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Hors-Québec

Mes coups de cœur de Blackcomb

13-01-2015

Vous accédez au sommet du Mont Blackcomb par la chaise 7th Heaven ou l’arbalète du glacier Horstman. Contournez la hutte du même nom (un lieu de détente rustique à l’européenne, dont je vous recommande les ragoûts et les soupes) et jetez un regard angoissant sur l’entrée du Couloir Extrême, une des 10 pentes les plus abruptes en Amérique, selon Skiing Magazine.

Si vous êtes d’attaque, sachez que la première entrée, la plus élevée et la plus abrupte, nécessite un slalom serré entre saillies rocheuses. Optez pour la seconde entrée, un peu plus bas. Mais méfiez-vous : le vent crée souvent une corniche d’un mètre au haut du couloir. La première fois, je l’ai attaquée dans la brume sans avoir vu ce saut dans le vide. J’ai déboulé joyeusement sur plus de 150 mètres. Reste que, une fois accompli ce petit saut dans l'inconnu, on découvre que, dans la poudreuse, même les descentes à 45o se négocient plutôt bien.


Une fois entré dans la Couloir Extrême, on découvre qu'une piste à pic se négocie toujhours bien dans la poudreuse

Mais si le saut et les émotions fortes ne sont pas votre tasse de thé, contournez sur votre droite la saillie rocheuse qui délimite le Couloir extrême jusqu’à la première ouverture dans les cordages à votre gauche, quelques centaines de mètres plus loin.  Vous entrez dans une des zones les plus «zen» de la montagne: le Secret Bowl. Pas totalement secrète, bien sûr, mais on n’y rencontre jamais de foule et, même après quelques journées sans précipitations, on y trouve encore de la poudreuse vierge. La cuve n’est pas très pentue : un espace magique de solitude et de ski relax.

Le problème, c’est la sortie de la cuve. Une seule piste indiquée sur les cartes: la Pakalolo. Très à pic, elle exige au départ de sillonner entre quelques roches, même si la suite se fait bien. Je préfère poursuivre plus bas dans la cuve, jusqu'à la Cougar Chute qui, je ne sais trop pourquoi, ne figure plus sur les cartes officielles de la montagne. La Cougar est un mur plutôt à pic et peut vous paraître extrême, vue du sommet, mais elle est large et se négocie très bien. Elle est surtout très peu fréquentée. Je ne fais pas un séjour à Whistler sans passer de longs moments assis au sommet du mur, à regarder la plus belle vue d’ensemble de Blackcomb et de la vallée. Inoubliable.

Le sommet de Cougar Chute

L’autre grand plaisir de Blackcomb, c’est le glacier qui descend le versant est de la montagne. L’accès aux pentes plus faciles se fait par l’arbalète Showcase, puis une montée à pied de quelques minutes. Je préfère skier vers l’est puis grimper (à pied, là aussi) les quelques mètres de Spanky’s Ladder, pour descendre dans la poudreuse de l’autre côté de l’arête rocheuse. En face de vous : le Diamond Bowl. Sur votre droite, le Sapphire Bowl auquel on accède par un étroit passage entre les rochers. Les deux sont intimidants. Optez pour la gauche, vers le Ruby Bowl, plus facile… Bien qu’en restant le plus près possible de la limite rocheuse, vous pourrez aussi découvrir des accès plus élevés et plus à pic… où presque personne n’aura skié avant vous. C’est là que j’emmène les gens qui veulent goûter la vraie essence du ski de Whistler.


Le sommet du Diamond Bowl, Glacier de Whistler

Le problème du Glacier Blackcomb, jusqu’à l'année dernière, c’était qu’il fallait ensuite descendre très bas dans la montagne par un long chemin monotone, puis emprunter trois remontées mécaniques pour revenir au sommet. L’ajout de la nouvelle remontée Crystal Ridge Express vous épargne une demi-heure et vous donne accès à la zone la plus intéressante et variée de la montagne (et la préférée des habitués). On y retrouve de tout : des pistes faciles aux descentes d’experts, des pistes de bosses aux sous-bois. Après une nuit de neige folle, essayez l’incomparable Outer Limit, le sous-bois le plus mémorable que j’ai skié, sur un mètre de neige folle.
 

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