PRÉSENTÉ PAR TOURISME GASPÉSIE
Destinations | Québec

La Gaspésie au long cours

La Gaspésie, c'est “le” terrain de jeux parfait pour s’initier aux grandes expéditions avec nuitées en refuge.

PRÉSENTÉ PAR RÉSEAU ZECS
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Osez les zecs des Laurentides

Avis aux canoteurs, kayakistes, randonneurs et adeptes de vélo de montagne et de gravelle, c’est le temps de défricher ces territoires naturels que sont les zecs.

Népal /// Rapport d’évacuation

photo: Stéphane Sansfaçon et Daniel Ouellet

Je suis guide de montagne depuis 25 ans. J’ai guidé en Amérique latine, en Afrique, en Arctique (été comme hiver), en Terre de Baffin, au Groenland… J’ai vécu ma plus grande expérience dans l’Himalaya, où je me rends plus d’une fois par année depuis 20 ans. J’ai pu observer beaucoup de choses durant toutes ces années : des tempêtes de neige, de vent, des blizzards, des orages violents, des tempêtes de sable, des vagues gigantesques sur l’océan, des éruptions volcaniques, un tremblement de terre, et même des troubles politiques, comme un soulèvement maoïste. Mais jamais je n’avais vu une tempête comme celle qui a sévi en octobre dernier au Népal. Nous étions certainement en danger, mais les décisions prises conjointement avec le sirdar Tendee (guide local avec lequel je travaille depuis 15 ans) ont permis de sauver la vie de plusieurs personnes, autant mes voyageurs que l’équipe népalaise formant notre groupe.
Voici les faits.

13 octobre
16 h – Nous traversons un glacier à 5600 m et établissons le camp sur une moraine, un peu plus haut (environ 5800 m). Je fais les vérifications usuelles sur la sécurité de l’emplacement : pas de risque d’avalanche apparent. C’est le plus grand danger que nous courons. Malgré la fatique et considérant la haute altitude, le groupe se porte bien. Cependant, Annie est plus fatiguée que le reste des voyageurs. Il y a aussi Stéphane qui a eu des problèmes quelques jours plus tôt, mais qui va bien. À cette altitude, des problèmes légers peuvent rapidement s’aggraver s’ils ne sont pas traités. Les membres de notre équipe locale se portent bien également.

Fin de journée – Le ciel (qui est bleu depuis plus de 10 jours) se voile légèrement. Je ne constate rien d’alarmant (il est normal d’avoir des chutes de neige raisonnables en ce temps de l’année, j’en ai vu souvent). La pression atmosphérique est stable (baisse légère) et il n’y a pas de hausse de température soudaine qui annoncerait une dépression majeure. Nous planifions donc de nous lever à 4 h le lendemain pour faire le passage du col puis l’ascension de la montagne vers 5 h 30. Je prévois une longue journée de 12 heures.

Vers 20 h, de légers flocons tombent. Au pire, ce sera joli sur les montagnes, qui seront toutes blanches. Je m’endors paisiblement.

14 octobre
Minuit – Un violent coup de vent me réveille en sursaut. Il neige très fort et je constate qu’un pied de neige s’est accumulé. Je ne fermerai plus l’œil pendant 48 heures ! Déjà, je n’aime pas ça à cause des risques d’avalanche plus haut sur le col… Je décide aussitôt que, quoiqu’il arrive, nous ne tenterons pas le sommet de la montagne. Mais un pied de neige n’est pas suffisant pour nous empêcher de passer le col. Je remets donc la décision de partir ou non à plus tard, selon que la tempête cesse ou pas. Je sais déjà que c’est la plus forte tempête (vent et neige) que j’ai vue dans toute ma carrière de guide. Cependant, je crois fermement que, comme toutes les grosses tempêtes, elle se calmera au bout de deux ou trois heures.

2 h du matin – La tente cuisine, où nous prenons nos repas, cède sous le vent et la neige ; les murs se déchirent. Comme elle n’est pas vitale, nous décidons de la laisser aller. La tente toilette subit le même sort.

