luxe! Une fois le canot sécurisé et les bagages montés, une visite du camping, désert, permet de rencontrer le camp host, qui nous invite à choisir un site… n’importe lequel, puisqu’on sera probablement les seuls campeurs ce soir. Abris cuisine pour la pluie, trottoirs de bois, toilettes, douches avec eau chaude et même abris moustiquaires immenses à l’intérieur desquels on plante la tente, bref, le camping rustique est bien aménagé, du jamais-vu. Cuisiner à la douce tiédeur d’une soirée printanière du Sud: que demander de plus après une «rude» journée d’aventures? Le paradis, et gratos avec ça!

La deuxième journée s’annonce aussi ensoleillée que la première. L’eau semble plus noire et mystérieuse. Le contraste avec les falaises de calcaire est étonnant. On s’approche pour découvrir et toucher les berges escarpées qui révèlent la nature géologique. L’origine karstique du sol est propice aux résurgences, grottes et dépressions de toutes sortes. La nature basique du calcaire se combine avec son origine sédimentaire pour en faire un élément hautement sensible à l’érosion physique et chimique. En effet, les crues soudaines attaquent le roc friable et forment de très agréables pointes de sable blanc, visibles quand l’eau est basse, alors que l’acidité de l’eau gorgée de tannins «attaque» la pierre. Pas surprenant que le système d’aquifères et de sources soit des plus développés.

Le rythme de pagaie n’est pas plus rapide qu’hier. Les cyprès aux branches ornées de mousses bordent la rivière. Que ce soit leur tronc aux nervures profondes ou leur système racinaire original, tout est prétexte à un arrêt photo. Au mile 158, la mise à l’eau de Woods Ferry propose une longue langue de sable et un escalier de bois qui mène à un petit stationnement. Un jeune couple s’y est installé pour pêcher. On saisit l’indice: c’est une bonne place pour une pause. De retour sur l’eau, au détour d’un virage, puis d’un autre, les sources se succèdent: les Mattair Springs, une autre source sans nom, et les fameuses Suwannee Springs. Aujourd’hui, bien qu’une seule structure de pierre subsiste, l’endroit a connu ses heures de popularité au milieu des années 1800. Sur le site d’une ancienne usine d’embouteillage (et dire qu’on croyait le phénomène récent!), cette eau était prisée en raison de ses multiples vertus pour le corps. Si l’on en croit l’affiche au mur, elle constitue un remède infaillible pour les problèmes de reins, mais elle est aussi très bonne pour traiter la goutte, les rhumatismes, la malaria, la constipation, les pertes d’appétit, les troubles du foie et de la digestion, la jaunisse, les maladies de la peau, les problèmes liés à la circulation sanguine et… les «troubles féminins». Une eau miraculeuse, quoi!

Même si, pour notre deuxième nuit, le site de camping porte le nom évocateur de Spirit of the Suwannee Music Park, nous ne trouvons pas l’endroit digne de ce nom. Trop commercial et bruyant à notre goût. Un peu avant le parc privé, aux alentours du mile 150, une pointe de sable blond, le long des terres publiques, est bien plus invitante. C’est donc à la belle étoile, littéralement, qu’on s’endort en entendant le cri de la chouette.

Du canot très mollo
Troisième journée sur l’eau. Si les berges sont moins escarpées et plus
sablonneuses, c’est maintenant la faune aviaire qui vole la vedette. Ibis et autres oiseaux exotiques feront sortir l’appareil photo plus d’une fois. Bravant le ridicule, et quelques buissons mal placés en travers du fleuve, moi, l’œil collé à l’objectif et les fesses baignant dans l’eau au fond du canot, et ma blonde, les yeux vissés à ses jumelles, nous dérivons inlassablement pendant… une journée entière. Dure, dure, la vie de canoteurs…

Le dernier site de camping ressemble beaucoup au premier. Situé au mile 141, le Holton Creek River Camp offre aussi ces formidables abris moustiquaires sous lesquels planter notre tente, en plus d’une plage accueillante. Tellement qu’elle sera l’endroit tout indiqué pour une petite sieste aux abords du fleuve  pendant qu’une douce brise chaude fait bruisser les feuilles.