3 h – Le vent prend de l’ampleur. J’estime qu’il atteint les 100 km/h, avec des rafales plus fortes encore. Je me rends dans la tente de mon sirdar Tendee Sherpa. Celui-ci a mon âge, 48 ans, et a beaucoup d’expérience en montagne (plusieurs ascensions de l’Everest). Surtout, nous formons, lui et moi, une excellente équipe. Avec Tendee, nous convenons que nous ne bougerons pas avant midi. La tempête fait rage depuis environ trois heures, ça ne peut pas durer encore longtemps.
Je décide d’aller rencontrer les voyageurs dans leurs tentes (il y en a six) pour leur expliquer la situation : nous ne partirons pas tout de suite, nous ne ferons pas d’ascension de la montagne. Et, surtout, je les rassure : la tempête ne peut durer encore longtemps. Évidemment, personne ne dort, mais tous sont calmes. Au fond de moi, je sais que je n’ai jamais vu rien de tel. La hauteur de la neige atteint maintenant deux pieds environ. Je solidifie les attaches des tentes. À près de 6000 m, me déplacer contre le vent en ne voyant absolument rien demande un effort immense. Pour vous donner une idée, les tentes sont situées à environ 20 pieds de distance entre elles, j’en ai six à visiter, en plus de celle de Tendee. Cela me prend plus d’une heure, car je dois reprendre mon souffle tous les cinq pas.

5 h – Le jour se lève. La neige continue de s’accumuler et le vent de s’intensifier. On ne voit pas les tentes orange à 20 pieds. Je décide alors de faire une tournée des tentes aux deux heures. Comme cela me prend une heure, j’ai une heure pour me reposer entre chaque tournée. Mais le bruit du vent dans la tente est si angoissant que le mot « repos » est un bien grand mot.

6 h – Considérant les risques d’avalanche, nous décidons, Tendee et moi, de ne pas bouger de la journée. Si la tempête s’arrête bientôt (il neige depuis six heures), peut-être que demain les pentes de neige se seront stabilisées et que nous pourrons redescendre. Six heures pour une tempête de cette intensité, c’est déjà beaucoup. La décision est donc prise : nous ne passerons pas le col et nous redescendrons aux lacs de Damodar (à 5000 m). Nous ne pourrons descendre plus bas, car cela suppose de franchir des zones propices aux avalanches.
Un autre problème se pointe : nous étions partis pour un trek de 30 jours et nous avions prévu un ravitaillement de l’autre côté du col (13 porteurs devaient nous attendre sur place avec la nourriture). Arrivés au col, nous avions prévu trois jours de nourriture supplémentaire, ce qui est amplement suffisant. Nous devions aussi faire fondre la glace pour obtenir de l’eau, ce qui demande 10 fois plus de carburant. Nous prenons donc la décision de rationner les porteurs à une demi-portion de nourriture, et les voyageurs ne mangeront que des barres énergétiques. À ce moment, je ne prévois pas encore d’évacuation en hélicoptère, mais comme le village le plus proche est à trois jours de marche et que nous devrons attendre au moins deux jours pour que la neige se stabilise, je dois prévoir des réserves. Malgré ce rationnement, ce sera serré. Le groupe n’est pas encore au courant de cette situation ; inutile de les inquiéter.

8 h – Aucun signe d’apaisement. Je sais au fond de moi qu’il y aura des morts, car nous sommes près du col le plus  fréquenté sur le tour des Annapurnas, et c’est la haute saison touristique. Mais je ne me doute pas encore de l’ampleur du drame qui se produit et j’ai confiance que nous ne ferons pas la première page des journaux. Je rassure mes voyageurs : pas de danger d’avalanche où nous sommes (et je le crois), mais pas question de bouger avant deux jours… En même temps, sans leur dire ce qui se joue, Tendee et moi déclenchons les mesures d’urgence pour une évacuation en hélico dès que le temps le permettra. Nous disposons d’un téléphone satellite et de deux bonnes batteries ; nous pouvons donc communiquer. Nous avons aussi de l’oxygène et un caisson hyperbare en cas de problème lié à l’altitude. Je pense alors que l’évacuation pourra se faire au courant de la journée. Ça fait huit heures que la tempête fait rage ; ça ne peut que se terminer bientôt.

10 h – Je fais toujours mes rondes dans les tentes. L’accumulation de neige dépasse maintenant un mètre. Toutes les heures, la neige s’accumule et bloque les portes. Or, il faut pouvoir en sortir en cas d’urgence. Nous devons donc dégager régulièrement, à genoux, les vestibules des tentes. (Je précise qu’il faut faire pipi dans ce vestibule et qu’il n’est pas question – à moins d’une extrême urgence – de faire un numéro 2 !) Il faut également que les voyageurs s’assoient contre les murs pour repousser la neige qui s’accumule. Ils doivent aussi tenir les pôles des tentes lors des rafales. Nos tentes sont des Trango, de Mountain Hardwear, et sont conçues pour la haute montagne. À 1000 $ l’unité, il ne se fait rien de mieux. Six d’entre elles sont neuves, et pourtant, quelques-unes céderont.

Midi – Tendee, un fervent bouddhiste, prend le téléphone et, avec ma connaissance très partielle de la langue népalaise, je comprends qu’il demande à notre collaborateur à Katmandou, Babu Sherpa, de se rendre dans un monastère et de faire une puja (cérémonie) pour notre survie. Je n’ai jamais vu Tendee dans cet état. J’apprendrai plus tard qu’à ce stade, il ne pensait pas que nous nous en sortirions.

16 h – Le vent forcit toujours et la chute de neige ne ralentit pas. L’accumulation atteint quatre pieds. Se rendre à la tente voisine demande un effort considérable. Je dois annoncer aux voyageurs (même si c’est une évidence) que les hélicos ne viendront pas aujourd’hui et qu’il faut se préparer à une autre nuit à près de 6000 m. Je leur demande de faire un effort pour manger et boire, car je commence à craindre l’hypothermie. À ces altitudes, celle-ci entraîne une mort rapide puisque l’organisme dispose de peu d’oxygène – moins de 50 %. Des engelures sont aussi possibles.

17 h – Je prends la décision d’évacuer les tentes les plus vieilles qui ont commencé à montrer des signes de faiblesse (en fait, elles résistent parce que leurs occupants les retiennent de l’intérieur) et de regrouper les voyageurs et les porteurs dans celles qui restent. Nous serons donc plus nombreux à les maintenir en place. Immédiatement, cinq tentes cèdent complètement ; les arceaux se brisent et les toiles déchirent.

Entre 22 h et minuit – Le vent augmente et les rafales sont de plus en plus fortes. À l’intérieur de la tente, on se croirait dans le cockpit d’un hélicoptère tellement c’est bruyant. Je suis complètement crevé et, surtout, incrédule devant la violence et la durée de cette tempête qui sévit depuis 24 heures maintenant.
Depuis environ midi la veille, nous entendons régulièrement des avalanches, mais comme nous sommes sur un éperon de moraine, je n’ai pas de crainte à ce sujet. Je crains toutefois le vent qui pourrait déchirer les tentes encore debout et nous priver de nos minces abris. Dans ce cas, il serait difficile de s’en sortir. Je sais que certains membres du groupe sont moins forts. Nous devons donc à tout prix garder les tentes en bonne condition. Ce mince morceau de tissu fera la différence entre la vie et la mort.

15 octobre
2 h du matin – Ne dormant toujours pas et guettant désespérément le signe d’une accalmie de la tempête, surviennent coup sur coup les plus fortes rafales et un retentissant coup de tonnerre : une gigantesque avalanche! Cette fois, je ne suis plus certain que nous nous trouvons assez éloignés pour l’éviter. Quelques secondes plus tard, le souffle créé par cette avalanche, et des vents à plus de 200 km-h, nous atteignent. Résultat : la tente se trouve ensevelie d’une couche de neige, heureusement assez mince pour qu’on puisse la chasser de l’intérieur. Deux des nouvelles tentes auront des arceaux endommagés; je sais qu’elles ne résisteront pas à un autre évènement du genre. Je décide donc de refaire une tournée dans les tentes mais, cette fois, ce sera pour prévenir les voyageurs d’une possible évacuation imminente. Les consignes sont de s’habiller au complet, avec tout le linge disponible, lunettes de skis et bottes. Et rester à l’intérieur du sac de couchage pour ne pas perdre de chaleur. À mon commandement, chacun devra sortir le plus rapidement possible et se rendre vers la tente de notre équipe locale, et advienne que pourra : ce sera la dernière chance. Mais que ferons-nous? j’admets que je commence à ne plus avoir de plan B,C, D… Je me souviens à ce moment être sorti dehors (parce que personne ne pouvait m’entendre) d’avoir crié que je ne la trouvais plus drôle!!! À ce moment, en fervent athée que je suis, je dis aux gens que s’ils sont croyants, c’est le temps de demander des faveurs. Je sens un sentiment de panique (bien contrôlé) s’installer. Je perçois ce sentiment encore plus chez les porteurs, ce qui peut s’avérer  dramatique. Heureusement, les tentes restantes résisteront et je n’aurai pas à faire appel à cette évacuation d’urgence.