Pour notre dernière journée, nous devons descendre le courant sur 21 km. Rien pour se casser les bras. Toutefois, comme il est possible de faire durer le plaisir en remontant le courant de la rivière Alapaha, c’est avec une cadence accélérée que les virages se succèdent. On n’arrête même plus pour observer les alligators, les tortues ou les ibis, blasés que nous sommes par tant d’observations précédentes.

Soudain, à la vue d’une corde de Tarzan surplombant la rivière, l’envie nous prend de nous y accrocher. Mais à la pensée qu’un alligator se faufile peut-être sous le canot dans les eaux brunâtres, à l’abri des regards, nous refroidit toutefois un tantinet. Plus on descend vers la mer et plus le fleuve se fait civilisé et large. Cottages, accès a l’eau et bateaux à moteur sont maintenant choses courantes. Au détour, un canot de vitesse, propulsé au son des Hut, ces alertes qui annoncent les changements de côté, pointe sa proue. Les gars glissent sur l’eau vraiment rapidement. Tout à coup, on entend «Holly shit, did you see that?», en même temps qu’un énorme poisson saute hors de l’eau, juste devant l’étrave du canot. Wow! C’est un esturgeon du golfe! L’an dernier, un plaisancier s’est noyé après avoir été frappé de plein fouet par un de ces poissons préhistoriques. Et dire qu’on pensait que les alligators représentaient le plus grand danger sur le fleuve…

Une courte remontée le long de la rivière Alapaha et c’est le retour sur le Suwannee. Pagaie, pagaie, pagaie… On ne veut pas rater la navette. Peu après le mile 128, juste avant l’embouchure de la rivière Withlacoochee, on met le canot au sec. Quelques minutes plus tard, le canot sur le toit du pick-up, on retourne à White Springs, avec la tête (et les cartes mémoire) pleine d’images du Sud…•

Focus sur le Suwannee
Le Suwannee est un fleuve de près de 400 km de long. Il prend sa source dans l’immense marais d’Okefenokee, en Géorgie, plus au nord, et coule lentement vers le golfe du Mexique, où il rencontre la mer près de la ville de Suwannee. Le fleuve est méandreux à souhait. Sa couleur brune comme le thé lui vient des tannins dégagés par la décomposition végétale et contribue à lui donner du caractère, surtout lorsqu’on pense qu’elle cache sous sa surface quelques alligators de bonne taille.

Bien qu’il soit possible de mettre le canot à l’eau dans le marais d’Okefenokee, les derniers 274 km sont les plus populaires et constituent la Suwannee River Wilderness Trail. Le parcours propose de nombreux sites de camping et points de ravitaillement. Un arrêt au bureau d’information situé en plein centre du village, permet de ramasser des cartes et de précieux renseignements, le tout gratuitement. Histoire de ne pas se compliquer la vie, faire affaire avec un pourvoyeur qui fournit le canot et, surtout, le service de navette, est judicieux. Sachez qu’un circuit de quatre jours et trois nuits, qui permet de parcourir lentement les 69 km à partir de la mise à l'eau jusqu'au parc de la Suwannee, est un classique. Embarquez, on vous fait visiter…

REPÈRES
La Suwannee River Wilderness Trail est issue d’un partenariat public privé ayant pour but de faciliter la découverte et l’accès au fleuve Suwannee et à ses berges. Le parcours officiel débute à White Springs et se termine dans le golfe du Mexique, 274 km plus loin. En plus des villages et des parcs adjacents à la rivière, des river camps sont installés à plusieurs endroits le long du parcours. Ils offrent plusieurs services (toilettes, eau, abris cuisine, abris moustiquaires avec électricité, douches avec eau chaude, tables de pique-nique et espaces pour le feu de foyer). Ils ne sont accessibles qu’à partir du fleuve et sont gratuits (sinon, peu chers).
1 800 868-9914, 386 397-2880 ou www.suwanneeriver.com

American Canoe Adventures
Location de canots et de kayaks, camping et navette.
386 397-1309 ou www.aca1.com

La proximité de la Florida Trail et de plusieurs parcs d’État permet de diversifier les activités en ajoutant de la rando et du vélo au programme.
www.floridatrail.org