5 h du matin – Le vent diminue considérablement et la tempête de neige cesse. J’estime qu’il est tombé entre 4 et 5 pieds de neige en 30 h de tempête. Je respire enfin.

8 h – Il fait grand beau temps. L’évacuation pourra avoir lieu. J’appelle donc Babu (contact à Kathmandou) pour qu’il accélère les procédures; la compagnie d’assurance de Karavaniers (Globe trek) est prévenue. Il n’est évidemment pas question de se déplacer, même s’il fait très beau. Il faut être ferme car les voyageurs ou des porteurs pourraient insister pour bouger. C’aurait été une erreur  de le faire car les pentes de neige sont très instables. Malgré l’inconfort de notre position, et surtout le froid et l’altitude, nous sommes dans le lieu le plus sécuritaire. Quoi qu’il en soit, la décision irrévocable est de ne pas bouger. Je dis même à un voyageur qu’il faudra 3 jours avant que la neige se soit un peu stabilisée! Mais ce que je sais, et qu’eux ne savent pas, c’est que nous manquerons de nourriture et de fuel (donc d’eau) avant.

9 h – Babu me rappelle en me disant que tout est beau : les permis de survoler la zone interdite du Mustang sont délivrés et un hélico de l’armée qui peut embarquer environ 20 personnes devrait arriver en matinée. Nous aménageons une piste d’atterrissage sommaire.

Vers midi – Nous apprenons que cet hélicoptère ne peut se poser à notre altitude; ce sera donc 3 hélicos (qui peuvent transporter 5 passagers) qui viendront nous chercher. Ils sont déjà en route…la bonne humeur revient mais il fait froid. Deux ou 3 personnes commencent à avoir sérieusement froid et il faut réchauffer les pieds d’une personne qui ne les sent plus. Il était à prévoir que des engelures allaient survenir.

Les heures passent et rien. J’appelle Babu régulièrement qui me dit que les hélicos arrivent, mais je sens dans sa voix que même lui ne sait pas trop ce qui arrive. J’apprendrai le lendemain que le District Officer, de l’aéroport de Jomosom (le plus près de notre position), n’avait pas reçu les papiers pour autoriser un survol du Mustang. Et malgré l’urgence de la situation,  encore supportable  à ce moment, l’officier ne donnera pas l’autorisation. Nous apprendrons dans les jours suivants que le ministre n’avait pas encore jugé la situation assez urgente. Or nous savons maintenant de que cette tempête a coûté la vie à près de 50 personnes dont 3 Québécoises et plusieurs Canadiens.

17 h – Avec le soleil qui se couche, je dois me résoudre à remonter le campement, que nous avions démonté devant l’imminence de l’arrivée des hélicos,  encore une fois. Le moral des troupes en prend un coup. De plus, nous ne mangerons qu’une soupe ce soir car nous laissons la nourriture aux porteurs. J’explique aux voyageurs que la situation qui nous échappe, administrative cette fois, mais que j’ai confiance en Babu (avec qui je travaille depuis 20 ans) et que demain matin sans faute, tout rentrera dans l’ordre. Nous en sommes donc à notre 3e nuit à 5800 m. Pour ma part, avec près de 48 h sans sommeil et peu de nourriture, je sais que je ne suis plus en situation de prendre des décisions et l’altitude renforce ce sentiment. Je dis donc à mon groupe que je dois dormir. Et sous la fatigue, je m’endors rapidement. Je me réveille quelquefois durant la nuit mais tout est calme.

16 octobre
5 h – Je me réveille et j’appelle Babu qui me dit que les helico ont décollé de Katmandou et qu’ils sont à Jomosom, donc à 20 min de vol de notre position. Je réveille donc les gens en catastrophe en leur disant que les helicos seront là dans 10 minutes : il faut faire les bagages et démonter les tentes. Mais encore une fois, le temps passe et passe.

8 h – Je réussis à parler au District Officer en lui disant que c’est maintenant une question de vie ou de mort : je ne connais toujours pas l’ampleur de la catastrophe ailleurs à ce moment mais je sais qu’il vaut mieux sauver des vivants (dans l’urgence) que de trouver des cadavres dans une avalanche. Entre temps, Babu réussi à parler directement à un ministre et le gouvernement proclame enfin un état d’urgence.

9 hr – Un hélico se pose à notre campement et le pilote sort, furieux, en m’expliquant que depuis hier qu’ils sont position de nous sortir mais que les tracas administratifs les ont empêché de voler!!! En même temps, je dois coordonner l’évacuation et j’apprends (je m’en doutais) qu’ à cette haute altitude, l’hélico ne peut prendre que 2 passagers sans les bagages. Le copilote sort de l’hélico avec sa bouteille d’oxygène (à 5800m, sans l’acclimatation, il mourrait rapidement). Il faudra donc plusieurs voyages et ce sera long. L’évacuation se fait par pallier. D’abord nous emmener en sécurité un peu plus bas…tous seront transportés à 5000m (Damodar Kundo) où un employé nous attend avec de la nourriture. Il y a aussi de l’eau disponible d’un ruisseau. Dans le pire des cas (problème mécanique avec l’hélico ou détérioration de la température, nous pourrions attendre ici en sécurité une ou deux journées. Ensuite un transport à Tsarang à 4200m pour éviter toutes les zones d’avalanche et nous sortir de la neige…Encore une fois c’est une zone où nous pourrions attendre. Retransport à l’aéroport de Jomosom pour un compte rendu aux autorités. Enfin, transfert à Pokhara en fin d’après midi. Il faut ajouter qu’à ces altitudes, l’hélico consomme beaucoup de fuel et porte peu de poids…Il y aura donc, en plus du transport des personnes et des bagages, des allers-retour pour aller chercher du fuel. Nous avons eu droit à un service très professionnel et efficace.

Vers 18 hre – Nous sommes tous en sécurité à Pokhara.

Épilogue…
Quelques jours plus tard, nous avons repris la route des sentiers de montagne pour aller visiter le pays sherpa…un trek plus calme qui a permis à tous de se réconcilier avec la montagne. Reinhold Messner, le plus grand alpiniste du 20eme siècle disait : la montagne n’est ni juste ou injuste, elle est dangereuse! Pour les alpinistes oui, mais pour les marcheurs, ce jour là, elle a été injuste, surtout pour les 3 québécoises décédées ainsi que pour la compagnie, Terra Ultima.

Conclusion
Je retiens ici les points principaux
• Tempête d’une rare violence…2014 sera, depuis l’ouverture du Népal dans les années 50, l’année la plus meurtrière et de loin. Et ç’aurait pu être pire.

• La compagnie privée d’hélicoptère, faisant confiance en Babu (et c’est inestimable) a envoyé 2 hélicos et 6 personnes durant près de 10 heures sans aucune garantie de paiement par les assurances. La facture s’élève à plus de 50 000$. La réputation de Babu et celle de Karavaniers, en plus des décisions prises sur le terrain, nous ont sauvé la vie. Une jeune entreprise ou des voyageurs indépendants n’auraient pas eu les hélicos.

• Si les hélicos n’étaient pas venus après la 3eme nuit, nous aurions manqué de fuel et de nourriture. S’en serait suivi des engelures et, rapidement, des morts.

• Les compagnies d’assurances, pour l’instant, nous ont répondu qu’ils ne payaient qu’en cas de blessure mais pas pour mauvais temps (ce n’était pas une pluie sur le bord de la plage!!!).  J’en conclu que j’aurais dû casser le bras de chaque voyageur juste avant de prendre l’hélico pour éviter les problèmes…J’en conclu aussi que si je n’avais pas eu les helico, les assurances auraient payé pour rapatrier des cadavres, envoyer un employé un Népal, traiter des engelures, payer des hotels…et bien sûr payer des hélicos…au lieu de 50 000$ cela aurait dépassé le million probablement. Mais j’ai confiance que quelqu’un se rendra compte du ridicule de la situation…

Richard Rémy, guide et heureux d’être en vie.